Un lieu pour « ac­cueillir comme on a été ac­cueilli »

En quatre ans, Phi­lippe Sé­guy et Da­vid le Guya­der ont ré­no­vé le ma­noir du Ri­bar­don, à Neu­vy-au-Houlme. Les tra­vaux en­fin ter­mi­nés, ils ont ou­vert leurs quatre chambres d’hôtes cet été et es­pèrent faire dé­cou­vrir la ré­gion à un maxi­mum de per­sonnes.

L'Orne Combattante (FL) - - MAGAZINE - Tho­mas RI­DEAU Re­trou­ver les in­for­ma­tions pra­tique sur le site in­ter­net Bien­ve­nu au Châ­teau.

Neu­vy-au-Houlme. Le ma­noir, ap­pe­lé par­fois le « châ­teau » par les ha­bi­tants de Neu­vy-au-Houlme, est ma­gni­fique. Et il n’est pas faux de dire que la bâ­tisse par­tait de loin…

Pour ar­ri­ver à ce ré­sul­tat, Da­vid le Guya­der et Phi­lippe Sé­guy, les deux pro­prié­taires, ain­si qu’une di­zaine d’ar­ti­sans ont dû re­mon­ter leur manche pen­dant plu­sieurs an­nées. Pour ces Pa­ri­siens, l’ob­jec­tif était simple : ou­vrir des chambres d’hôtes dans l’Orne. Et même s’ils le disent à de­mi-mot, il y avait aus­si le dé­sir de s’iso­ler un peu de la grande ca­pi­tale. Ré­sul­tat, de­puis la fin juillet, les chambres sont ou­vertes à la ré­ser­va­tion et prêtes à ac­cueillir des vi­si­teurs.

120 tonnes de gra­vats

Il au­ra donc fal­lu quatre ans pour trans­for­mer le ma­noir dé­fraî­chi en une fan­tas­tique ré­si­dence ni­ché dans un tré­sor de ver­dure. Les murs abî­més ou le cloi­son­ne­ment abu­sif des pièces ne sont plus qu’un mau­vais sou­ve­nir. « On a dé­ga­gé 120 tonnes de gra­vats », note Phi­lippe Sé­guy. « Les fa­çades ont re­trou­vé une uni­té et ses lettres de no­blesse. »

Le dé­fri­che­ment de l’ha­bi­ta­tion de­vait éga­le­ment rendre au ma­noir ses es­paces du XVIIIe siècle. Ré­sul­tats, des grandes salles com­posent sur trois ni­veaux la mai­son de Neu­vy-au-Houlme.

Quand le XVIIIe ren­contre le XXIe

Si vu de l’ex­té­rieur le ma­noir du Ri­bar­don est une perle blanche en­tou­rée de ver­dure, il faut voir l’in­té­rieur pour sai­sir l’en­tiè­re­té du tra­vail fan­tas­tique abat­tu par les deux pro­prié­taires. Da­vid le Guya­der, dé­co­ra­teur d’in­té­rieur, a trans­for­mé le ma­noir en un ter­rain de jeu. Il s’est oc­cu­pé de l’in­té­gra­li­té de la dé­co­ra­tion et de l’ameu­ble­ment de la ré­si­dence. « L’idée, c’est de mé­lan­ger des élé­ments du XVIIIe siècle avec le con­fort de

2017 », pré­cise-t-il. Si aux pre­miers abords, le mo­bi­lier ou les grandes bi­blio­thèques donnent une im­pres­sion de pres­tige et de so­len­ni­té, il suf­fit de s’as­seoir sur l’un des ca­na­pés pour se sen­tir adop­té par le

lieu. « On n’a pas vo­ca­tion à de­ve­nir un mu­sée. Il faut que tout le monde se sente à l’aise ici », ra­joute Phi­lippe Sé­guy. « C’est une mai­son vi­vante. »

En bo­nus, alors qu’ils abat­taient « l’af­freux lam­bris » qui re­cou­vrait les murs, ils ont trou­vé trois che­mi­nées d’époques. « Des pièces fan­tas­tiques », les pro­prié­taires ne cachent pas leur joie. Ces che­mi­nées, sont comme un sym­bole pour Phi­lippe et Da­vid. Un sym­bole de tous les se­crets et de l’his­toire qui se nichent dans chaque mou­lure du ma­noir. Des élé­ments aux­quels ils ont consa­cré les der­nières an­nées.

