Des Flé­riens testent la pre­mière mon­naie libre

Des ha­bi­tants de la ré­gion de Flers testent la pre­mière mon­naie libre, ba­sée sur un nou­veau sys­tème. Fi­ni l’eu­ro ! Les pre­miers achats ont dé­jà eu lieu.

L'Orne Combattante (FL) - - FLERS ET SON PAYS - M. M.

La pre­mière mon­naie libre, ap­pe­lée pro­vi­soi­re­ment G1, a été lan­cée en France au mois de mars. Des groupes lo­caux sont en train de la tes­ter dont des ha­bi­tants de la ré­gion de Flers, qui se sont re­grou­pés avec l’as­so­cia­tion le Sou de Mayenne. Une cen­taine de per­sonnes s’y in­té­ressent sur notre ter­ri­toire.

Ce n’est que le dé­but mais dé­jà les pre­miers achats et ventes ont eu lieu. Mi­reille Gry­giel, une Flé­rienne très ac­tive au sein de ce groupe a pu no­tam­ment ache­ter des livres et ce, sans dé­bour­ser un seul eu­ro !

Sor­tir de son mode de pen­sée sur l’éco­no­mie

Com­ment c’est pos­sible ? Pour bien com­prendre ce qu’est une mon­naie libre, il faut sor­tir de tout ce que l’on sait, ou croit sa­voir, sur le sys­tème éco­no­mique qui nous ré­git. Pas fa­cile, sa­chant que ces règles per­durent de­puis des siècles.

La mon­naie libre est ba­sée sur la théo­rie re­la­tive de la mon­naie, « une équa­tion ma­thé­ma­tique », pré­cise Mi­reille Gry­giel, éla­bo­rée par Sté­phane La­borde. Il n’est plus ques­tion de dette, cette mon­naie est in­dexée uni­que­ment sur la per­sonne. Dans les faits, ce­la veut dire que chaque membre de cette mon­naie re­çoit « un Di­vi­dende Uni­ver­sel, tous les jours, et dé­cide ce qu’il en fait », ex­plique l’as­so­cia­tion Le Sou.

Pour l’ins­tant, cette mon­naie n’existe pas phy­si­que­ment mais seule­ment via un gé­né­ra­teur de mon­naie sur In­ter­net. Il faut s’ins­crire sur un lo­gi­ciel libre. Les membres lo­caux, qui testent cette mon­naie sur une pla­te­forme dé­diée (ce­sium.le-sou. org), voient donc leur compte de Di­vi­dendes Uni­ver­sels aug­men­ter chaque jour. Ils peuvent dé­pen­ser leur pé­cule comme ils le veulent ou l’ac­croître en ven­dant des ob­jets ou en pro­po­sant des ser­vices. Pour l’heure, les tran­sac­tions ne sont ou­vertes qu’aux par­ti­cu­liers qui vendent et achètent des pro­duits sur an­nonce. Les pro­fes­sion­nels n’y ont pas en­core ac­cès à ce stade du pro­jet. « C’est trop tôt », confie Ber­nard Or­so­ni, membre ac­tif du pro­jet.

Le lo­gi­ciel uti­li­sé pour ap­pli­quer les prin­cipes de cette mon­naie s’ap­pelle Du­ni­ter. Des dé­ve­lop­peurs in­for­ma­tiques tra­vaillent sans cesse sur ce lo­gi­ciel pour mettre en pra­tique la théo­rie re­la­tive de la mon­naie. Les phases de test me­nées un peu par­tout en France doivent per­mettre aux in­for­ma­ti­ciens de cor­ri­ger les bugs.

Il s’agit d’une tech­no­lo­gie de pointe se­lon les membres de l’as­so­cia­tion.

Une « ré­par­ti­tion équi­table »

Mi­reille Gry­giel et Ber­nard Or­so­ni croient en la per­ti­nence de ce nou­veau sys­tème mo­né­taire. Pour eux, la mon­naie tra­di­tion­nelle montre ses li­mites. « La fa­çon dont est créé l’ar­gent pose des pro­blèmes. C’est in­éga­li­taire. Il y a de plus en plus de pauvres et les riches le sont de plus en plus. Si ce sys­tème mar­chait, on n’en chan­ge­rait pas. Il oblige à tout mar­chan­der », pense Mi­reille Gry­giel.

La mon­naie libre doit, elle, re­mettre l’hu­main au centre du sys­tème et « per­mettre une ré­par­ti­tion équi­table et juste pour tous et pour les gé­né­ra­tions fu­tures », pour­suit la Flé­rienne. Il s’agit aus­si, se­lon elle, de « va­lo­ri­ser des ta­lents qui n’in­té­ressent pas les mar­chés ».

L’ins­crip­tion à cette nou­velle mon­naie est ou­verte à tous. Il faut tou­te­fois être co­op­té par les membres de l’as­so­cia­tion pour veiller à ce que deux comptes ne puissent pas être ou­verts par la même per­sonne. Tous les deux ans, il fau­dra être cer­ti­fié à nou­veau.

Le groupe pro­pose des réunions ré­gu­lières d’in­for­ma­tion ou­vertes à tous. Il in­vite aus­si à par­ti­ci­per à un jeu de cartes, le Gé­co­no­mi­cus, pour com­prendre l’éco­no­mie en eu­ros et en mon­naie libre.

Le col­lec­tif conseille aus­si de se rendre sur le site du Sou : www.le-sou.org et sur le site test de la mon­naie libre : ce­sium.le­sou.org pour en sa­voir plus sur la mon­naie libre.

Le col­lec­tif lors d’une réunion d’in­for­ma­tion au dé­but du mois de février (pho­to d’ar­chives).

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