« À 80 km des plages, on pen­sait être hors de dan­ger »

L'Orne Combattante (FL) - - FLERS ET SON PAYS -

Pour Flers comme pour de nom­breuses bour­gades de Nor­man­die, la date du 6-Juin n’évoque pas que la joie de la Li­bé­ra­tion an­non­cée par le Dé­bar­que­ment. Pour les Flé­riens, c’est aus­si une sombre date, celle qui a vu un ta­pis de bombe s’abattre sur la ville.

Mar­di 6 juin, 73e ans plus tard, le co­mi­té d’en­tente des so­cié­tés pa­trio­tiques or­ga­ni­sait une cé­ré­mo­nie pour se sou­ve­nir. Élus lo­caux, re­pré­sen­tants de la po­lice, de la gen­dar­me­rie et quelques re­pré­sen­tants des fa­milles de vic­times étaient pré­sents.

Après un hom­mage aux li­bé­ra­teurs et un dé­pôt de gerbe de­vant la stèle de la li­ber­té, le cor­tège s’est ren­du dans le ci­me­tière pour un hom­mage dans le car­ré des vic­times ci­viles.

Lors de cette cé­ré­mo­nie, deux per­sonnes pos­sé­daient un sou­ve­nir très pré­cis de cet évé­ne­ment tra­gique. Le 6 juin 1944, Claude et Co­lette Je­han­nin étaient à table, dans leur foyer, avec leurs pa­rents. « Nous ha­bi­tions rue du 14-Juillet. Vers 19 h 15, alors que l’on se met­tait à table, des bombes sont tom­bées dans tout le quar­tier », se sou­vient Claude Je­han­nin, âgé de 13 ans en juin 1944. « Nous avions ap­pris le Dé­bar­que­ment à la ra­dio. À 80 km des plages, on pen­sait être hors de dan­ger »

Leur père les a conduits « à l’abri, en­fin si on veut, dans une tran­chée qu’il avait creu­sé ». Les deux pa­rents et leurs cinq en­fants se sont re­trou­vés dans ce trou pré­vu par un père qui avait fait la Pre­mière Guerre mon­diale. « On s’est re­trou­vée à une quin­zaine dans cette tran­chée, les voi­sins nous ont re­joints. J’ai vu les avions et les bombes qui tom­baient. Mon frère était bles­sé à mort à l’épaule et ma soeur à la tête. Mon père les a conduits à l’hô­pi­tal ». Sa soeur, Co­lette Je­han­nin, âgée de 5 ans et de­mi ce 6 juin, se sou­vient : « J’étais bles­sée à la tête. Je me sou­viens de ma nuit à l’hô­pi­tal. Ça gei­gnait de par­tout ».

Après cette cé­ré­mo­nie émou­vante, Claude Je­han­nin a es­ti­mé fâ­cheux que « si peu de per­sonnes soient pré­sentes à la cé­ré­mo­nie pour com­mé­mo­rer cette date ». T.G.

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