Le maire de La Ferté-Ma­cé évoque l’éva­sion post-élec­to­rale

Cinq se­maines cou­pé du monde. Maire de La Ferté-Ma­cé ra­conte dans un livre son échap­pée aux îles Hé­brides. Un voyage aux confins de l’Ecosse, mais sur­tout aux confins de lui-même.

L'Orne Combattante (SN) - - Loisirs - Va­len­tin Bi­ret

« J’ai eu peur de faire un burn-out ». Après sa ré­élec­tion aux élec­tions mu­ni­ci­pales de 2014, le maire de La Ferté-Ma­cé se de­mande s’il pour­ra te­nir six an­nées de plus à ce rythme. La cam­pagne élec­to­rale qui vient de s’écou­ler a été érein­tante et Jacques Dal­mont sent qu’il a be­soin d’une cou­pure to­tale. « En 2008, je n’avais rien à prou­ver, je de­vais sur­tout me faire connaître. Mais en 2014, c’était une ré­élec­tion, il fal­lait dé­fendre un pro­jet. J’avais peur de ne pas as­su­mer ma fonc­tion. Pen­dant la cam­pagne, je crai­gnais les mau­vais coups et j’y ai lais­sé beau­coup d’éner­gie », ra­conte l’élu lo­cal.

Iles de rêve et de so­li­tude

Il dé­cide alors de pas­ser plus de cinq se­maines seul aux îles Hé­brides, aux confins NordOuest de l’Ecosse. « Ces en­droits hors du com­mun, qui échappent à toute pres­sion tou­ris­tique, m’ont tou­jours fait rê­ver », confie le na­tif de Saint-Lô.

Jacques Dal­mont passe le mois de juin 2014 à pré­pa­rer ses af­faires pour af­fron­ter le cli­mat et le re­lief aus­tères des piles de Skye, Har­ris, Ayr… Par­ti en voi­ture, il em­barque avec lui un vé­lo, deux toiles de tentes et quelques livres. « Je sou­hai­tais avoir tout le confort du cam­ping, je ne vou­lais pas être blo­qué par des pro­blèmes ma­té­riels ». Dans son sac à dos, sa fille glisse un ap­pa­reil pho­tos qui, même si le maire fer­tois ne le sait pas en­core, lui ser­vi­ra à

fixer ses sou­ve­nirs, ses émo­tions.

Pas pré­mé­di­té

Mais en au­cun cas, le livre de Jacques Dal­mont n’est un acte pré­mé­di­té. « J’ai te­nu un car­net de bord pour par­ler à quel­qu’un. C’était d’abord pour éva­cuer les choses que j’avais en moi ». Le Fer­tois de 58 ans y note ses ren­contres, son im­pres­sion de li­ber­té to­tale et ses émo­tions. En par­ti­cu­lier, « le contraste avec la vie pu­blique, le fait de sor­tir de toute contrainte so­ciale, de tout ho­raire. Ce qui trans­pa­raît dans mes notes, c’est la mon­tée en puis­sance de cette émo­tion ». L’édile y note éga­le­ment les ci­ta­tions qui l’ins­pirent, de Syl­vain Tes­son à Vic­tor Hu­go.

Conti­nuer à faire vivre son ex­pé­rience

Pen­dant sa pa­ren­thèse écos­saise, Jacques Dal­mont mène une vie au grand air, entre marche à pied et ran­don­nées à vé­lo. Au to­tal, 1100 ki­lo­mètres ava­lés en cinq se­maines. Un voyage dont il re­vient res­sour­cé. « J’étais content de ren­trer, même si la réa­li­té vous rat­trape très vite », confie l’élu lo­cal. « J’étais prêt à re­dé­mar­rer, je n’avais plus peur du burn-out et en même temps j’ai conti­nué à faire vivre ce voyage ». Comment ? En l’évo­quant au­tour de lui, mais sur­tout en édi­tant un livre, Les piles Hé­brides, car­net de voyage aux confins Nord-Ouest de l’Ecosse, aux confins de moi-même.

Convain­cu par sa nièce, il pu­blie ce car­net à 1500 exem­plaires. « Jus­qu’à la pa­ru­tion, j’y ai pas­sé toutes mes soi­rées et tous mes week-ends ». De­puis juin der­nier, il est en vente dans de nom­breuses li­brai­ries, de Lille à La­val en pas­sant par Rouen, Caen, Le Mans et bien sûr les grandes com­munes de l’Orne.

Jacques Dal­mont es­père dé­sor­mais par­ta­ger ce voyage avec un maxi­mum de lecteurs.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.