à Flers Don­ner son sang

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE SUISSE NORMANDE -

Chaque an­née, ce sont près de 3 mil­lions de per­sonnes qui font don de leur sang. Au vu de l’im­por­tance et de la né­ces­si­té de cette opé­ra­tion, notre ré­dac­tion a dé­ci­dé de sau­ter le pas. Nous avons donc tes­té pour vous le don du sang à la per­ma­nence de Flers.

Il est en­vi­ron 16 heures lorsque je me rends au fo­rum de Flers. Je me pré­sente au rez-de-chaus­sée, pous­sant la porte d’en­trée, pen­sant lais­ser mes quelques ap­pré­hen­sions der­rière. Le per­son­nel pré­sent à l’en­trée se doute que c’est pro­ba­ble­ment la pre­mière fois que je pousse la porte du don du sang. « C’est votre pre­mier don ? » m’in­ter­roge-t-on. Je ré­ponds par la po­si­tive. Là, on me donne un ques­tion­naire à rem­plir, de ma­nière à vé­ri­fier les an­té­cé­dents de san­té des don­neurs.

J’en­tends une pe­tite voix suave ré­cla­mant : « Le nu­mé­ro 60 ». D’un pe­tit signe de tête je me lève, feuille en main et suis le mé­de­cin dans une pièce ad­ja­cente. Il re­garde le ques­tion­naire et me pose des ques­tions com­plé­men­taires pour s’as­su­rer que toutes les condi­tions re­la­tives au don sont en règles. Après une pe­tite di­zaine de mi­nutes, l’en­tre­tien se ponc­tue par le feu vert. Le doc­teur me conduit dans la pièce où le pré­lè­ve­ment s’opère.

Pe­tit mo­ment d’ab­sence

Là, cinq per­sonnes sont dé­jà en train de faire don de leur hé­mo­glo­bine. Je suis confié à une in­fir­mière de l’Éta­blis­se­ment fran­çais pour le sang (EFS). Cette der­nière com­prend d’en­trée mon an­xié­té, ma peur presque vis­cé­rale pour les ai­guilles. La pro­fes­sion­nelle de san­té tente de me ras­su­rer, et m’ex­pose le dé­rou­le­ment du pré­lè­ve­ment. Dans un pre­mier lieu, elle opère un pe­tit pré­lè­ve­ment à l’aide d’un ap­pa­reil sem­blable à ce­lui que pos­sèdent les per­sonnes dia­bé­tiques. Elle me pique alors le bout de mon au­ri­cu­laire. Mise à part un lé­ger pi­co­te­ment ne du­rant pas moins de 2 ou 3 se­condes, au­cune dou­leur ne se fait sen­tir.

Pour­tant, à ce mo­ment, je suis pris d’un lé­ger mo­ment d’ab­sence. Quelque peu aba­sour­di, l’in­fir­mière me re­dresse et me confie avec le sou­rire : « C’est la pre­mière fois que je vois quel­qu’un se sen­tir mal à ce mo­ment-là. Êtes-vous sûr de vou­loir conti­nuer ? ». Un peu tou­ché dans mon ego je dois l’avouer, j’in­siste pour pour­suivre. Elle me lave et me dés­in­fecte dès lors le pli du coude. Un peu in­quiète que je tourne en­core de l’oeil, elle met tout en oeuvre pour me ras­su­rer puis pro­cède au pré­lè­ve­ment san­guin. Pré­lè­ve­ment qui se pas­se­ra presque sans em­bûche - il est vrai que j’ai en­core été un peu étour­di par mon an­xié­té - grâce au concours des deux in­fir­mières pré­sentent au­tour de moi.

Une bonne col­la­tion

Le don ter­mi­né, les pro­fes­sion­nels et bé­né­voles m’in­vitent à re­joindre la pièce où une col­la­tion est of­ferte. Au menu, vien­noi­se­ries et pâ­tis­se­ries de tout genre, agré­men­tés de pro­duits sa­lés, de ma­nière à ce que les don­neurs puissent re­prendre des forces. Dans une am­biance convi­viale, les bé­né­voles nous poussent à man­ger le plus pos­sible. A l’en­trée de la pièce, je re­marque une dame as­sise à une table. Les yeux un peu rouges, elle at­tire mon at­ten­tion. Je m’ap­proche alors d’elle et en­tame la dis­cus­sion. Elle me confie don­ner son sang de­puis deux dé­cen­nies, 4 fois par an quand elle le peut. À bien­tôt 71 ans, ce don était le der­nier pour elle, l’âge li­mite étant at­teint. Les bé­né­voles me confient qu’elle a lâ­ché une pe­tite larme : « émue de don­ner pour la der­nière fois, car jus­qu’à pré­sent je me sen­tais utile » m’avoue la prin­ci­pale in­té­res­sée. Cette anec­dote ré­sume par­fai­te­ment l’am­biance qui règne au sein de la per­ma­nence de l’AFS. Des ci­toyens qui font don d’un peu de leur temps et de leur sang, pour ser­vir l’in­té­rêt et l’uti­li­té de la col­lec­ti­vi­té.

Si ces quelques lignes ne nous ont pas convain­cus, les quelques mots pro­non­cés par Charles-Hen­ri Grig­gy, pré­sident de l’ami­cale du sang de Flers, vous lais­se­ront pro­ba­ble­ment son­geur : « Que di­riez-vous du don si vous aviez be­soin d’une trans­fu­sion ? ».

Pro­chaine per­ma­nence le ven­dre­di 25 août au Fo­rum de Flers, de 9 h à 13 h 30. Pré­voir une pièce d’iden­ti­té. In­for­ma­tions com­plé­men­taires : don­de­sang.efs.sante. fr

Un peu d’émo­tion pour ce der­nier don. Près de 3 mil­lions de per­sonnes ont fait l’an der­nier don de leur sang.

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