Un Fer­tois en pri­son

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse normande - V.B.

Plu­sieurs armes dont un fu­sil à pompe, des sty­los 22 long rifle et de très nom­breuses mu­ni­tions re­trou­vées chez un jeune homme de 24 ans à La Fer­té-Ma­cé. Il a été condam­né à 8 mois de pri­son ferme.

Ven­dre­di 20 no­vembre, plu­sieurs armes lé­tales consi­dé­rées comme armes de guerre, un fu­sil à pompe et des sty­los ma­quillés 22 long rifle ont été re­trou­vés lors d’une per­qui­si­tion ad­mi­nis­tra­tive au do­mi­cile d’un jeune homme à La Fer­té-Ma­cé. Ju­gé ce lun­di pour dé­ten­tion illé­gale d’armes de ca­te­go­ries A, B et C, le Fer­tois de 24 ans en­cou­rait, se­lon la loi, au moins 5 ans de pri­son ferme si les faits sont avé­rés.

« De très nom­breuses mu­ni­tions »

Peu avant la com­pa­ru­tion im­mé­diate qui avait lieu ce lun­di, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique Hugues de Phi­ly évo­quait « 8 armes sai­sies, de type armes de guerre et de très nom­breuses mu­ni­tions de 22 long rifle, gomme cogne et des balles pour fu­sil à pompe ». Connu sur le plan ju­di­ciaire, l’in­di­vi­du est ori­gi­naire de la ré­gion. Il a dé­jà été condam­né à une peine de pri­son ferme.

Pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire à la mai­son d’ar­rêt de Cou­laines, il a été pla­cé en garde à vue dès ven­dre­di ma­tin et pré­sen­té au par­quet sa­me­di.

Ache­tées illé­ga­le­ment

Lun­di, Ar­naud B. com­pa­rais­sait sous es­corte po­li­cière au tri­bu­nal d’Ar­gen­tan. Em­ployé d’un éta­blis­se­ment sco­laire dans le cadre d’un contrat d’ave­nir, le jeune homme semble me­ner une vie « nor­male » avec sa com­pagne et leur en­fant en bas âge. A la dif­fé­rence que le Fer­tois est, se­lon ses dires, un pas­sion­né d’armes en tous genres qu’il col­lec­tionne à son do­mi­cile. Des armes qui vont du cou­teau au fu­sil à pompe en pas­sant par la ma­traque té­lé­sco­pique. Com­ment se les pro­cure-t-il ? « A part le pis­to­let à poudre, je ne les ai pas ache­tées lé­ga­le­ment », re­con­naît l’in­té­res­sé. « Une par­tie sur in­ter­net, une par­tie à des per­sonnes ». « Vous n’avez pas don­né les noms », fait re­mar­quer le pré­sident du tri­bu­nal. « Je ne veux pas avoir de pro­blèmes », ré­pond le Fer­tois, qui ajoute : « Je n’ai pas ven­du d’armes, je ven­dais du ma­té­riel de classe D2 (Armes et ma­té­riels dont l’ac­qui­si­tion et la dé­ten­tion sont libres, ndlr) ».

Des armes fa­bri­quées

Ar­naud B. fi­ni­ra par lâ­cher : « on m’en a pro­po­sé… Des per­sonnes que j’ai ren­con­trées en pri­son, que j’ai re­vues de­hors ». Des armes ache­tées « avec mon ar­gent », pour­suit le Fer­tois. « 400-450€ pour le fu­sil à pompe, 190€ pour la ca­ra­bine », mais aus­si des armes fa­bri­quées, pro­ba­ble­ment à son do­mi­cile. A l’image de ces sty­los ma­quillés ti­rant des mu­ni­tions 22 long rifle. « Des armes très par­ti­cu­lières, uti­li­sées no­tam­ment en dé­ten­tion », fai­sait re­mar­quer le pré­sident du tri­bu­nal.

Dans le ga­rage du pré­ve­nu, on évoque aus­si « des trous qui de­vaient ser­vir à ca­cher les armes « car je ne vou­lais pas me faire at­tra­per et al­ler en pri­son ». Dans le ca­gi­bi, un tour « pour fa­bri­quer des clés de ser­rure, que je re­ven­dais », ex­plique le jeune homme.

Des armes pour « mon­ter au bra­quage »

Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique ne cache pas son in­quié­tude face aux « nom­breuses mu­ni­tions re­trou­vées. « Des mu­ni­tions de fu­sil à pompe, sept ou huit gomme cogne, des balles de fu­sil de chasse… Ca peut tra­ver­ser un gi­let pare-balle, ça vous per­met en gé­né­ral de mon­ter au bra­quage ».

Evo­quant « un homme dan­ge­reux », dont la chambre est « en­com­brée d’armes », vi­vant dans un lo­ge­ment avec une pièce « qui sert à usi­ner et s’en­traî­ner », le pro­cu­reur rap­pelle que des sty­los 22 long rifle ont ré­cem­ment été uti­li­sés par des jeunes de Flers lors d’une course-pour­suite dans le Bo­cage. « Je pense que ce Mon­sieur avait dé­ci­dé de mon­ter en puis­sance dans son ac­ti­vi­té. Je crois que les gen­darmes sont ar­ri­vés à temps ».

Etat d’ur­gence

« J’ai vrai­ment l’im­pres­sion que mon client est en train d’es­suyer les plâtres de l’état d’ur­gence », op­pose Me Bar­ry, pour la dé­fense. « On n’est pas face à quel­qu’un qui est dans une chambre forte rem­plie d’armes, qui a op­po­sé une ré­sis­tance ». L’avo­cat parle plu­tôt d’un pas­sion­né d’armes, « un hob­by qui peut pa­raître sur­pre­nant mais heu­reu­se­ment, on est loin de ce qu’on es­saie de nous dé­crire […] S’il avait vrai­ment eu des in­ten­tions cri­mi­nelles, il n’au­rait pas lais­sé ses armes chez lui, dans sa chambre ! »

« Je veux que la dif­fé­rence soit faite entre les armes qui sont dan­ge­reuses, et moi qui ne suis pas dan­ge­reux », ajoute Ar­naud B.

8 mois ferme

Dé­cla­ré coupable des faits qui lui sont re­pro­chés, le Fer­tois de 24 ans a été condam­né à 15 mois de pri­son dont sept avec sur­sis, avec main­tien en dé­ten­tion. Il a in­ter­dic­tion de dé­te­nir ou por­ter une arme, obli­ga­tion de tra­vailler et écope d’une amende de 500€, avec confis­ca­tion des scel­lés.

D’autres per­qui­si­tions ad­mi­nis­tra­tives ont été or­don­nées par le pré­fet.

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