Il vou­lait ré­cu­pé­rer son per­mis

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

La cour d’ap­pel de Caen a confir­mé, ven­dre­di, la peine pro­non­cée à l’en­contre de l’au­to­mo­bi­liste res­pon­sable de la mort d’Au­ré­lia Ta­ton, le 14 dé­cembre 2014, à Caen. La voi­ture de la Flé­rienne de 26 ans avait été très vio­lem­ment per­cu­tée par celle du chauf­fard, ave­nue Hen­ri-Ché­ron. Ivre, l’au­to­mo­bi­liste cir­cu­lait à 130 km/h en plein centre-ville. Il sor­tait de la même dis­co­thèque que sa vic­time.

Condam­né à trois ans de pri­son dont 18 mois avec sur­sis, le pré­ve­nu ne conteste ni sa culpa­bi­li­té, ni la peine d’em­pri­son­ne­ment, pro­non­cée le 29 juin der­nier. A la barre, l’élec­tri­cien sou­haite seule­ment ré­cu­pé­rer son per­mis de conduire, an­nu­lé. « Ou à dé­faut, pou­voir le re­pas­ser as­sez ra­pi­de­ment », nuance son avo­cat, Sé­bas­tien Re­vel.

Il y a quatre mois, le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel lui a in­ter­dit de re­pas­ser l’exa­men avant cinq ans. L’in­té­ri­maire craint pour son ave­nir pro­fes­sion­nel. « Un sa­la­rié qui ne peut pas se dé­pla­cer, on s’en sé­pare », plaide son avo­cat. Dans son en­tre­prise, il est le seul sa­la­rié à ne pas pou­voir prendre le vo­lant. Se­lon lui, la si­tua­tion com­mence à po­ser pro­blème.

Seule­ment voi­là, ses « an­té­cé­dents en­nuyeux » ne jouent pas en sa fa­veur, relève le pré­sident de la cour. Le jeune homme a dé­jà per­du son per­mis de conduire à trois re­prises. A chaque fois, il est ques­tion d’al­cool. Le pré­ve­nu est « très fra­gile et in­fluen­çable », constate le ma­gis­trat. Le jeune homme conteste. Il dit ne plus avoir tou­ché à une goutte d’al­cool de­puis son pla­ce­ment en dé­ten­tion pro­vi­soire.

Dans ses ré­qui­si­tions, l’avo­cat gé­né­ral l’af­firme d’em­blée : il n’est pas convain­cu par le chauf­fard qui cir­cu­lait à une vi­tesse « folle ». « Mon em­ploi, mon ave­nir, mon em­ployeur…. » Le re­pré­sen­tant du par­quet re­proche à l’au­to­mo­bi­liste d’être « tou­jours cen­tré sur sa per­sonne ».

Pen­dant l’au­dience, l’homme n’a pas ex­pri­mé le moindre re­gret « pour avoir pris une vie ». Le re­pré­sen­tant mi­nis­tère pu­blic avait de­man­dé à la cour de confir­mer la sanc­tion pro­non­cée il y a quatre mois. Il a été en­ten­du. L’élec­tri­cien, qui pour­rait bientôt bé­né­fi­cier d’une me­sure de se­mi-li­ber­té, ne re­pren­dra pas la route tout de suite. B.M.

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