Am­biance dé­ca­lée et un peu po­tache au cam­ping des Bi­choi­se­ries

L'Orne Combattante (FL) - - FLERS ET SON PAYS -

Dans tout fes­ti­val de mu­sique digne de ce nom, le cam­ping est un in­con­tour­nable. De la même ma­nière que les toi­lettes d’un res­tau­rant sont un bon in­di­ca­teur de la bonne te­nue de l’éta­blis­se­ment, le cam­ping d’un fes­ti­val est le pouls de l’évé­ne­ment.

Ventre et glisse

Aux Bi­choi­se­ries, sur le mont de Ce­ri­sy-Belle-Étoile, le cam­ping est connu pour son po­ten­tiel à la dé­conne. Sur ce site na­tu­rel, entre deux buis­sons de rho­do­den­drons, des cam­peurs en short et « torse poil » ont choi­si une bonne pe­tite pente pour ins­tal­ler leur ventre et glisse. Une bâche, un bi­don d’eau et du pro­duit vais­selle, et voi­ci des di­zaines de per­sonnes s’amu­sant à glis­ser sur ce to­bog­gan im­pro­vi­sé.

Sau­cisses len­tilles

Par­mi les fes­ti­va­liers, on trouve de vrais personnages, à l’image de Lionel, de Cha­nu, que tout le monde sur­nomme « Le Co-Lionel ». Très jo­vial, Lionel se pro­mène, bé­ret noir avec badges vis­sé sur la tête, en mar­cel avec le dé­tail chic et choc : les bre­telles aux cou­leurs de la ban­nière étoi­lée. Avec un faux air de scout en ex­plo­ra­tion, ou une dé­gaine qui pour­rait rap­pe­ler le per­son­nage de Su­per­du­pont, dans les bandes des­si­nées de la col­lec­tion Fluide Gla­cial, il sort son ré­chaud de cam­ping et ses boîtes de conserve. À 16 h 30, sa­me­di, il at­taque un plat co­pieux de sau­cisses len­tilles. « Un sac ne tient ja­mais de­bout s’il est vide », confie l’in­té­res­sé tout en sur­veillant la cuis­son.

Nu sous son kilt ?

Quelques toiles de tente plus loin, Guillaume et son kilt at­tirent les cu­rieux. À chaque fois, la ques­tion est la même : est-il nu sous son kilt, comme le veut la tra­di­tion ?

Ra­vi, Guillaume s’at­tache de­puis le dé­but du fes­ti­val à ré­pondre à ces re­quêtes en sou­le­vant son kilt. Dé­jà ha­billé de cette fa­çon le ven­dre­di, il dit avoir mon­tré cette zone plus de fois en 24 heures que dans toute une vie.

La cuite

Au cours de l’après-mi­di, la pro­tec­tion ci­vile fait l’un de ses énièmes pas­sages dans le cam­ping. Re­con­nais­sables à leurs te­nues très vi­sibles, les membres de la pro­tec­tion ci­vile étaient là pour don­ner des conseils de pré­ven­tion et prendre en charge les fes­ti­va­liers in­com­mo­dés par l’excès de so­leil, d’al­cool, ou de sub­stances di­verses et néan­moins illi­cites. Un fes­ti­va­lier les in­ter­pelle : « Bon­jour, j’ai mal à la che­ville », leur dit un jeune homme avec son tee-shirt « La Cuite » Les pe­tits bo­bos font aus­si par­tie de leur mis­sion.

Vers 17 h, des per­cus­sions viennent trou­bler le brou­ha­ha du cam­ping. La fan­fare Ba­tu­fa­da, de la Lu­ciole, dé­barque et com­mence à chauf­fer les cam­peurs. Tout le monde se rap­proche, se met à dan­ser et à les suivre dans une grande ba­tu­ca­da ; juste ce qu’il faut pour chauf­fer les fes­ti­va­liers avant la re­prise des concerts.

Pas de bon­net de nuit

Bien plus tard, une fois la nuit tom­bée, et après plu­sieurs concerts, les fes­ti­va­liers re­fluent cha­cun à leur rythme vers le cam­ping. S’ils sont tous fa­ti­gués, ils ne sont pas nom­breux à en­fi­ler leur bon­net de nuit sans avoir pous­sé la fête un peu plus loin.

Cer­tains jouent les pro­lon­ga­tions à la sor­tie du site du fes­ti­val. De la mu­sique pro­vient des toi­lettes sèches. Les or­ga­ni­sa­teurs ont tout fait pour que ce lieu d’ai­sance soit fes­tif tant et si bien que les « bi­chiottes » prennent des airs de boîte de nuit en plein air.

Dans le cam­ping, les plus mo­ti­vés se ras­semblent entre les tentes.

Les uns jouent de la mu­sique, les autres en dif­fusent. On se dan­dine sans re­te­nue au son du rock ou de vieux mor­ceaux de va­rié­té.

Au fil des heures, les bruits se calment et des fes­ti­va­liers dis­pa­raissent à me­sure que les toiles de tente se ferment. Le jour com­mence à se lever. Le fes­ti­val touche à sa fin. T.G.

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