Du beurre et des vi­si­teurs

Di­manche 11 juin, le co­mi­té des fêtes pro­po­sait un vide-gre­niers dans le cadre de la fête Saint-Pierre axée au­tour du beurre.

L'Orne Combattante (FL) - - ATHIS ET SON PAYS -

La com­mune a re­noué avec une an­cienne tra­di­tion à l’oc­ca­sion de sa fête com­mu­nale 2017 : le mar­ché au beurre.

Dès le ma­tin, la fête a dé­bu­té avec un dé­jeu­ner aux tripes sui­vi par un lâ­cher de 200 pi­geons qui ont re­joint leur co­lom­bier à Flers, Mon­tilly, Mes­sei…

Pour le re­pas moules frites du mi­di, Pa­trice Salles, le pré­sident du co­mi­té des fêtes, ex­plique que « nous avions 60 ré­ser­va­tions et nous avons ser­vi en fait plus de 200 re­pas. Heu­reu­se­ment que nous avions pré­vu large. »

Les chi­neurs étaient au ren­dez-vous pour vi­si­ter les stands des exposants du vide-gre­niers, ins­tal­lés dans le coeur du bourg. Là, ils ont ren­con­tré Mi­chel Che­va­lier mon­trant le plus pe­tit avion du monde qu’il a construit lui-même et ap­pe­lé Cri-cri, « ce­la m’a de­man­dé 4 500 heures de tra­vail pen­dant 6 an­nées. Il a fait son 1er vol le 1er août 1988. De­puis il a fait 280 heures de vol. »

L’an­cien mar­ché au beurre

Sous les halles, Mi­chel Bou­din, vice-pré­sident du co­mi­té, ac­cueillait le pu­blic ve­nu très nom­breux, voir les an­ciennes ba­rattes à beurre, moules en bois et écré­meuses de toutes les époques, même très an­ciennes, et pour toutes les uti­li­sa­tions, de la fa­mi­liale à plus grande échelle. « Au dé­but du siècle, sous les halles, avait lieu le mar­ché au beurre tous les mar­dis. Les culti­va­teurs ve­naient de toute la ré­gion, pour vendre leur beurre et le prix en était fixé à La Car­neille. Les an­ciens disent que le beurre était plus cher à La Car­neille, parce qu’il était le meilleur. Il était dit qu’il coû­tait 3 sous de plus qu’ailleurs », ex­plique Mi­chel Bou­din.

Avec du lait de ferme, le pu­blic a pu voir com­ment fonc­tion­nait l’écré­meuse, pour sé­pa­rer la crème du lait, pour en­suite mettre la crème dans la ba­ratte pour fa­bri­quer le beurre.

En­fants et adultes étaient fas­ci­nés par la ma­gie de cette fa­bri­ca­tion et cer­tains se rap­pe­laient leurs sou­ve­nirs d’en­fance à la ferme. Tout en re­gar­dant le tra­vail de l’écré­meuse et de la ba­ratte, il leur était ra­con­té l’his­toire du beurre. Il ap­pa­raît avec la do­mes­ti­ca­tion des ani­maux. Sa plus an­cienne trace écrite date de 2 500 ans avant J-C. Puis les Grecs an­ciens, comme les Ro­mains, uti­lisent le beurre comme pro­duit de beau­té, lui pré­fé­rant, pour la cui­sine, le lard, le sain­doux et l’huile d’olive.

Au Moyen-Âge, le beurre est très uti­li­sé par le peuple, l’huile étant plus dif­fi­cile à ob­te­nir. Au XVe siècle, il est un pro­duit de luxe et de­vient une dis­tinc­tion so­ciale. C’est au XVIIe siècle que le beurre re­trouve sa po­pu­la­ri­té et la ba­ratte dite nor­mande ac­quiert la ré­pu­ta­tion d’une meilleure pro­duc­tion.

La fa­bri­ca­tion du beurre sous la halle où, ja­dis, le prix du beurre était fixé chaque mar­di à l’oc­ca­sion du mar­ché ré­gio­nal.

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