Dé­mo­li­tion : des fis­sures font peur

Alors que les tra­vaux de dé­mo­li­tion du quar­tier du Mes­nil à Con­dé ont dé­bu­té, des fis­sures ap­pa­raissent dans un lo­ge­ment voi­sin et in­quiètent la fa­mille qui y ré­side.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE -

Les tra­vaux au quar­tier du Mes­nil ont com­men­cé la se­maine der­nière. Au bâ­ti­ment nu­mé­ro 8, une fa­mille est in­quiète. Dans son ap­par­te­ment, des fis­sures sont ap­pa­rues après la dé­mo­li­tion du bâ­ti­ment 10, si­tué juste à cô­té.

Jeu­di 11 mai dans l’après-mi­di. Ave­nue du Gé­né­ral de Gaulle, quelques ri­ve­rains ob­servent les bras croi­sés le dé­but de la dé­mo­li­tion du bâ­ti­ment nu­mé­ro 10. La pel­le­teuse agite son long bras mé­ca­nique dans tous les sens. Les murs tombent et les pla­fonds s’écroulent.

Les re­gards se crispent no­tam­ment ceux de Gaëlle et Cé­dric. Avec leurs cinq en­fants, ils ha­bitent au der­nier étage du bâ­ti­ment 8. Leur ap­par­te­ment est voi­sin du bâ­ti­ment 10. À chaque coup de pel­le­teuse, Cé­dric lève les yeux au ciel.

« Nous sommes sor­tis en ur­gence de l’ap­par­te­ment. Les murs tremblent et des fis­sures ap­pa­raissent », s’alarme Gaëlle.

Cé­dric re­monte chez lui et montre du doigt les dé­gâts. « Dans la chambre des en­fants, il y a plu­sieurs fis­sures, une autre dans le cou­loir, dans la salle d’eau aus­si », com­mente le père de fa­mille dont la fa­mille est ar­ri­vée ici depuis un an et de­mi.

« On sent les vi­bra­tions »

Tou­jours dans le cou­loir, le pla­fond se dé­colle. Cé­dric ne reste pas long­temps dans l’ap­par­te­ment. Le bruit est as­sour­dis­sant. « Dé­jà ce matin, nous avons eu peur mais là on ne peut pas re­ve­nir ici. On sent les vi­bra­tions dans toutes les pièces. »

Il a aler­té l’en­tre­prise qui fait les tra­vaux. « Une per­sonne de Cal­va­dos ha­bi­tat est ve­nue prendre des pho­tos éga­le­ment. »

Ce jour-là, c’est dé­ci­dé, il ne passe pas la nuit dans son lo­ge­ment. « On va prendre quelques af­faires et al­ler à Dives chez de la fa­mille. »

Le couple et ses cinq en­fants re­vien­dront deux jours après. La dé­mo­li­tion du bâ­ti­ment 10 est en par­tie ache­vée.

Entre-temps, Cal­va­dos ha­bi­tat leur a pro­po­sé une so­lu­tion de re­lo­ge­ment dans un ap­par­te­ment du quar­tier. « Avec mon fils de 4 ans qui craint l’hu­mi­di­té, ce n’est pas pos­sible », pré­vient Cé­dric.

Mar­di 16 mai, Fran­çoise Le­prince, pré­si­dente de la Con­fé­dé­ra­tion syn­di­cale des fa­milles, est ve­nue consta­ter les dé­gâts.

Dans la chambre des en­fants, la fis­sure s’est trans­for­mée en trou. Par en­droits, le mur s’ef­frite. « Les en­fants dorment dans une autre pièce dé­sor­mais », in­forme le père de fa­mille.

Et les in­quié­tudes du couple ne sont pas ter­mi­nées. L’en­tre­prise va attaquer les fon­da­tions du bâ­ti­ment 10 lun­di 22 mai. « On craint le pire… », souffle Cé­dric.

D’ici là, Cal­va­dos ha­bi­tat, le bailleur so­cial, doit dé­pê­cher une équipe maî­trise d’ou­vrage. « Un ren­dez-vous a été pris ce ven­dre­di 19 mai à 10 h pour consta­ter le pro­blème et pla­ni­fier les éven­tuelles in­ter­ven­tions à pré­voir », in­forme Cal­va­dos ha­bi­tat.

Se­lon le bailleur so­cial : « Ce n’est pas un mur por­teur qui est fis­su­ré mais une cloi­son, au­cun autre lo­ge­ment voi­sin n’a le même sou­ci. »

M.T.

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