Une Fer­toise poi­gnarde son com­pa­gnon : 30 mois de pri­son

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bcocage et Suisse normande -

Une fer­toise de 44 ans a été ju­gée lun­di 2 no­vembre par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan en com­pa­ru­tion im­mé­diate. Quelques jours plus tôt, elle a por­té plu­sieurs coups de cou­teau à son concu­bin.

Jeu­di 29 oc­tobre, vers 21 h, Ch­rys­tel C. ap­pelle le Sa­mu, di­sant à son in­ter­lo­cu­teur « j’ai poi­gnar­dé mon com­pa­gnon au ni­veau du coeur, faites vite ». Mal­gré son état dé­brié­té, 2,57 grammes d’al­cool par litre de sang, elle com­mu­nique son adresse et son iden­ti­té et pré­cise : « Il est dans le co­ma, ce que je lui ai mis, c’est mau­vais ». Les se­cours sont dé­pê­chés sur place et les ser­vices de gen­dar­me­rie sont pré­ve­nus. Un cou­teau est re­trou­vé au do­mi­cile du couple, l’ap­par­te­ment est dé­crit comme désor­don­né et sale.

« J’ai plan­té mon com­pa­gnon »

D’en­trée, la mise en cause dit aux pom­piers et en­quê­teurs « avoir plan­té son com­pa­gnon ». Pla­cée en garde à vue pour ten­ta­tive de meurtre, elle ex­plique qu’ils avaient été in­vi­tés chez des amis et que suite à une dis­pute, ces der­niers leur avaient de­man­dé de par­tir. Dans la rue, la dis­pute con­ti­nuant, elle se sai­sis­sait d’un cou­teau qu’elle avait pris chez leurs hôtes et en por­tait un coup, au ni­veau du coeur, à son com­pa­gnon. À la barre, elle re­late qu’elle sen­tait que son concu­bin al­lait la frap­per, ajoute qu’elle a pris le cou­teau chez les amis car elle a tou­jours une arme blanche sur elle.

Elle ré­pète, comme elle l’avait dé­cla­ré lors de la pro­cé­dure, qu’elle même su­bis­sait ré­gu­liè­re­ment des vio­lences. Elle fait état de côtes cas­sées, d’ab­do­men per­fo­ré et d’ar­rêt car­diaque. La pré­ve­nue dé­clare que trois jours avant les faits, son com­pa­gnon lui avait don­né un coup de mar­teau der­rière la nuque. Un exa­men mé­di­cal ef­fec­tué du­rant la garde à vue per­met­tra ef­fec­ti­ve­ment de consta­ter des hé­ma­tomes. Elle pré­cise qu’elle n’a ja­mais dé­po­sé plainte pour ces mul­tiples vio­lences.

Le trou noir

La vic­time qui n’est pas pré­sente à l’au­dience, n’a pas dé­po­sé plainte. Lui aus­si était al­coo­li­sé lors de la soi­rée des faits, 2,3 grammes par litre de sang. En­ten­du, il di­ra ne se sou­ve­nir de rien, dé­cla­rant : « c’est le trou noir » tout en ajou­tant, que se­lon lui sa concu­bine avait eu une crise de dé­mence ce soir-là et qu’elle l’avait dé­jà frap­pé. Le cer­ti­fi­cat mé­di­cal qui lui a été dé­li­vré men­tionne une plaie de 1,5 cen­ti­mètre à bords nets et des traces plus an­ciennes de coups. Le mé­de­cin du Sa­mu in­ter­ve­nant par­lait d’une plaie d’une pro­fon­deur de 4 cen­ti­mètres.

Lui, comme la pré­ve­nue ont, en au­di­tion, dé­cla­ré vou­loir se re­mettre en couple et se ma­rier.

Ques­tion­née par le pré­sident La­val­lière, elle ex­plique qu’elle ne vou­lait pas faire de mal à son com­pa­gnon, pré­ci­sant qu’elle pen­sait que la dou­doune qu’il por­tait al­lait amor­tir le coup. Elle dit re­gret­ter amè­re­ment son geste. Même ré­ponse quand le tri­bu­nal lui dit s’in­quié­ter for­te­ment sur ce qui au­rait pu se pas­ser.

L’expert psy­chia­trique a, dans ses conlu­sions, évo­qué une femme bat­tue de­puis tou­jours qui consomme de l’al­cool dans un but d’au­to-des­truc­tion et qui a un sen­ti­ment d’aban­don ori­gi­nel.

Dé­ten­tion

La pro­cu­reur rap­pelle que la vic­time n’a pas dé­po­sé plainte et qu’elle a été la­co­nique dans ses dé­cla­ra­tions. Elle re­lève que la pré­ve­nue n’a pas pris conscience de la gra­vi­té de son geste. Elle fait état de la re­la­tion pa­tho­gène du couple et du cercle vi­cieux créé par l’oi­si­ve­té et l’al­cool avant de re­qué­rir une peine d’em­pri­son­ne­ment ferme as­sor­tie d’un sur­sis eu égard à la gra­vi­té im­por­tante des faits qui au­raient pu tour­ner au drame.

Me Arin pour la dé­fense es­time que sa cliente n’a pas eu d’in­ten­tion meur­trière. Pour lui, la dé­ten­tion ne ré­gle­ra pas le pro­blème, la mise en cause a be­soin de soins, et ce n’est pas en dé­ten­tion qu’elle pour­ra les ob­te­nir. Sa cliente. est dé­cla­rée cou­pable de vio­lences avec arme.

Elle est condam­née à 30 mois d’em­pri­son­ne­ment dont 12 avec sur­sis avec une mise à l’épreuve de 36 mois as­sor­tis d’une obli­ga­tion de soins et de tra­vail. Son main­tien en dé­ten­tion est or­don­né.

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