Une mys­té­rieuse carte re­trou­vée

Une carte rou­tière de la ré­gion de Limoges a été re­trou­vée, 73 ans après, dans un gre­nier d’une ferme du can­ton d’Athis. Lais­sée là, par des sol­dats Al­le­mands, en 1944.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE - G.V.

L’His­toire avec un grand H, c’est aus­si la pe­tite his­toire. Un ha­bi­tant du can­ton d’Athis, a ré­cem­ment dé­cou­vert dans le gre­nier de sa ferme, une carte rou­tière de la ré­gion de Limoges, da­tée de l’an­née 1940.

À ses cô­tés, il y avait un li­vret mi­li­taire al­le­mand dont la cou­ver­ture avait été ar­ra­chée. Sur cette carte, fi­gure de nom­breux vil­lages sou­li­gnés en rouge au crayon de cou­leur, avec un iti­né­raire qui re­monte vers le nord (pro­ba­ble­ment vers la Nor­man­die). Cette carte a été lais­sée là en 1944 pen­dant la ba­taille de Nor­man­die par une uni­té al­le­mande de la Waf­fen SS qui se di­ri­geait vers la poche de Falaise.

« Cette carte ne pou­vait pas ap­par­te­nir au pro­prié­taire des lieux qui n’a ja­mais voya­gé de sa vie et qui n’avait que faire d’une carte rou­tière de la ré­gion de Limoges » ex­plique un spé­cia­liste de la ba­taille de Nor­man­die.

Ora­dour

« De grosses sup­po­si­tions laissent à pen­ser qu’il s’agi­rait de l’uni­té Das Reich, celle qui a com­mis de nom­breuses exac­tions dans la ré­gion de Tulle, dont l’hor­rible mas­sacre d’Ora­dour-sur-Glane, près de Limoges. Elle est en­suite re­mon­tée vers Nor­man­die en pas­sant par le centre pour com­battre les ma­qui­sards ce qui ex­plique les marques rouges sur cette carte. Lors de son par­cours de Mor­tain vers Cham­bois, elle a pro­ba­ble­ment fait halte dans cette ferme du can­ton d’Athis ! » pour­suit ce der­nier.

Le par­cours de la Das Reich

Au dé­but du mois de juin 1944, la division Das Reich est ba­sée dans la ré­gion de Limoges et de Tou­louse. Elle a pour mis­sion d’écra­ser les foyers de ré­sis­tances du sud-ouest et du Mas­sif Cen­tral. Le 7 juin, la ter­rible division re­çoit l’ordre du ma­ré­chal von Rund­stedt de re­mon­ter vers la Nor­man­die au plus vite après le Dé­bar­que­ment. Le 9 juin, le ba­taillon de re­con­nais­sance de la Das Reich in­ter­vient à Tulle à la suite d’une at­taque de la ville par des FTP (francs ti­reurs et par­ti­sans fran­çais) qui se sont re­pliés pré­ci­pi­tam­ment en voyant les SS ar­ri­ver et neuf sol­dats al­le­mands, faits pri­son­niers (8e et 13e com­pa­gnies du 95e ré­gi­ment de sé­cu­ri­té), se­ront fu­sillés. Le gé­né­ral com­man­dant les troupes al­le­mandes dé­cide en re­pré­sailles de fu­siller 120 ma­qui­sards. C’est fi­na­le­ment 99 ha­bi­tants qui se­ront pen­dus et 149 dé­por­tés.

Le 10 juin vou­lant ter­mi­ner leur mis­sion de ré­pres­sion contre le ma­quis, mais aus­si ven­ger la cap­ture et l’exé­cu­tion de cer­tains of­fi­ciers de la division comme Hel­muth Kampfe, Adolf Die­ck­mann et ses hommes, mas­sacrent et dé­truisent le vil­lage d’Ora­dour-sur-Glane, fai­sant 642 vic­times ci­viles in­no­centes. Le 12 au ma­tin, les pre­mières uni­tés quittent la ré­gion de Limoges, en em­prun­tant la RN147 puis la RN10.

Une grande par­tie de la 2e SS pan­zer division (en­vi­rons 8 300 hommes) reste dans le Su­dOuest jus­qu’à la fin juin. Les der­niers contin­gents ne se­ront mis en route pour le front de Nor­man­die que le 21 juillet. Les uni­tés par­ties par la route at­teignent la Flèche puis Dom­front. Les pre­mières uni­tés ar­rivent le 13 juin et se di­rigent vers le sec­teur de Bé­ny-Bo­cage, Cam­peaux et Jurques. Les uni­tés se ré­par­tissent entre Ville­bau­don, Tes­sy-sur-Vire et To­ri­gni-surVire. Le len­de­main, elles sont ras­sem­blées dans la ré­gion de Mor­tain. À par­tir du 10 août, les SS quittent Mor­tain, sous le feu de l’ar­tille­rie amé­ri­caine et de l’avia­tion. Ils passent no­tam­ment par Athis-de-l’Orne.

Fin, le 9 mai 1945

Le 13 août, une par­tie de la division force le pas­sage à Cou­de­hard et re­joint Vi­mou­tiers. Le 18, le gé­né­ral SS Bit­trich éva­cue toute la division pour être re­cons­ti­tuée et af­fron­ter les troupes al­liées, no­tam­ment les Po­lo­nais et les Ca­na­diens qui étaient sur le point de fer­mer la poche de Falaise et d’en­cer­cler les 5e et 7e ar­mées al­le­mandes.

Le 20 août, la Das Reich, no­tam­ment les 430 hommes du ré­gi­ment Der Füh­rer, at­taque les po­si­tions po­lo­naises. Les Po­lo­nais ré­sistent aux as­sauts des SS. Cette at­taque per­met­tra à des mil­liers de sol­dats al­le­mands de sor­tir de la poche. […] Dès le 22 août, la Das Reich se re­plie de nuit et at­teint la Seine. Elle fran­chit le fleuve entre le 29 et le 30 août et se di­rige vers la Bel­gique en pas­sant par Amiens et Douai. La division par­ti­ci­pe­ra à la ba­taille des Ar­dennes, et com­bat­tra en Au­triche, en Hon­grie face aux Russes, en Tché­co­slo­va­quie puis en Al­le­magne. Elle se ren­dra le 9 mai 1945 aux Amé­ri­cains, soit, le len­de­main de la fin de la guerre avec la ca­pi­tu­la­tion al­le­mande sans condi­tions.

(Source : http://nor­man­die44. ca­nal­blog.com)

Une carte de la ré­gion de Li­moge, da­tant de 1940, avec des vil­lages sou­li­gnés en rouge sur le par­cours, ap­par­te­nait très pro­ba­ble­ment à une uni­té al­le­mande qui l’a aban­don­née dans un gre­nier d’une ferme du can­ton d’Athis du­rant l’été 1944.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.