L’ac­ci­dent avait fait 43 morts : le rap­port d’en­quête dé­voi­lé

Oc­tobre 2015. Par­mi les 43 vic­times de l’ac­ci­dent à Puis­se­guin (Gironde) fi­gurent deux Nor­mands. Deux ans plus tard, un rap­port sur les cir­cons­tances de l’ac­ci­dent a été dé­voi­lé.

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

Orne.

Le rap­port sur l’ac­ci­dent le plus meur­trier de France de­puis 1982 – 43 morts sur une route dé­par­te­men­tale à Puis­se­guin (Gironde) – a été ré­vé­lé par Le Pa­ri­sien, dans son édi­tion du mar­di 8 août. En oc­tobre 2015, un chauf­feur rou­tier de Saint­Ger­main-de-Clai­re­feuille, près d’Ar­gen­tan et son fils âgé de trois ans avaient trou­vé la mort dans ce ter­rible ac­ci­dent.

Dans le rap­port des ex­perts, ci­té par l’AFP, le ré­ser­voir du ca­mion et les is­sues du se­cours du car sont clai­re­ment mis en cause.

Un Nor­mand et son fils de trois ans tués

Sur une route de Gironde, ven­dre­di 23 oc­tobre 2015, ce fût l’hor­reur. Vers 7 h 30 du ma­tin, un car de tou­risme et un ca­mion en­traient en col­li­sion sur une pe­tite route de Puis­se­guin, près de Li­bourne, à une qua­ran­taine de ki­lo­mètres de Bor­deaux. Bi­lan : 43 morts, le plus grave ac­ci­dent de la route en France de­puis l’ac­ci­dent de car sur­ve­nu à Beaune, en Côte-d’Or, en 1982, qui avait coû­té la vie à 53 per­sonnes, dont 44 en­fants.

Par­mi les vic­times, 41 étaient des pas­sa­gers du bus, des re­trai­tés membres du Club du pe­tit-pa­lai­sien. Dans le ca­mion at­te­lé d’une re­morque vide et des­ti­née à trans­por­ter du bois, se trou­vaient deux per­sonnes. Un homme de 31 ans, ori­gi­naire du dé­par­te­ment de l’Orne, et son fils de trois ans, tous deux tués. Le conduc­teur était ori­gi­naire de Saint-Ger­main-de-Clai­re­feuille, fils du gé­rant d’une so­cié­té de tran­sports rou­tiers.

Le ré­ser­voir non ho­mo­lo­gué

Mar­di 8 août, le quo­ti­dien Le Pa­ri­sien, re­pris par l’AFP, cite un rap­port de « 120 pages très dé­taillé » du BEA-TT (Bu­reau d’en­quête sur les ac­ci­dents de trans­port ter­restre) .

Ni le ré­ser­voir, ni, a for­tio­ri, son ins­tal­la­tion au dos de la ca­bine du trac­teur rou­tier n’étaient ho­mo­lo­gués au mo­ment de l’ac­ci­dent, dé­crit le rap­port.

Ces élé­ments confirment les conclu­sions dé­jà éta­blies en 2016. Les en­quê­teurs de la Sec­tion de re­cherches de la gen­dar­me­rie de Bor­deaux avaient alors sou­li­gné qu’après le choc, c’est bien le dé­chi­re­ment « d’un ré­ser­voir auxi­liaire si­tué à l’ar­rière de la ca­bine du ca­mion, qui a pro­vo­qué l’in­cen­die à l’ori­gine du drame ».

Compte te­nu du pou­voir ca­lo­ri­fique de ce car­bu­rant et de la quan­ti­té mise en jeu, l’in­cen­die s’est pro­pa­gé très vite à l’au­to­car, fai­sant fondre et en­flam­mant son ha­billage in­té­rieur. L’in­cen­die est très ra­pi­de­ment de­ve­nu in­con­trô­lable, écrivent les en­quê­teurs.

Pour le BEA-TT, « même si l’ajout de ce ré­ser­voir de 375 litres ne consti­tue pas une trans­for­ma­tion no­table du vé­hi­cule, l’ins­tal­la­teur du ré­ser­voir au­rait dû s’as­su­rer au­près du construc­teur du ca­mion ou au­près d’un la­bo­ra­toire re­con­nu que le vé­hi­cule mo­di­fié res­tait conforme à la ré­gle­men­ta­tion », écrit Le Pa­ri­sien.

Les dis­po­si­tifs de sor­tie du car dif­fi­ciles à ac­tion­ner

Mais le rap­port ci­té par l’AFP sti­pule éga­le­ment que « les dis­po­si­tifs de sor­tie de se­cours et de désen­fu­mage du car étaient dif­fi­ciles à ac­tion­ner ».

Les consé­quences de l’ac­ci­dent ont éga­le­ment été ag­gra­vées par « la na­ture des ma­té­riaux uti­li­sés pour l’amé­na­ge­ment in­té­rieur de l’au­to­car, leur te­nue au feu et la toxi­ci­té des gaz dé­ga­gés par leur com­bus­tion », ain­si que « la dif­fi­cul­té pour les pas­sa­gers d’ac­tion­ner les dis­po­si­tifs de désen­fu­mage équi­pant l’au­to­car », es­time le rap­port des ex­perts du BEA TT.

Les en­quê­teurs ont aus­si re­le­vé « la dif­fi­cul­té pour les pas­sa­gers d’uti­li­ser les deux ac­cès et les sor­ties de se­cours de l’au­to­car » et « l’ab­sence d’éclai­rage à l’in­té­rieur de l’au­to­car après la col­li­sion ».

Re­com­man­da­tions pour évi­ter de nou­veaux drames

Le Pa­ri­sien rap­porte cinq re­com­man­da­tions for­mu­lées par le BEA-TT pour évi­ter de nou­veaux de drames. « La prin­ci­pale concerne la ré­sis­tance au feu des ma­té­riaux uti­li­sés dans la construc­tion des au­to­cars. » De « nou­velles exi­gences en ma­tière de toxi­ci­té des gaz dé­ga­gés par la com­bus­tion de ces ma­té­riaux » sont no­tam­ment ré­cla­mées. Ac­tu.fr

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