À Flers

À l’ini­tia­tive de Vivre en­semble la fra­ter­ni­té, groupe in­ter­re­li­gieux, un temps de re­cueille­ment était or­ga­ni­sé sa­me­di 21 no­vembre. Plu­sieurs mes­sages ont été lus en hom­mage aux vic­times des at­ten­tats de Pa­ris. Ex­traits.

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse normande - M.T.

Athées, mu­sul­mans, chré­tiens, ca­tho­liques ou pro­tes­tants… La salle de la Ro­tonde était presque trop pe­tite pour ac­cueillir plus d’une cen­taine de per­sonnes sa­me­di 21 no­vembre. Chaque com­mu­nau­té s’est ex­pri­mée suite aux at­ten­tats de Pa­ris.

Ja­nine Bonte de Vivre en­semble la fra­ter­ni­té

« C’est un temps de re­cueille­ment en mé­moire des per­sonnes dé­cé­dées à Pa­ris mais aus­si au Ma­li. On n’est pas d’ac­cord sur tout mais ce soir, on a la même pen­sée. »

Ma­rie-Fran­çoise Des­fou­gères

Cette athée hu­ma­niste a lu un texte que Las­sa­na Diar­ra, joueur de l’équipe de France de football qui a per­du une cou­sine dans les at­ten­tats, a pos­té sur son compte Twit­ter. En voi­ci un ex­trait : « Dans ce cli­mat de ter­reur, il est im­por­tant pour nous tous, qui sommes re­pré­sen­tants de notre pays et de sa di­ver­si­té, de prendre la pa­role et de res­ter unis face à une hor­reur qui n’a ni cou­leur, ni re­li­gion. Dé­fen­dons en­semble l’amour, le res­pect et la paix. »

Père Phi­lippe Pot­tier

« Ce sont des temps dif­fi­ciles. Nous sommes tou­chés en plein coeur. On a mis à mal le dé­sir de construire une terre fra­ter­nelle. Nous avons be­soin de nous re­trou­ver tous en­semble. Ici à Flers, il existe une belle his­toire d’ami­tié entre les com­mu­nau­tés. Nous avons tis­sé des liens de­puis de nom­breuses an­nées. On ne pour­ra avan­cer que si on en­tre­tient le dia­logue entre nous. At­ten­tion aux amal­games et à la re­cherche du bouc émis­saire. Nous de­vons trou­ver le cou­rage de nous dres­ser et de ré­sis­ter. »

Ab­del­gha­ni Sa­fou, de Vivre en­semble

« On est aba­sour­dis. C’est un temps d’épreuve. Ce­la touche nos va­leurs et nos idéaux. La com­mu­nau­té mu­sul­mane a peur de se mon­trer. La com­mu­nau­té mu­sul­mane est tou­chée et bles­sée. Ceux qui ont fait ces at­ten­tats ne suivent qu’une idéo­lo­gie an­ces­trale. Ils lisent le Co­ran mais il ne dé­pas­se­ra pas leur go­sier. Si ces or­ga­ni­sa­tions ont mal­heu­reu­se­ment réus­si par­fois à em­bri­ga­der et à re­cru­ter des jeunes de dif­fé­rents ho­ri­zons pour ser­vir leurs pro­jets chao­tiques, c’est parce qu’ils ont, entre autres, ins­tru­men­ta­li­sé les textes re­li­gieux après leur avoir at­tri­bué une in­ter­pré­ta­tion dé­voyée. La fra­gi­li­té psy­cho­lo­gique et so­ciale de cer­tains jeunes et les nou­veaux moyens de com­mu­ni­ca­tion sont les fer­ti­li­sants d’un ter­reau qui a don­né vie à cette gan­grène des temps mo­dernes. Sur le plan re­li­gieux, les mu­sul­mans doivent as­su­mer leurs res­pon­sa­bi­li­tés. Il faut évi­ter ce genre de dé­rives et avoir des ré­fé­rents re­li­gieux connus et re­con­nus, doués de science et de sa­gesse. Ces or­ga­ni­sa­tions vivent dans un monde ima­gi­naire et pa­ral­lèle et se donnent un rôle de sauveur de l’hu­ma­ni­té. On dit qu’on ne nous en­tend pas as­sez condam­ner ces actes. Mais on ne fait que ça. Il faut sor­tir de ce bour­bier. »

Vey­sel Çe­le­bi, imam de la mos­quée turque

« C’est très dou­lou­reux. Il n’y a pas de mot pour qua­li­fier ce­la. Ceux qui ont com­mis ces actes ne sont pas des per­sonnes. Nous condam­nons ces actes vio­lents. Quelle que soit la re­li­gion, nous ve­nons du même père et de la même mère. Quelle que soit la cou­leur de peau, il faut se ser­rer les coudes. Il faut gar­der la tête haute. Ce sont des im­bé­ciles qui ont fait ça. Mais ils sont mi­no­ri­taires. Ce­la fait mal à la com­mu­nau­té mu­sul­mane. »

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