Flers : pri­son pour le pe­tit-ami violent

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE - B.M.

Un homme de 45 ans a été condam­né ven­dre­di par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Caen (Cal­va­dos) à treize mois de pri­son dont six avec sur­sis pour avoir agres­sé sa fille et sa com­pagne après une soi­rée très al­coo­li­sée à Con­dé­sur-Noi­reau (Cal­va­dos), jeu­di 25 mai.

Con­dé-sur-Noi­reau.

« Ajou­tez un jour fé­rié, le so­leil et l’al­cool, et vous ob­te­nez un mé­lange dia­bo­lique ». Pour l’avo­cat du pré­ve­nu flé­rien, tous les ingrédients sont réunis jeu­di pour que la soi­rée dé­gé­nère ra­pi­de­ment dans le bo­cage. Et la « re­la­tion toxique » qui existe entre l’ac­cu­sé et sa com­pagne n’a rien ar­ran­gé.

Alors qu’il a ai­dé un ami à dé­mé­na­ger, l’ac­cu­sé rentre vers 17 h au do­mi­cile de sa com­pagne, avec qui il est en couple de­puis huit mois. Do­mi­ci­lié à Flers, il ex­plique y pas­ser en moyenne une nuit sur deux. Seule­ment, ce soir-là le qua­dra­gé­naire dé­couvre son amie « ivre, al­lon­gée sur le ca­na­pé », sou­ligne le pré­sident du tri­bu­nal, Élo­die Le­fevre. Plu­sieurs bou­teilles de ro­sé vides s’ag­glu­tinent sur la table du sa­lon.

Bières, vin, whis­ky… Le couple use et abuse de l’al­cool jus­qu’à 2 h du ma­tin. Quand sa com­pagne lui re­proche de ne pas avoir été payé pour son dé­mé­na­ge­ment, ce der­nier voit rouge. À la barre, le Flé­rien re­con­naît alors lui avoir as­sé­né « une bonne claque » et avoir at­tra­pé sa propre fille de 15 ans à la gorge alors qu’elle tente de s’in­ter­po­ser. Mais quand le ma­gis­trat lui montre une pho­to du vi­sage de sa vic­time, ron­gé par les hé­ma­tomes, l’homme dit ne pas com­prendre. « Je ne tape ja­mais avec les poings », ten­tet-il de se dé­fendre avant que le ma­gis­trat ne le coupe aus­si­tôt : « ça laisse quand même des marques. »

Hé­ma­tomes, trau­ma­tisme cé­ré­bral, frac­tures des côtes et pneu­mo­tho­rax : la vic­time se voit si­gni­fier 15 jours d’ITT. Le jour de l’au­dience, « elle est tou­jours hos­pi­ta­li­sée en ré­ani­ma­tion », re­lève son avo­cate, qui de­mande que l’ac­cu­sé soit condam­né à lui ver­ser 9.500 eu­ros de dom­mages et in­té­rêts. « C’est lui qui l’a al­lon­gée sur le ca­na­pé et qui a ap­pe­lé les se­cours », re­lève pour sa part l’avo­cat du pré­ve­nu, qui sou­ligne que son client n’a ja­mais été pour­sui­vi pour des faits de vio­lences vo­lon­taires.

In­ter­dic­tion de se rendre à Con­dé

Dans le box, le pré­ve­nu dit re­gret­ter. Il ex­plique qu’il va quit­ter la vic­time pour évi­ter toute nou­velle al­ter­ca­tion al­coo­li­sée. Après avoir évo­qué son ca­sier char­gé, le pro­cu­reur re­quiert à son en­contre huit mois de pri­son dont quatre avec sur­sis as­sor­tis d’une obli­ga­tion de se soi­gner.

Après en avoir dé­li­bé­ré, le tri­bu­nal est lui plus sé­vère. Il condamne l’ac­cu­sé à douze mois de pri­son dont six avec sur­sis as­sor­tis d’une mise à l’épreuve de trois ans. Il ré­voque éga­le­ment un pré­cé­dent sur­sis d’un mois de pri­son. L’homme a l’in­ter­dic­tion de ren­con­trer sa vic­time et de se rendre à Con­dé-sur-Noi­reau. Le mon­tant des dom­mages et in­té­rêts se­ra fixé lors d’une pro­chaine au­dience.

« Je ne tape ja­mais avec les poings »

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