Les ins­ti­tu­tions s’or­ga­nisent contre les vio­lences faites aux femmes

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse normande - TG

At­ten­tion, des per­sonnes mal­in­ten­tion­nées se font ac­tuel­le­ment pas­ser, au té­lé­phone, pour des agents de la di­rec­tion de l’eau et de l’as­sai­nis­se­ment de l’Ag­glo­mé­ra­tion de Flers. C’est une ar­naque !

« Ils laissent un mes­sage té­lé­pho­nique aux abon­nés leur in­di­quant une fuite d’eau sur leur ré­seau et les in­vitent à rap­pe­ler un nu­mé­ro com­men­çant par 0 800… », in­dique Flers Ag­glo dans un com­mu­ni­qué.

Il ne faut sur­tout pas rap­pe­ler ce nu­mé­ro qui ne pro­vient pas du ser­vice des eaux « qui n’a pas de ligne en 0 800… ».

Pour rap­pel, le nu­mé­ro de té­lé­phone clien­tèle de la di­rec­tion de l’eau et de l’as­sai­nis­se­ment est le 02 33 98 44 44.

De­puis le mois de sep­tembre, l’ac­cueil clien­tèle du ser­vice a été trans­fé­ré au 1, rue d’Athis à Flers, à l’angle avec la rue de Pa­ris.

C’était un lan­ce­ment en grande pompe pour une se­maine en­tière dé­diée à la pré­ven­tion des vio­lences faites aux femmes. Lun­di 23 no­vembre, dans l’am­phi­théâtre du ly­cée Jean-Gué­hen­no de Flers, une as­sem­blée de pro­fes­sion­nels étaient réunie pour une jour­née de for­ma­tion in­ter­ins­ti­tu­tion­nelle au­tour d’un thème em­blé­ma­tique : « Le har­cè­le­ment mo­ral dans la vie pri­vée, une guerre qui ne dit pas son nom ».

Plu­sieurs per­son­na­li­tés étaient pré­sentes, comme le pré­fet de l’Orne, Isa­belle Da­vid, mon­trant tout l’in­té­rêt por­té à ce su­jet. Ma­rie-Paule Re­gnault-Lug­bull, pré­si­dente du tri­bu­nal de grande ins­tance d’Ar­gen­tan, se char­geait d’un rôle de mo­dé­ra­tion. Laurent Hin­cker, avo­cat, et Ani­ta Tos­ti­vint, psy­cho­logue du CNIDFF (Centre na­tio­nal d’in­for­ma­tion sur les droits des femmes et des fa­milles) sont aus­si in­ter­ve­nus lors de cette jour­née.

En pré­am­bule, tout en sou­hai­tant que cette se­maine soit utile pour « ren­for­cer le tra­vail en ré­seau », le dé­pu­té maire de Flers, Yves Goas­doué a évo­qué « un su­jet dé­li­cat et sans fin. Dé­li­cat, parce qu’on en voit tou­jours que la face im­mer­gée lors­qu’on a des si­gna­le­ments ou des plaintes. Et on peut être à peu près cer­tains qu’on est sur un dixième du pro­blème ».

Isa­belle Da­vid, pré­fet de l’Orne, a en­suite pris la pa­role : « La lutte contre les vio­lences faites aux femmes, ça com­mence quand les en­fants sont touts pe­tits. Les ca­ri­ca­tures, c’est : les filles ont le droit de pleu­rer, les gar­çons n’ont pas le droit. Et je sais que les écoles sont très sen­sibles à lut­ter contre ces sté­réo­types sexistes ».

Ex­pli­quant que « les vio­lences conju­gales, les vio­lences in­tra­fa­mi­liales » sont des faits dif­fi­ciles à ap­pré­hen­der car ils sont ca­rac­té­ri­sés par « un mé­lange d’amour et de vio­lence », le pré­fet a pour­sui­vi en dé­cla­rant : « Il y a vrai­ment un énorme tra­vail à faire sur le fait que les per­sonnes qui sont vic­times de vio­lences ar­rivent à prendre conscience que ce n’est pas un com­por­te­ment nor­mal ». En somme, si vous êtes vic­time de vio­lences conju­gales, il faut en par­ler, de­man­der de l’aide et, éven­tuel­le­ment, dé­po­ser une plainte. C’est sû­re­ment la seule fa­çon de faire ces­ser une si­tua­tion in­ac­cep­table.

Pour­sui­vant son pro­pos, le pré­fet a in­di­qué que les vio­lences phy­siques ne sont pas les seules vio­lences conju­gales : « Il y a les vio­lences psy­cho­lo­giques. Elles sont beau­coup plus dif­fuses, beau­coup plus sour­noises, per­verses ».

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