Trente sa­la­riés contestent leur li­cen­cie­ment éco­no­mique

30 des 55 sa­la­riés des bottes Le Cha­meau à Cahan ont dé­po­sé une re­quête de­vant le con­seil des Prud’hommes d’Ar­gen­tan pour contes­ter leur li­cen­cie­ment éco­no­mique.

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE SUISSE NORMANDE -

Dé­fen­dus par Me Fa­tome Her­vieu, 30 ex-sa­la­riés des bottes Le Cha­meau à Cahan se sont pré­sen­tés, mar­di 10 oc­tobre, au tri­bu­nal du con­seil des Prud’hommes d’Ar­gen­tan, où ils ont dé­po­sé une re­quête afin de dé­non­cer leur li­cen­cie­ment éco­no­mique.

Pour eux, il s’agit d’un li­cen­cie­ment abu­sif dé­ci­dé de toutes pièces par leur em­ployeur le fonds de pen­sion an­glais Mar­win ma­na­ge­ment. Pour ce­la, ils ré­clament une in­dem­ni­té de 50.000 € cha­cun.

Par­mi les 30 plai­gnants, quelques-uns vont faire va­loir leurs droits à la re­traite, d’autres ont re­trou­vé du tra­vail mais il y en a beau­coup en in­té­rim. Le plus jeune plai­gnant à 45 ans mais la ma­jo­ri­té dé­passe l’âge de 50 ans. Si­tua­tion, où il est très dif­fi­cile de re­trou­ver un em­ploi ac­tuel­le­ment.

Ju­ge­ment ren­du, mar­di 12 décembre

Tous se disent « très dé­çu des po­li­tiques. Per­sonne n’a sau­vé Le Cha­meau, à Cahan. C’est un bon sa­voir-faire fran­çais qui a dis­pa­ru. Au­jourd’hui, nous sommes au tri­bu­nal et on ne voit per­sonne à nos cô­tés. »

Se­lon ces ex-em­ployés de Cahan, il reste des cen­taines de paires de bottes de 2e choix qui vont être dé­truites au lieu d’être ven­dues comme ce­la se fai­sait à l’époque de la bra­de­rie d’usine que les nou­veaux pro­prié­taires de la marque ont ra­pi­de­ment sup­pri­mé à leur ar­ri­vée.

Me Her­vieu a ex­pli­qué au con­seil des Prud’hommes que le li­cen­cie­ment des sa­la­riés du site de Cahan avait été dé­li­bé­ré­ment vou­lu par Mar­win ma­na­ge­ment en dé­non­çant sa mau­vaise stra­té­gie avec la baisse de la qua­li­té des matériaux, la fer­me­ture des points de vente.

Ces dé­ci­sions ont en­traî­né, entre autres, de nom­breux re­tours des pro­duits de la part des clients mé­con­tents.

Le dé­fen­seur de Mar­win ma­na­ge­ment, Me Les­sel­lier a in­sis­té sur le fait que la fer­me­ture de l’usine de Cahan n’était pas une dé­lo­ca­li­sa­tion au Ma­roc, dont l’usine Le Cha­meau de Ca­sa­blan­ca existe de­puis 1949.

« Ca­sa­blan­ca est un port et les in­fra­struc­tures n’ont rien de com­pa­rables avec celles de Cahan pour l’ex­pé­di­tion des mar­chan­dises vers l’étran­ger. Le site de Ca­sa­blan­ca est 5 fois plus im­por­tant que ce­lui de Cahan, qui pro­dui­sait 50.000 paires de bottes par an contre 250.000 au Ma­roc où le coût de pro­duc­tion est six fois moindre qu’en France. La fer­me­ture de Cahan a bien été re­con­nue comme étant éco­no­mique par le mi­nis­tère du tra­vail fran­çais » a ar­gu­men­té Me Les­sel­lier.

Par ailleurs, l’avo­cat du groupe Mar­win ma­na­ge­ment a rap­pe­lé que chaque cas des 30 plai­gnants est dif­fé­rent et que si le PSE (plan de sau­ve­garde de l’em­ploi) était dé­non­cé, chaque ex-sa­la­rié de­vrait rem­bour­ser la to­ta­li­té des sommes per­çues toutes su­pé­rieures aux 50.000 € fixés à la base.

Suite aux plai­doi­ries des deux avo­cats, le con­seil des Prud’hommes a mis son ju­ge­ment en dé­li­bé­ré et ren­dra sa dé­ci­sion, mar­di 12 décembre.

A la sor­tie du tri­bu­nal, les ex­sa­la­riés ne se fai­saient guère d’illu­sion sur leur sort; mais gardent tou­te­fois le sen­ti­ment d’être al­lés au bout de leur dé­marche.

« Si tout le monde dans notre si­tua­tion fai­sait comme nous, les choses bou­ge­raient peut-être dans le bon sens en France ! » ont-ils dé­cla­rés.

Les sa­la­riés de­vant le tri­bu­nal du con­seil des Prud’hommes d’Ar­gen­tan où la séance s’est te­nue, mar­di 10 oc­tobre.

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