Il frappe un ad­ju­dant à coup de casque

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

La Fer­té-Ma­cé.

Sa­me­di 10 juin, vers 18 heures, des gen­darmes pro­cèdent à un contrôle rou­tier à La Fer­téMa­cé. Alors qu’ils ver­ba­lisent un au­to­mo­bi­liste, le gra­dé voit ar­ri­ver deux in­di­vi­dus le torse nu sur un scoo­ter. Ils ne portent pas de casque. Il leur fait signe de s’ar­rê­ter pour les ver­ba­li­ser.

Le conduc­teur ra­len­tit et monte sur le trot­toir avant de chu­ter. Les deux cy­clo­mo­to­ristes re­montent sur leur en­gin après que le pas­sa­ger ait ra­mas­sé les casques. Le scoo­ter re­prend sa route. Lors­qu’il passe à hau­teur du gendarme, le pas­sa­ger lui donne un coup de pied au ni­veau du ti­bia. Le mi­li­taire, sous la dou­leur se penche alors et re­çoit un coup de casque sur le front. Le deux-roues ne s’ar­rête pas et plu­sieurs mètres plus loin, le duo chute à nou­veau. Le conduc­teur et le pas­sa­ger s’en­fuient en cou­rant.

Un homme de 23 ans est in­ter­pel­lé peu après alors qu’il est ca­ché dans un pla­card chez son ex-com­pagne.

Il était ju­gé de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan, lun­di 12 juin. L’ad­ju­dant de gen­dar­me­rie pré­sent à l’au­dience re­late qu’il n’a ja­mais eu de pro­blème dans sa car­rière et qu’il n’ar­rive pas à com­prendre pour­quoi le pré­ve­nu a eu un tel com­por­te­ment en­vers lui.

Le pré­ve­nu dit ne pas se sou­ve­nir des faits, dé­clare à la vic­time qu’il s’ex­cuse. Il ex­plique aux ma­gis­trats qu’il n’est pas violent de na­ture et pré­cise qu’il ne boit presque ja­mais, et qu’à ce titre il pense que son com­por­te­ment est dû à l’al­cool.

Marion Vi­nault, sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, es­time que l’al­coo­lé­mie du mis en cause n’était pas suf­fi­sante pour le rendre amné­sique et sou­ligne qu’il a eu le ré­flexe d’al­ler se ca­cher chez son ex-com­pagne. Rap­pe­lant le ca­sier ju­di­ciaire du pré­ve­nu, elle re­quiert une peine de 14 mois d’em­pri­son­ne­ment dont 4 mois avec sur­sis et mise à l’épreuve pen­dant 24 mois ain­si que la ré­vo­ca­tion des sur­sis an­té­rieurs. Un man­dat de dé­pôt est de­man­dé.

Me Ca­ro­line Stru­jon-Mar­chand, pour la dé­fense, argue que l’al­coo­li­sa­tion de son client lui a joué des tours. Elle rap­pelle qu’il n’est pas connu de la jus­tice pour des pro­blèmes de vio­lences et que de­puis 3 ans, après une mau­vaise pé­riode, il n’a pas at­ti­ré l’at­ten­tion sur lui. « Il a fait amende ho­no­rable en­vers la so­cié­té », as­sure-t-elle. Trou­vant les ré­qui­si­tions sé­vères, elle es­time que l’in­té­res­sé a plus be­soin d’être ca­dré et ac­com­pa­gné. L’em­pri­son­ne­ment ferme n’est pas une so­lu­tion se­lon elle.

Le pré­ve­nu est condam­né à 10 mois d’em­pri­son­ne­ment dont 6 mois as­sor­tis d’un sur­sis avec mise à l’épreuve pen­dant 24 mois avec des obli­ga­tions de tra­vail et d’in­dem­ni­ser la vic­time qui se voit al­louer 300 € pour son pré­ju­dice phy­sique et 700 € pour son pré­ju­dice mo­ral.

Un man­dat de dé­pôt est dé­li­vré à l’en­contre du pré­ve­nu qui a été aus­si­tôt conduit à la mai­son d’ar­rêt de Cou­laines pour pur­ger sa peine.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.