Di­vorce dif­fi­cile : un lieu neutre pour voir ses en­fants

Quand un couple de pa­rents se sé­pare, l’en­fant est par­fois pris au mi­lieu d’un conflit d’adultes. Un nou­veau lieu, unique dans l’ouest de l’Orne, vient d’ou­vrir près de Flers. Son but : ai­der les pa­rents à res­ser­rer les liens dis­ten­dus avec leur en­fant.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE - T.G.

Dans une fa­mille, cer­tains évé­ne­ments peuvent éloi­gner ses membres les uns des autres. Pour cer­tains couples, la sé­pa­ra­tion ne par­vient pas tou­jours à apai­ser les ten­sions.

Pour per­mettre un échange, une ren­contre, dans un lieu neutre, l’as­so­cia­tion A’dom 61 vient d’ou­vrir un es­pace bap­ti­sé « Trio’Mi­no ».

Ou­vert en avril, ce lieu a été inau­gu­ré le 18 mai. Il est ins­tal­lé au siège so­cial de l’as­so­cia­tion, à La Lande-Pa­try, dans la zone d’ac­ti­vi­tés Les Jos­nets

Des fa­milles frac­tu­rées

Syl­vie Co­lin, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion A’dom 61, ex­plique qu’il s’agit d’un « es­pace de ren­contre qui est là pour ai­der les membres d’une fa­mille frac­tu­rée, sé­pa­rée, à re­nouer des liens et à ré­ta­blir une place à tous ses membres ». Dif­fé­rent de la mé­dia­tion fa­mi­liale, qui in­ter­vient en amont du ju­ge­ment, de la sé­pa­ra­tion ef­fec­tive, ce ser­vice vise à ré­pa­rer ce qui a été bri­sé ou rom­pu.

« Le but est d’at­té­nuer le conflit des pa­rents dans l’in­té­rêt de l’en­fant », confie Bri­gitte Fos­sé, di­rec­trice. « La ma­jo­ri­té des per­sonnes sont orien­tées ici par le juge aux af­faires fa­mi­liales, le JAF. Mais, il n’est pas obli­ga­toire de pas­ser par le JAF. Il peut y avoir des de­mandes spon­ta­nées », ajoute la di­rec­trice tout en évo­quant le cas d’un père qui n’avait ja­mais vu son en­fant âgé de deux ans.

L’im­por­tant, c’est l’en­fant

Le cycle de ren­contres est li­mi­té dans le temps. « C’est une dé­marche qui ne peut pas du­rer éter­nel­le­ment. Le pro­jet des per­sonnes qui viennent peut du­rer trois ou six mois re­nou­ve­lables », in­dique Syl­vie Co­lin. À no­ter que cet es­pace peut concer­ner aus­si des grands-pa­rents qui n’au­raient, par exemple, pas la pos­si­bi­li­té de voir leurs pe­tits en­fants dans un autre contexte que ce­lui de ce lieu neutre.

Pour l’ouest du dé­par­te­ment de l’Orne, ce ser­vice est une nou­veau­té qui semble bien­ve­nue, à en­tendre Bri­gitte Fos­sé : « Avant, il n’y avait que deux es­paces d’ac­cueil de ce type dans l’Orne, à Alen­çon et Ar­gen­tan. Cer­taines fa­milles étaient obli­gées de faire 60 km pour al­ler voir leur en­fant à Ar­gen­tan ou Alen­çon ».

Pré­sent lors de l’inau­gu­ra­tion, le pré­sident de Flers Ag­glo et dé­pu­té maire PS de Flers, Yves Goas­doué, a dé­cla­ré : « ça semble être des pe­tites ac­tions mais, en réa­li­té, ça n’en est pas. J’en ai sou­vent dis­cu­té avec Jean-Jacques Ur­voas (qui était mi­nistre de la Jus­tice jus­qu’au 10 mai 2017, N.D.L.R.), et avec les hauts ma­gis­trats que j’ai ren­con­trés dans le cadre de ma mis­sion à la com­mis­sion des lois de l’As­sem­blée na­tio­nale, et nos dis­cus­sions nous ame­naient à consta­ter que, dans la qua­si­to­ta­li­té des cas, les dif­fi­cul­tés ma­jeures, en­ve­ni­mées, ve­naient d’un dys­fonc­tion­ne­ment de la cel­lule fa­mi­liale. Même si, par­fois, la ré­ponse pé­nale est obli­ga­toire, suf­fi­telle ? C’est pour­quoi il faut faire connaître ce ser­vice ».

Les élus lo­caux et les pro­fes­sion­nelles qui tra­vaillent dans cet es­pace ont cou­pé le ru­ban inau­gu­ral de Trio’Mi­no.

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