À 88 ans, Hé­lène pu­blie un ou­vrage à 4 mains

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE - P.G.

« On pour­rait faire un livre en­semble ». C’est par cette phrase qu’une belle aven­ture com­mence. Contac­tée par ce­lui qu’elle consi­dère comme son pe­tit frère, une oc­to­gé­naire se lance pour la pre­mière fois dans l’écri­ture d’un ou­vrage.

Le livre se dis­tingue par son ori­gi­na­li­té. Le pe­tit frère écrit en prose, la grande soeur en vers. C’est ce qui a sé­duit la mai­son d’édi­tion l’Har­mat­tan qui, dès la pre­mière lec­ture de l’ou­vrage, émet un avis fa­vo­rable à la pu­bli­ca­tion du livre : « Mon pe­tit frère m’a dit que c’était très rare ». Pour cause, l’homme qui porte le nom de Raoul Gar­nier n’en est pas à son coup d’es­sai. Il pu­blie ici son 4e ou­vrage, qu’il signe et co­écrit avec le concours d’Hé­lène.

Pour com­prendre l’in­té­rêt du livre, il faut d’abord s’at­tar­der sur la re­la­tion sin­gu­lière qui unit les deux au­teurs. Hé­lène de Saint-Al­ban est la fille unique d’une fa­mille ori­gi­naire de SaintGeorges-des-Gro­seillers. Sa mère est une bonne amie de celle de Raoul. Quelques se­maines avant la nais­sance du gar­çon, le père dé­cède. La mère d’Hé­lène va s’en oc­cu­per, et un lien fra­ter­nel va naître entre les deux au­teurs.

Néan­moins, les cir­cons­tances de la vie les sé­parent. Raoul va ten­ter pen­dant des an­nées de re­trou­ver sa soeur. « J’avais chan­gé de nom, il n’ar­ri­vait donc pas à me re­trou­ver. Un jour, il a croi­sé quel­qu’un rue de Pa­ris qui lui a dit que je de­vais ha­bi­ter à Saint-Georges. Il a contac­té des per­sonnes de ma fa­mille qui lui ont don­né mon adresse ». Par­ti pen­dant des an­nées à Abid­jan pour of­fi­cier comme cadre de san­té, Raoul re­noue les liens forts du pas­sé à son re­tour.

« Aven­ture lit­té­raire »

Du­rant cette pé­riode, Hé­lène ne cesse de se ser­vir de sa plume. Après avoir pen­dant des an­nées écrit des poèmes pu­bliés dans nos co­lonnes dans les an­nées 80, elle s’est lan­cée l’an der­nier dans un nou­veau dé­fit qu’elle qua­li­fie comme étant une « aven­ture lit­té­raire ». De­puis son ado­les­cence, cette an­cienne em­ployée de banque écrit des vers et des poèmes. De­dans, elle y écrit sou­vent des faits vé­cus. Elle confie être une fan d’An­toine de Saint-Exu­pé­ry, à qui elle avait en­voyé une lettre. « Le 31 juillet 1944 j’ai pleu­ré. Je ve­nais d’ap­prendre le dé­cès de SaintExu­pé­ry. Ma mère ne com­pre­nait pas pour­quoi je pleu­rais la mort d’un homme que je ne connais­sais. Mais j’avais 12 ou 13 ans, c’était mon idole. Je me re­trou­vais tel­le­ment dans ces mots ».

Cette amou­reuse de la plume se sert de la poé­sie comme d’un échap­pa­toire, met­tant sur pa­pier ses ex­pé­riences mar­quantes, no­tam­ment celles de l’oc­cu­pa­tion et de la li­bé­ra­tion dans le bas­sin flé­rien.

Plus qu’un livre ba­sé sur la re­la­tion entre les deux au­teurs, au tra­vers des vers, on re­trouve des ré­cits de ces mo­ments par­fois dou­lou­reux, pei­gnant la réa­li­té par­fois lourde qu’ont vé­cu les ha­bi­tants du bas­sin flé­rien du­rant la Se­conde Guerre.

Re­nouer les liens du pas­sé

« Pour­quoi si tard es-tu ve­nu ? », aux édi­tions l’Har­mat­ta, en vente à l’es­pace cultu­rel de Flers au prix de 20 €.

Pour­quoi si tard es-tu ve­nu ? est dis­pon­bile à l’es­pace cultu­rel de Flers.

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