Des élus at­taquent la nou­velle Interco

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE -

L’heure est à l’in­quié­tude pour Jean-Pierre Mou­rice, maire de Pon­té­cou­lant et Jean-Pierre Bi­net, maire de Saint-De­nis-de-Mé­ré : ils dé­noncent le fonc­tion­ne­ment de l’in­ter­com­mu­na­li­té De la Vire au Noi­reau, créée en jan­vier der­nier, et no­tam­ment son manque de trans­pa­rence fi­nan­cière.

« Des collègues ont les mêmes ré­flexions que nous mais ils n’osent pas se mettre en avant pour le mo­ment. Ils at­tendent de voir l’ave­nir de l’interco, de voir com­ment ça va se pas­ser », as­sure JeanPierre Bi­net. « Nous avons dé­cou­vert cer­taines choses le jour de la mise en route de l’interco », ex­pliquent les deux maires.

Les deux élus s’in­ter­rogent et s’in­quiètent du trans­fert des dettes des an­ciennes com­mu­nau­tés de com­munes vers l’interco, et no­tam­ment celle de Con­dé-en-Nor­man­die, es­ti­mée à plus de 9 mil­lions d’eu­ros : « Com­ment Marc An­dreu Sa­ba­ter, pré­sident de l’in­ter­com De la Vire au Noi­reau a-t-il pu ac­cep­ter cette dette qui s’im­pute à tous les contri­buables De la Vire au Noi­reau et ce­ci sans consul­ter et pré­ve­nir les maires concer­nés des consé­quences que cet ar­ran­ge­ment entre M. Al­li­zard et M. Sa­ba­ter se­ront du­ra­ble­ment pé­na­li­santes pour les 50 000 ha­bi­tantes du ter­ri­toire. »

Les deux maires dé­plorent que « tout le monde va payer, c’est un pot com­mun. Même si la dette est di­luée dans le temps, elle est réelle quand même. »

« Je me ques­tionne de la te­neur des échanges qui ont eu lieu entre Marc An­dreu Sa­ba­ter et Pas­cal Al­li­zard… », s’in­ter­roge Jean-Pierre Bi­net.

Jean-Pierre Mou­rice et JeanPierre Bi­net ont dé­ci­dé de ne pas in­té­grer une com­mune nou­velle. Ils dé­noncent au­jourd’hui une « sous re­pré­sen­ta­tion » : « Nous étions re­pré­sen­tés dans le co­mi­té de pi­lo­tage. Mais le jour de l’assemblée consti­tu­tive, nous avons dé­cou­vert que tout était joué d’avance. Con­dé-en-Nor­man­die s’est ar­ran­gée pour avoir des re­pré­sen­tants au dé­tri­ment des pe­tites com­munes. Nous n’avons pas été consul­tés ni pré­ve­nus. » « La ré­par­ti­tion des res­pon­sa­bi­li­tés est faite à 90 % en fa­veur des com­munes nou­velles qui font ain­si la loi par le nombre, ce sont elles qui contrôlent : Con­dé-en-Nor­man­die a huit dé­lé­gués, nous un seul. Les be­soins des pe­tites com­munes n’ont rien à voir avec ceux des grandes », ajoutent les deux élus.

« On va se faire avoir car com­munes nou­velles sont ma­jo­ri­taires de fait : nous sommes écra­sés. »

De la trans­pa­rence

Jean-Pierre Mou­rice et Jean-Pierre Bi­net ne s’ar­rêtent pas là : ils de­mandent plus de « clar­té », de « trans­pa­rence » concer­nant les at­tri­bu­tions de com­pen­sa­tions (sommes ver­sées ou de­man­dées aux com­munes) : « Cer­taines en re­çoivent et on les de­mande à d’autres. » « Nous ai­me­rions connaître le sys­tème et la règle », ajou­ten­tils.

« On me de­mande de ver­ser 10 700 €. Mais on ne m’ex­plique pas pour­quoi. Nous de­man­dons des ex­pli­ca­tions mais on ne nous les donne pas. Nous n’avons au­cune in­for­ma­tion qui nous per­met­trait de vé­ri­fier d’où sortent ces chiffres », sou­ligne le maire de Pon­té­cou­lant. « Au­jourd’hui, j’ai un pro­blème pour éta­blir le bud­get de ma com­mune », ajoute-t-il.

« Et moi, l’interco me de­mande 42 000 € mais qu’est ce que j’ai en re­tour… ? », se de­mande quant à lui JeanPierre Bi­net. Les deux hommes ont l’im­pres­sion « qu’on veut nous faire payer nos choix. »

Ils ré­clament au­jourd’hui de la « trans­pa­rence. » « Nous te­nons à rap­pe­ler que Mme Al­li­zard est de­ve­nue di­rec­trice gé­né­rale des ser­vices de cette nou­velle interco jus­qu’en juin 2017. Nous de­man­dons qu’un ap­pel à can­di­da­tures soit lan­cé le 30 juin 2017 afin que le re­cru­te­ment du di­rec­teur gé­né­ral des ser­vices se fasse se­lon les pro­cé­dures ad­mi­nis­tra­tives pré­vues par la loi », concluent les deux élus.

Lau­ra Bau­dier

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.