Coup de cou­teau pour du bruit : 36 mois de pri­son

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

Flers.

Le 5 fé­vrier, les po­li­ciers sont ap­pe­lés pour un dif­fé­rend de voi­si­nage sui­vi d’un coup de cou­teau. A leur ar­ri­vée sur les lieux, ils trouvent un homme avec une en­taille pro­fonde à un doigt. Son agres­seur pré­su­mé est main­te­nu au sol par des té­moins. Les forces de l’ordre re­trouvent éga­le­ment un cou­teau à cran d’ar­rêt avec une lame de 20 cen­ti­mètres.

Il s’avère que la vic­time re­ce­vait à son do­mi­cile à l’oc­ca­sion d’un an­ni­ver­saire. Dans la soi­rée, le voi­sin du des­sous se­rait ve­nu tam­bou­ri­ner à la porte puis se se­rait je­té sur le lo­ca­taire, un cou­teau à la main.

Lors de l’en­quête, l’in­té­res­sé, al­coo­li­sé au mo­ment des faits, au­rait re­con­nu les faits. Il a dé­cla­ré avoir de gros sou­cis avec son voi­sin de­puis plus de deux ans, ce­lui-ci fai­sant du bruit en per­ma­nence. Il met aus­si sur le compte de ce der­nier le fait que ses en­fants lui aient été en­le­vés, car les ser­vices so­ciaux avaient es­ti­mé qu’ils ne dor­maient pas as­sez. Pour lui, son voi­sin fai­sait du bruit vo­lon­tai­re­ment.

Il a ré­pé­té ses aveux de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, mar­di 7 juin, dit qu’il avait ap­pe­lé la po­lice avant de mon­ter pour ré­gler le pro­blème. De même, il pré­cise que la haine était en lui, qu’il a pris le cou­teau sans pou­voir ex­pli­quer pour­quoi avant d’al­ler chez son voi­sin. A ses dires, ce­lui-ci au­rait ou­vert la porte brus­que­ment. « Ça m’a éner­vé, il m’at­ten­dait », dé­clare-t-il. Il ajoute qu’il s’est sen­ti agres­sé car ce der­nier avait le bras le­vé. Il s’est alors je­té sur lui et a vu le sang cou­ler.

Ques­tion­né par le tri­bu­nal, il men­tionne que le bruit rai­son­nait dans sa tête, qu’il ne le sup­por­tait plus. Il pré­cise par ailleurs qu’il suit des soins psy­chia­triques et psy­cho­lo­giques pour sa co­lère. De même, il dé­clare avoir pris le cou­teau juste pour faire peur, dit qu’il ne re­grette ab­so­lu­ment pas être mon­té pour dire à son voi­sin d’ar­rê­ter le bruit et af­firme, en re­vanche, qu’il re­grette d’avoir pris le cou­teau tout en mar­te­lant qu’il avait bien l’in­ten­tion de s’en prendre phy­si­que­ment à la vic­time.

Me Serge Des­doits, pour la par­tie ci­vile, dit avoir froid dans le dos en en­ten­dant le pré­ve­nu s’ex­pli­quer, men­tion­nant que les faits au­raient pu être ju­gés par une cour d’as­sises. Il sou­ligne éga­le­ment son com­por­te­ment asocial men­tion­nant que ce der­nier se consi­dère seul au monde et que tout son voi­si­nage a de­man­dé son dé­mé­na­ge­ment avant de sol­li­ci­ter une ex­per­tise et une pro­vi­sion de 4 000 €.

Le par­quet re­quiert une peine de 12 mois d’em­pri­son­ne­ment dont 3 mois as­sor­tis d’un sur­sis avec mise à l’épreuve pen­dant 2 ans avec obli­ga­tions de soins et d’in­dem­ni­ser la vic­time. Pour le ma­gis­trat, le mis en cause a une pro­blé­ma­tique avec l’al­cool, les armes et aus­si les vio­lences au vu de son ca­sier ju­di­ciaire. Il s’in­quiète éga­le­ment des pro­pos et du com­por­te­ment de l’in­té­res­sé qui doit s’in­ter­ro­ger.

Me El­sa Gi­let-Gi­nis­ty, pour la dé­fense, men­tionne des faits graves et pré­cise que son client est très fra­gi­li­sé. Elle re­late qu’à l’époque des faits, ce­lui-ci sui­vait un trai­te­ment qui ne lui conve­nait pas et qu’il y a eu un mé­lange avec de l’al­cool. Elle sou­ligne que de­puis les faits, il n’y a eu au­cune dif­fi­cul­té et que l’in­té­res­sé va dé­mé­na­ger, qu’il a pris les choses en main et qu’il suit do­ré­na­vant un nou­veau trai­te­ment. Elle plaide pour une peine as­sor­tie d’un sur­sis in­té­gral.

Le pré­ve­nu est dé­cla­ré cou­pable de vio­lences ag­gra­vées par deux cir­cons­tances sui­vies d’une in­ter­rup­tion tem­po­raire de tra­vail su­pé­rieure à 8 jours. Il est condam­né à 36 mois d’em­pri­son­ne­ment dont 10 mois as­sor­tis d’un sur­sis avec mise à l’épreuve pen­dant 2 ans avec obli­ga­tions de soins, de tra­vailler et d’in­dem­ni­ser la vic­time. Il lui est in­ter­dit de por­ter ou de dé­te­nir une arme.

La consti­tu­tion de la caisse pri­maire d’as­su­rance ma­la­die comme par­tie ci­vile est dé­cla­rée re­ce­vable tout comme celle de la vic­time. Le pré­ve­nu doit leur ver­ser à titre de pro­vi­sions une somme to­tale de 10 000 €. Une ex­per­tise mé­di­cale de la vic­time est or­don­née.

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