Les sa­la­riés de Le Cha­meau so­li­daires

La nuit meur­trière à Pa­ris a cau­sé l’émoi au sein de la po­pu­la­tion. La ma­ni­fes­ta­tion pré­vue à Pont-d’Ouilly en sou­tien des sa­la­riés de Le Cha­meau a tour­né court.

L'Orne Combattante (SN) - - La Une - G.V.

Vu la si­tua­tion du pays suite aux at­ten­tats meur­triers de la nuit du 13 au 14 no­vembre à Pa­ris, la France est dé­cré­tée en état d’ur­gence. En théo­rie les dé­fi­lés sur la voie pu­blique sont in­ter­dits. Les sa­la­riés de l’usine Le Cha­meau de Ca­han, s’ils ont main­te­nu le ras­sem­ble­ment sur le stade de Pont-d’Ouilly, ce­lui-ci s’est trans­for­mé en ras­sem­ble­ment ci­toyen pour rendre hom­mage aux vic­times des at­ten­tats. Un ras­sem­ble­ment que Alain Lebas, au nom de l’in­ter­syn­di­cale était à deux doigts d’an­nu­ler.

Plu­sieurs cen­taines de per­sonnes se sont ras­sem­blées par­mi les­quelles de nom­breux élus du sec­teur et de la ré­gion no­tam­ment le pré­sident du con­seil ré­gio­nal Alain Beau­vais et le vice-pré­sident Ya­nic Sou­bien, aux cô­tés des Le Cha­meau de­puis le dé­but.

Ma­nif re­por­tée

Pas de prises de pa­role, contrai­re­ment à ce qui était pré­vu mais un dis­cours em­preint d’émo­tion de la part d’Alain Lebas, dé­lé­gué Force ou­vrière, qui a de­man­dé deux mi­nutes de si­lence à l’as­sis­tance en mé­moire aux vic­times des tueries de la nuit pré­cé­dente dans la ca­pi­tale fran­çaise. Mi­nutes de si­lence dans une at­mo­sphère lourde qui ont été par­fai­te­ment res­pec­tées.

« La si­tua­tion ac­tuelle ne nous per­met pas de nous réunir en so­li­da­ri­té pour l’usine Le Cha­meau. Ce qui s’est pas­sé hier soir (NDLR : ven­dre­di 13 no­vembre) avec la bar­ba­rie qui a tué plus de 120 per­sonnes et face à l’in­ac­cep­table nous de­vons res­ter unis et ce ma­tin, c’est d’abord un ras­sem­ble­ment ci­toyen en sou­tien et en pen­sée à toutes ces fa­milles, bles­sées, meur­tries dans leur chair. Si nous, les sa­la­riés de Le Cha­meau, sommes les vic­times d’une guerre éco­no­mique, la France est en­trée dans un cycle de vio­lence que l’on peut dé­fi­nir comme une guerre. […] Nous nous re­trou­ve­rons à un autre mo­ment pour ex­pri­mer notre co­lère, mais ne nous trom­pons pas de ren­dez-vous. Au­jourd’hui, c’est notre li­ber­té que nous dé­fen­dons. De­main, nous nous re­trou­ve­rons pour dé­fendre notre droit de tra­vailler. »

Ce n’est qu’après que Chan­tal Sé­bire, de l’union lo­cale CGT a pris la pa­role pour dé­non­cer les agis­se­ments du fonds de pen­sion Marwyn Part­ners qui a dé­ci­dé de li­qui­der le site de production Le Cha­meau de Ca­han. Une in­ter­ven­tion qui n’était pas du goût d’Alain Lebas qui avait de­man­dé de ne pas in­ter­ve­nir en res­pect des évé­ne­ments pa­ri­siens.

De fait, la ma­ni­fes­ta­tion en fa­veur des Le Cha­meau se­ra or­ga­ni­sée dès que pos­sible dans les mêmes condi­tions que celles qui étaient pré­vues ce sa­me­di 14 no­vembre. Après de longues mi­nutes de si­lence, cha­cun a quit­té pro­gres­si­ve­ment le stade.

L’émo­tion était vive ce sa­me­di ma­tin sur le stade de Pont-d’Ouilly au len­de­main des at­ten­tats meur­triers de Pa­ris.

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