« J’ai une dette en­vers l’hô­pi­tal de Flers »

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse normande - L.L.

Amri Has­naoui, un Flé­rien de 70 ans souf­frait d’une in­suf­fi­sance ré­nale, d’une hé­pa­tite C. Gref­fé d’un rein en août der­nier, l’homme veut té­moi­gner des soins qu’il a re­çus au centre hos­pi­ta­lier Mo­nod. « Ils m’ont sau­vé ».

En proie à d’im­por­tants pro­blèmes de san­té, hé­pa­tite C avec cir­rhose du foie et in­suf­fi­sance ré­nale, Amri Has­naoui re­joint en 2012 Flers sur les conseils de son frère, anes­thé­siste. «À l’époque, il n’était pas pos­sible de réa­li­ser une greffe du rein, c’était fou­tu » ex­plique le sep­tua­gé­naire. Il ren­contre le né­phro­logue flé­rien qui met en place une dia­lyse. « Il y avait très peu d’es­poir pour mon foie à cause de l’hé­pa­thite ». Pour­tant à Flers, le mé­de­cin dé­cide de ten­ter un nou­veau mé­di­ca­ment en pro­ve­nance des Etats-Unis. « Il ap­porte 60 % de chances de gué­ri­son de l’hé­pa­thite mais les ef­fets se­con­daires sont ter­ribles » pour­suit le pa­tient qui ac­cepte de ten­ter l’ex­pé­rience. « J’ai sup­por­té car je suis ha­bi­tué à souf­frir ». Au fil des mois, la ma­la­die ré­gresse jus­qu’à être neu­tra­li­sée. Amri Has­noaui du­rant 4 ans suit une dia­lyse à rai­son de 4 heures, trois fois par se­maine. La greffe du rein de­vient en­vi­sa­geable.

« Une im­mense preuve

d’amour »

« Ma femme qui était com­pa­tible m’a pro­po­sé de don­ner un rein. Mais je ne vou­lais pas, un seul ma­lade dans la famille, ce­la suf­fit ! Elle m’a ré­pon­du : en te don­nant un rein, on de­vient libre ». « J’ai fi­na­le­ment ac­cep­té » ex­plique les larmes aux yeux, le Flé­rien. L’opé­ra­tion était pro­gram­mée le 28 août der­nier mais trois jours avant le té­lé­phone sonne. « On m’a in­di­qué qu’un rein était dis­po­nible. L’am­bu­lance l’ache­mine ra­pi­de­ment au CHU de Caen où il est opé­ré le soir même. Quelques se­maines plus tard, Amri pour­suit sa conva­les­cence sans dia­lyse. « Ma femme n’a pas été opé­rée, elle m’a of­fert une im­mense preuve d’amour ». Pe­tit à pe­tit, l’homme re­trouve de nou­velles fa­cul­tés. « L’hô­pi­tal de Flers m’a sau­vé. Le per­son­nel, les mé­de­cins sont des gens très com­pé­tents, j’ai une dette en­vers eux ». Ce­lui qui a tra­vaillé pour le compte du co­mi­té du tou­risme du Ma­roc dans dif­fé­rents pays du globe ima­gine créer une fi­lière du tou­risme sa­ni­taire spé­cia­li­sée dans la greffe. « Je vais trou­ver un ju­riste pour voir s’il faut créer une as­so­cia­tion ou mon­ter un pro­jet pri­vé, mais il y a tout le po­ten­tiel et le sé­rieux ici pour le faire, sans comp­ter que la ré­gion est belle ».

En at­ten­dant, plein de gra­ti­tude Amri Has­naoui sa­voure chaque jour une san­té re­trou­vée et pense à écrire un livre sur ce qu’il a vé­cu.

Amri Has­naoui sa­lue le tra­vail de l’hô­pi­tal de Flers.

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