Re­laxé dans une af­faire d’agres­sion d’un ado­les­cent

L'Orne Combattante (SN) - - En Bocage Et Suisse Normande -

Un Flé­rien de 42 ans com­pa­rais­sait de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan, lun­di 7 dé­cembre. Il lui était re­pro­ché une ten­ta­tive d’ex­tor­sion de fonds et des vio­lences com­mises à Flers sur un ado­les­cent de 16 ans. Il de­vait être ju­gé, en com­pa­ru­tion im­mé­diate, lun­di 9 no­vembre, deux jours après les faits, mais il avait choi­si de pré­pa­rer sa dé­fense. Le pré­ve­nu avait été pla­cé sous contrôle ju­di­ciaire.

Les faits re­montent au sa­me­di 7 no­vembre, vers 16 heures. Un ado­les­cent qui sor­tait du res­tau­rant où il tra­vaillait au­rait croi­sé cet homme qui l’au­rait agres­sé. La vic­time au­rait été at­ti­rée dans un hall d’im­meuble si­tué dans une im­passe.

Son agres­seur lui au­rait alors fait les poches avant de lui por­ter un coup de poing au ventre et au vi­sage puis de sor­tir un cou­teau. « Je vais te plan­ter », au­rait-il dit.

L’ado­les­cent au­rait réus­si à se dé­ga­ger en lui por­tant un coup de poing. Grâce au si­gna­le­ment four­ni par la vic­time, le qua­dra­gé­naire est in­ter­pel­lé. Il cor­res­pond phy­si­que­ment et sa te­nue ves­ti­men­taire est la même que celle dé­crite. De plus, les forces de l’ordre dé­couvrent à son do­mi­cile un cou­teau si­mi­laire à ce­lui qui au­rait été uti­li­sé lors de l’agres­sion.

Lors de l’en­quête, l’homme nie les faits. A la barre, il re­nou­velle ses dé­né­ga­tions et four­nit un ali­bi autre que ce­lui don­né lors de la pro­cé­dure. Il ex­plique qu’il se trou­vait chez lui à l’heure où l’agres­sion a été com­mise.

Il ad­met qu’il est pas­sé près des lieux mais ne pas com­prendre pour­quoi il a été re­con­nu. « J’ha­bite dans le quar­tier, il a dû me voir ».

Par ailleurs, l’en­quête per­met­tra d’éta­blir que le pré­ve­nu n’est pas en­tré dans le bar men­tion­né par la vic­time.

Pré­sent à l’au­dience, l’ado­les­cent main­tient re­con­naître le pré­ve­nu « sur­tout les vê­te­ments » et dit avoir dé­jà été agres­sé ver­ba­le­ment par le mis en cause un an et de­mi au­pa­ra­vant. « Quand ça s’est pas­sé, j’ai pen­sé à ma mère, j’ai cru que j’al­lais mou­rir », ajoute-til. « Il a dû se trom­per », main­tient le qua­dra­gé­naire.

Me Goe­lau pour la par­tie ci­vile rap­pelle que son jeune client a bien re­con­nu l’au­teur. Elle pré­cise que ce­lui-ci est trau­ma­ti­sé, qu’il a le droit de re­trou­ver une vie nor­male et qu’il a la peur au ventre.

Pour Yves Cou­roux, sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, « c’est une bien ter­rible épreuve » que vit la vic­time.

Pour lui, la ver­sion du pré­ve­nu, comme celle d’un té­moin, est au­jourd’hui des re­vi­re­ments par rap­port aux dé­cla­ra­tions four­nies de­vant les ser­vices de po­lice, contrai­re­ment à celle de la vic­time.

Il es­time que le mis en cause a pu avoir un coup de fo­lie avant de re­qué­rir une peine de 3 mois d’em­pri­son­ne­ment avec sur­sis.

Me Mar­chand, rap­pelle pour la dé­fense que son client a été diag­nos­ti­qué schi­zo­phrène il y a 20 ans et qu’il a un trai­te­ment ex­trê­me­ment lourd. Pour elle, le dos­sier ne lui cor­res­pond pas, il n’est « pas agres­sif, il est gen­til, calme, pa­ci­fiste ».

Elle es­time que les dé­cla­ra­tions de la vic­time sont floues et qu’il n’y a rien dans le dos­sier pour condam­ner son client, par ailleurs pri­mo-dé­lin­quant.

Le tri­bu­nal a fi­na­le­ment re­laxé le Flé­rien au bé­né­fice du doute.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.