Peine confir­mée pour le ti­reur au paint­ball qui a bles­sé deux per­sonnes

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

La cour d’ap­pel de Caen (Cal­va­dos) a confir­mé ven­dre­di la peine pro­non­cée par le tri­bu­nal d’Ar­gen­tan (Orne) à l’en­contre d’un ha­bi­tant de Flers (Orne), condam­né pour avoir ti­ré sur deux per­sonnes avec un pis­to­let à air com­pri­mé. Les vic­times ont été bles­sées par des billes mé­tal­liques, en plein centre-ville.

Flers.

« C’est une honte, vous condam­nez un in­no­cent ! ». À l’énon­cé du ver­dict, le Flé­rien de 28 ans s’em­porte. En co­lère, sa mère in­ter­pelle vi­ve­ment l’avo­cat gé­né­ral. Elle est contrainte de quit­ter la salle d’au­dience, es­cor­tée par un po­li­cier. Les ma­gis­trats viennent de condam­ner son fils à 30 mois de pri­son. Un pré­cé­dent sur­sis de six mois est éga­le­ment ré­vo­qué.

Le 30 oc­tobre der­nier, deux per­sonnes ont été bles­sées par des tirs de paint­ball, alors qu’elles se pro­mènent avec des amis. À chaque fois, les coups sont ti­rés de­puis une Re­nault Mé­gane bleue fon­cé. Ra­pi­de­ment, les en­quê­teurs re­montent jus­qu’à son pro­prié­taire. « Plu­sieurs billes mé­tal­liques ont été re­trou­vées place Char­les­ton », dé­taille le pré­sident de la cour. Une jeune femme y a été bles­sée au cou. Elle s’est vue si­gni­fier cinq jours d’ITT. La deuxième vic­time a été tou­chée à la jambe, deux heures plus tard.

In­flexible, le jeune homme de 28 ans nie les faits. « J’étais chez moi ce soir-là, avec ma mère », se dé­fend le pré­ve­nu. Il ex­plique avoir prê­té sa voi­ture à deux jeunes « pour rendre ser­vice ». Pour son avo­cate, c’est une pra­tique cou­rante. À Flers, « tout le monde sait qu’il prête fa­ci­le­ment sa voi­ture contre un plein d’es­sence ».

Pro­blème, son ali­bi va­rie au gré des au­diences. En pre­mière ins­tance, l’in­té­res­sé avait as­su­ré avoir pas­sé la soi­rée avec des amis, la veille de sa de­mande en ma­riage. « C’est le genre de dé­tail qui marque d’ha­bi­tude », re­lève non sans iro­nie, le ma­gis­trat. L’ac­cu­sé dit s’être sim­ple­ment per­du dans les dates.

Sur­tout, il a été clai­re­ment iden­ti­fié le soir des faits. Un té­moin, qui a joué au foot­ball avec lui en club, le re­con­naît au vo­lant de la voi­ture. Le pas­sa­ger de la Mé­gane le charge lui aus­si. Le pré­ve­nu main­tient sa ver­sion. Se­lon lui, le ti­reur et son pas­sa­ger se sont en­ten­dus pour l’im­pli­quer. « Quand on ment, il faut avoir une bonne mé­moire », ré­torque l’avo­cat gé­né­ral qui dé­nonce « une his­toire in­croyable ». Il re­quiert à son en­contre trois ans de pri­son, son main­tien en dé­ten­tion et l’in­ter­dic­tion de dé­te­nir une arme pen­dant 15 ans.

Pour son avo­cate, cette his­toire « ne tient pas la route ». Vic­times in­ca­pables de re­con­naître le ti­reur, té­moins en conflit avec l’ac­cu­sé, conduc­teur de la voi­ture vu « sans lu­nettes alors que lui est myope »… Elle pointe du doigt « les mul­tiples doutes » qui existent dans ce dos­sier pour plai­der la re­laxe de son client. La cour n’a pas été convain­cue. B.M.

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