Qui sont les sol­dats du car­ré mi­li­taire ?

L'Orne Combattante (SN) - - Condé Et Son Pays -

Con­dé pleure ses pre­miers sol­dats morts en oc­tobre 1914.

Émi­lien Brault, du 5e R.I, tué à Char­le­roi, lors de la ba­taille de Couillet Try Haie, est le pre­mier de la liste.

La semaine sui­vante suivent Mau­rice Col­las, du 119e d’In­fan­te­rie, 19 ans, mort le 2 oc­tobre suite à ses bles­sures, le lieu­te­nant Gus­tave Maul­ny, du 151e R.I, 27 ans et Jean-Fran­çois Hel­lio, né­go­ciant en chif­fon rue de vire, 35 ans, qui laisse une jeune épouse et un en­fant.

Sur ces quatre sol­dats, seuls deux trou­ve­ront le re­pos au car­ré 1914-1918 : Mau­rice Col­las et Fran­çois Hel­lio.

Le Sou­ve­nir fran­çais créé en 1887

Après la guerre fran­co-al­le­mande de 1870, la France et l’Al­le­magne s’en­gagent à en­tre­te­nir les tombes des sol­dats sur leurs ter­ri­toires. C’est la perte de l’Al­sace-Lor­raine qui in­cite le pro­fes­seur al­sa­cien, Fran­çoisXa­vier Nies­sen à créer, en 1887, Le Sou­ve­nir fran­çais.

La loi du 29 dé­cembre 1915 en­té­rine la créa­tion de sé­pul­tures in­di­vi­duelles pour les sol­dats fran­çais et les Al­liés tom­bés au front ou dé­cé­dés dans les hô­pi­taux mi­li­taires.

Un train fu­neste

Cer­taines fa­milles ré­cu­pèrent le corps de leurs dé­funts, d’abord illé­ga­le­ment, jus­qu’à la loi du 31 juillet 1920 qui pré­voit que la to­ta­li­té des frais de trans­fert au­to­ri­sé des corps de sol­dats morts soient dé­sor­mais à la charge de l’État.

Le 18 mars 1921 ar­ri­vé à la gare de Caen un fu­neste train ra­me­nant quatre wa­gons conte­nant plus de 80 cer­cueils de sol­dats de notre ré­gion tom­bés au champ d’hon­neur et pro­ve­nant de la Somme et du Nord.

Les pre­miers corps ar­ri­vés en gare de Con­dé ont été ceux de James Beck, de Prous­sy, mort le 16 sep­tembre 1914 à Pon­toi­se­lès-Noyon, Gus­tave La­motte, mort à l’en­ne­mi le 10 août 1918 et Ro­bert Le­mière, mort le 29 mai 1916 à Ver­dun.

Pre­mière cé­lé­bra­tion le 11 no­vembre 1919

Il faut at­tendre juin 1921 pour que la com­mune, grâce à mon­sieur Le­lan­dais, dé­cide qu’à chaque re­tour de corps de mi­li­taires morts pour la France deux conseillers mu­ni­ci­paux soient convo­qués pour as­sis­ter of­fi­ciel­le­ment aux obsèques.

Hen­ri Ha­mon est l’un des pre­miers à avoir cet hon­neur le 18 juin 1921. Hen­ri, an­cien gar­çon de ca­fé, est mort pour la France le 11 juin 1917 à l’hô­pi­tal n°1 de Beau­vais.

La pre­mière cé­lé­bra­tion de 11 no­vembre à Con­dé eut lieu en 1919 à l’an­cien ci­me­tière, de­vant la tombe des sol­dats de 1870. Les clai­rons ont son­né aux champs, puis le Cercle mu­si­cal à fait en­tendre la Marche Fu­nèbre de Cho­pin. Sur la tombe fut dé­po­sée une gerbe de fleurs, hom­mage de la ville aux morts pour la Pa­trie.

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