« Les clients doivent re­par­tir en ami »

Ils vou­draient aus­si bien ac­cueillir qu’ils ont été ac­cueillis à Neu­vy-au-Houlme, il y a quatre ans. « On a été adop­té très

vite », et les 200 ha­bi­tants de la com­mune « sont des gens très ou­verts. Ils nous ont beau­coup ai­dés lorsque nous sommes ar­ri­vés ici. D’ailleurs on pense faire une pe­tite fête pour re­mer­cier tout le monde, l’an­née pro­chaine. » C’est cette sen­sa­tion de cha­leur et d’hu­ma­ni­té que les deux pro­prié­taires veulent re­pro­duire au ma­noir : « c’est simple, on consi­dère que les clients doivent re­par­tir en ami ».

Con­trai­re­ment aux hô­tels où les ser­vices sont « im­per­son­nels », Phi­lippe Sé­guy et Da­vid le Guya­der sont to­ta­le­ment souples sur les ho­raires des clients.

« Tout est per­son­na­li­sé. D’au­tant plus, que l’en­tiè­re­té du ma­noir est libre d’ac­cès. S’ils veulent fu­mer une ci­ga­rette en pleine nuit dans le jar­din au­cun pro­blème. Le bu­reau et le salon sont tou­jours ou­verts éga­le­ment ».

Plus que de louer une chambre d’hôte, les pro­prié­taires donnent l’im­pres­sion de vou­loir par­ta­ger leur mai­son, « faire im­mer­ger les vi­si­teurs dans notre uni­vers. »

Un jar­din de trois hec­tares

Le ma­noir se com­pose de quatre chambres spa­cieuses, d’un salon, d’un bu­reau… Le tout tient sur en­vi­ron 300 mètres car­rés. Et si on ouvre la fe­nêtre ou passe la porte, c’est un jar­din de trois hec­tares qui se dé­roule au­tour de nous. Comme à l’in­té­rieur, il a été mé­ti­cu­leu­se­ment pen­sé. Quelques arbres par­ti­cu­liers s’y trouvent.

Outre l’arc de cercle que forment cinq sa­pins, un sé­quoia a élu do­mi­cile sur le ter­rain du ma­noir. Le monstre na­tu­rel s’élève à 80 mètres tan­dis que sa cir­con­fé­rence dé­passe les 6 mètres. Plus loin en­core, une bar­rière blanche dé­li­mite le parc de Phi­lippe et Da­vid avec ce­lui du ha­ras du Ri­bar­don. « On n’est ni trop loin, ni trop proche pour ad­mi­rer le dé­li­cieux spec­tacle des trot­teurs de Joëlle Al­lais », note Phi­lippe Sé­guy.

Avec le ma­noir du Ri­bar­don, les deux pro­prié­taires sou­hai­taient at­teindre une sorte d’idéale. Créer une bulle loin des centres ur­bains. Un lieu où « on peut ve­nir s’en­nuyer in­tel­li­gem­ment. Ne rien faire et se lais­ser por­ter par la ré­gion ». Une ré­gion pour la­quelle les maîtres du Ri­bar­don sont tom­bés éper­du­ment amou­reux. Et dé­sor­mais, ils ont une idée au coeur : faire connaître l’Orne à leur vi­si­teur, de la même ma­nière qu’eux, l’ont connu.

Après quatre ans de tra­vaux, le ma­noir de Ri­bar­don à ou­vert ses portes cet été. Avec quatre chambres d’hôtes et un parc de trois hec­tares, les pro­prié­taires es­pèrent at­ti­rer un maxi­mum de vi­si­teurs.

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