L’In­tran­quille-Sillon veut sau­ver le ci­me­tière

L'Orne Combattante (FL) - - ATHIS ET SON PAYS -

Le ci­me­tière fa­mi­lial pro­tes­tant où re­pose Pierre-Tran­quille Hus­not, a failli être ven­du avec des terres agri­coles.

L’In­tran­quille-Sillon, as­so­cia­tion créée dé­but 2015, pour pro­mou­voir les oeuvres d’ar­tistes lo­caux en don­nant une place à la mé­moire et aux tra­vaux de Pierre-Tran­quille Hus­not, cé­lèbre bo­ta­niste. Le pré­sident, Xa­vier Ro­ger, et son épouse Ch­ris­telle, se­cré­taire, en ac­qué­rant la mai­son du cé­lèbre bo­ta­niste en 2012, s’étaient en­ga­gés à en faire un lieu de mé­moire. C’est ain­si qu’ils tiennent pa­role et or­ga­nisent des Jour­nées In­tran­quilles (voir ci-des­sus). Pier­reT­ran­quille Hus­not re­pose près de la mai­son avec 6 autres membres de sa fa­mille, dans un pe­tit ci­me­tière pro­tes­tant dans un champ, en bor­dure de route. Et ce lieu de re­cueille­ment a été me­na­cé.

Maire mal­gré vous !

« Nous avons été in­for­més ac­ci­den­tel­le­ment que la Fon­da­tion de France re­ven­dait le ci­me­tière avec des terres agri­coles de la fa­mille Hus­not. Ce­la pa­raît aber­rant de pen­ser qu’on puisse au­jourd’hui mettre en vente un ci­me­tière, comme une vul­gaire par­celle de ter­rain ou un bâ­ti­ment ba­nal. La vente est ap­pa­rem­ment blo­quée, mais l’as­so­cia­tion reste vi­gi­lante quant à son de­ve­nir. »

Pierre-Tran­quille Hus­not est né le 21 avril 1840 à Cahan d’une fa­mille de culti­va­teurs. Il ap­prend le la­tin et entre dans une école d’agri­cul­ture.

Sur les conseils de Jules Mo­rière, bo­ta­niste et géo­logue, Pierre-Tran­quille Hus­not est ad­mis à l’école de Gri­gnon en 1858. Il y her­bo­rise dans le parc de l’école. De 1863 à 1876, il voyage en An­gle­terre, dans les Py­ré­nées, les Alpes, le Ty­rol et les Ca­na­ries. En 1868, il va en Co­lom­bie et aux An­tilles, où il ré­colte des fou­gères, des mus­ci­nées, des algues et des li­chens. Suite de ses voyages, il pu­blie de nom­breux her­biers. En 1874, il fonde la re­vue Bryo­lo­gique ser­vant de lien in­ter­na­tio­nal entre tous les bryo­logues. En 1900, il pu­blie Le des­sin d’his­toire na­tu­relle. En de­hors de ses tra­vaux re­con­nus mon­dia­le­ment, il est un homme in­dé­pen­dant de ca­rac­tère et avait des idées très avan­cées pour son époque. Il ju­geait que les im­pôts étaient in­jus­te­ment ré­par­tis, les faibles re­ve­nus en payaient trop et les mil­lion­naires, pas as­sez. Se­lon lui, pour ré­duire la dette, il fal­lait sup­pri­mer les trois quarts des pré­fec­tures et n’avoir qu’une ving­taine de dé­par­te­ments en France. Sur la ques­tion des en­grais, il ré­vèle dans Conseils aux culti­va­teurs, Agri­cul­ture et Po­li­tique, qu’il est en désac­cord avec le pré­fet qui le ré­voque de ses fonc­tions de maire. Sou­te­nu par ses conci­toyens, il est ré­élu maire. Il si­gnait alors chaque cour­rier adres­sé au pré­fet : « Le Maire mal­gré vous ».

Pierre-Tran­quille Hus­not est mort à Cahan, le 25 mai 1929, dans sa 90e an­née. Lors de ses fu­né­railles, le bo­ta­niste Au­guste Che­va­lier, dé­cla­ra : « Nous de­vons gar­der pieu­se­ment, dans notre bo­cage normand, le sou­ve­nir de cet homme de bien, de ce grand sa­vant de­meu­ré si simple, si près des humbles, pen­dant toute sa belle et longue exis­tence. »

L’as­so­cia­tion l’In­tran­quilleSillon s’y em­ploie.

Xa­vier Ro­ger, Be­noit He­louin, Ch­ris­telle Ro­ger et Sté­phane Le­val­lois de­vant les tombes de Pierre-Tran­quille Hus­not et son épouse.

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