Le condam­né en ap­pel

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

Deux jeunes Flé­riens de 22 ans et 23 ans ont été condam­nés ven­dre­di 9 juin par la cour d’ap­pel de Caen à deux ans de pri­son et neuf mois avec sur­sis pour voir me­né des re­pré­sailles ar­mées à Flers (Orne) sur fond de que­relle amou­reuse, de ja­lou­sie et de pro­vo­ca­tion.

Barre de fer, cou­teaux, ca­goules… Pour l’avo­cat gé­né­ral, « c’est une vé­ri­table ex­pé­di­tion pu­ni­tive » que deux jeunes flé­riens ont or­ches­trée, ac­com­pa­gnés de deux com­plices, en no­vembre et dé­cembre der­nier.

À deux re­prises, les mis en cause « ont cher­ché à ré­gler leurs comptes » avec l’ex-com­pa­gnon d’une amie. In­sultes, pro­vo­ca­tions, me­naces : à la barre, les deux in­té­res­sés peinent à ex­pli­quer ce qui les a réel­le­ment dé­ci­dés à pas­ser à l’acte.

Alors que le pré­sident l’in­ter­roge, l’un des pré­ve­nus confie seule­ment « avoir cher­ché à s’ex­pli­quer » avec sa vic­time. Pas fran­che­ment convain­cu, le ma­gis­trat iro­nise : « avec une barre de fer ? Ce n’est pas plus ef­fi­cace avec une boîte de cho­co­lats ? ».

En ef­fet, la cible du com­man­do est tom­bée dans un vé­ri­table guet-apens. Coup de cou­teau por­té à l’ab­do­men, fu­mi­gène lan­cé dans un ap­par­te­ment pour as­su­rer leur fuite et piedde-biche sur le crâne : les deux pré­ve­nus n’ont pas fait dans la de­mi-me­sure.

À chaque fois, les deux Flé­riens se sont ren­dus au do­mi­cile de leur vic­time. À chaque fois, ils ont usé de sub­ter­fuges pour le for­cer à sor­tir de son ap­par­te­ment. Après le se­cond raid, ils le laissent al­lon­gé sur le trot­toir. L’homme vient de se prendre un coup de barre de fer sur le crâne et plu­sieurs coups de pied dans les côtes. Il a per­du conscience. « C’est une voi­sine qui a pré­ve­nu les se­cours », dé­taille le pré­sident.

Bi­lan : de nom­breuses plaies au vi­sage, plu­sieurs ec­chy­moses sur le torse et trois jours d’ITT.

Pour l’avo­cat de l’un des pré­ve­nus, il faut re­pla­cer les faits dans leur contexte : une amie leur avait af­fir­mé avoir été vio­lée par la vic­time.

« L’émo­tion l’a em­por­té sur la rai­son, c’est vrai », glisse l’avo­cat de la dé­fense tout en de­man­dant l’in­dul­gence de la cour. Il plaide pour un al­lé­ge­ment de peine, de l’ordre de 12 à 18 mois de pri­son.

L’avo­cat gé­né­ral n’a pas sem­blé par­ta­ger cet avis. Le ma­gis­trat es­time que les ac­cu­sés « se moquent de la cour ». Il re­quiert la confir­ma­tion des peines pro­non­cées en pre­mière ins­tance par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan. Après en avoir dé­li­bé­ré, les juges lui donnent rai­son. Les mis en cause sont main­te­nus en dé­ten­tion. Ils de­vront éga­le­ment ver­ser 4 000 € de dom­mages et in­té­rêts à leur vic­time.

B.M.

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