Hô­pi­taux de Flers et Vire : les comptes dans le rouge

Le su­jet n’est pas nou­veau, mais s’ag­grave. L’hô­pi­tal de Vire connaît des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières si im­por­tantes qu’au­jourd’hui le pro­jet mé­di­cal de ter­ri­toire est re­tar­dé. Ex­pli­ca­tions…

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE - I.I.

Les dif­fi­cul­tés à main­te­nir un équi­libre bud­gé­taire pour l’hô­pi­tal de Vire sont pu­bli­que­ment connues. La si­tua­tion est sen­si­ble­ment la même dans tous les hô­pi­taux fran­çais de même taille, sauf qu’à Vire et Flers, la si­tua­tion est en­core plus dra­ma­tique. Un point qu’avaient sou­le­vé cer­tains can­di­dats aux lé­gis­la­tives et que ne cache pas son di­rec­teur, Her­vé Pon­chon : « C’est une réa­li­té à la­quelle nous sommes confron­tés de­puis plu­sieurs an­nées, mais la si­tua­tion est de plus en plus dif­fi­cile. Nous avons un dé­fi­cit de 8 % par rap­port à nos charges d’ex­ploi­ta­tion et je pense qu’à Flers, c’est pire ».

La si­tua­tion s’est donc en­core ag­gra­vée. En cause, le manque de mé­de­cins qui af­fai­blit l’offre de soins et voit la chute des sé­jours et donc de l’ac­ti­vi­té du centre hos­pi­ta­lier. Après le ré­sul­tat est simple : moins d’actes, mois de ren­trées d’ar­gent, mais comme les charges res­tent iden­tiques, le dé­fi­cit se creuse. « Nous n’ar­ri­vons pas à trou­ver des mé­de­cins pour faire fonc­tion­ner les ser­vices et donc on re­crute en in­té­rim. Il faut sa­voir à titre d’exemple que ce type de re­cru­te­ment pour les ur­gences peut re­pré­sen­ter un coût de 1 500 € pour 24h », af­firme le di­rec­teur.

Tant et si bien qu’au­jourd’hui, l’éta­blis­se­ment ho­nore ses fac­tures, mais avec un dé­ca­lage. « Nous avons nor­ma­le­ment 50 jours pour ré­gler une fac­ture après sa ré­cep­tion. Nous sommes obli­gés d’éta­ler en­core plus les paie­ments ».

Alors non, l’hô­pi­tal n’est pas en ces­sa­tion de paie­ment. Il a le sou­tien de l’agence ré­gio­nale de san­té qui ré­gu­liè­re­ment in­jecte des fonds pour le main­te­nir à flot. « Nous ne sommes pas une en­tre­prise pri­vée, on ne peut pas dé­po­ser le bi­lan. Notre au­to­ri­té de tu­telle pren­dra des dé­ci­sions avant d’en ar­ri­ver là. Il faut sa­voir que 70 % de nos dé­penses sont consa­crées au per­son­nel », conti­nue le di­rec­teur.

Dans ce contexte, et à la de­mande du centre hos­pi­ta­lier de Flers, le pro­jet mé­di­cal de ter­ri­toire qui de­vait être pré­sen­té à la fin du mois de juin est re­tar­dé au mois de sep­tembre pro­chain. En ef­fet, ce dos­sier qui de­vait per­mettre la mise en place des co­opé­ra­tions entre les éta­blis­se­ments hos­pi­ta­liers de Vire-FlersDom­front-La Fer­té-Ma­cé n’est plus une prio­ri­té.

Pour l’heure, Vire et Flers at­tendent de connaître les dis­po­si­tifs que pro­pose le Co­per­mo (Co­mi­té in­ter­mi­nis­té­riel de la per­for­mance et de la mo­der­ni­sa­tion de l’offre de soins hos­pi­ta­liers). Cette ins­tance na­tio­nale tra­vaille avec l’ARS sur les mo­da­li­tés de re­tour à l’équi­libre fi­nan­cier des éta­blis­se­ments en grande dif­fi­cul­té. « Il y au­ra sans doute des dé­ci­sions dou­lou­reuses à prendre », confirme Her­vé Pon­chon qui évoque éga­le­ment le poids im­por­tant des dé­ci­sions lo­cales en termes d’or­ga­ni­sa­tion des hô­pi­taux. « Les élus ont une grande im­por­tance, ils siègent au sein des conseils de sur­veillance qui va­lident les dé­ci­sions ».

La mise en place de la co­opé­ra­tion entre éta­blis­se­ments n’est plus la prio­ri­té. Quant à l’ave­nir des ur­gences, l’ARS a de­man­dé à l’éta­blis­se­ment de pré­sen­ter un pro­jet al­ter­na­tif. Les lo­caux si­tués à l’hô­pi­tal pour­raient être ré­no­vés.

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