La ca­ma­ra­de­rie est res­tée un maître mot chez les mi­neurs

L'Orne Combattante (SN) - - Flers Et Son Pays -

Sainte-Barbe est, his­to­ri­que­ment, la sainte pa­tronne des sa­peurs pom­piers et des mi­neurs. Étant don­né qu’il existe, de nos jours, plus de pom­piers que de mi­neurs, la ten­dance vou­drait que soit ou­blié le lien entre ce per­son­nage re­li­gieux et cette cor­po­ra­tion.

Pour les an­ciens mi­neurs de la Fer­rière-aux-Etangs, c’est une tra­di­tion im­por­tante. Ils n’ou­blient pas, à ce titre, de la res­pec­ter.

Cette an­née, cette fête a d’abord com­men­cé par un of­fice re­li­gieux, cé­lé­bré par l’ab­bé Pel­le­rin, dans une église bien rem­plie.

Une tra­di­tion

À la Fer­rière-aux-Etangs, la pre­mière messe a eu lieu le 4 dé­cembre 1898 suite à des son­dages du sol qui s’étaient ré­vé­lés po­si­tifs par la so­cié­té De­nain-An­zin.

Les ac­tuels re­trai­tés de la mine ra­content que, du­rant cette messe, les in­gé­nieurs avaient of­fert le pain bé­ni à une qua­ran­taine d’ou­vriers em­ployés aux son­dages.

Un grand ban­quet au­rait réuni le cler­gé, les au­to­ri­tés et les fonc­tion­naires de la com­mune.

L’Ab­bé Bo­bot au­rait le­vé son verre en sou­hai­tant la bien­ve­nue à la so­cié­té mi­nière et à la réus­site de son en­tre­prise (cette anec­dote est is­sue d’un livre ré­di­gé par Ma­rie-Claire Le­fèvre).

Mau­vais et bons sou­ve­nirs

En ce di­manche 6 dé­cembre 2015, quatre an­ciens mi­neurs étaient pré­sents pour cou­per les mor­ceaux de brioches qui, une fois bé­nis, ont été of­ferts en fin de messe.

Gil­bert, qui tra­vaillait en salle des ma­chines pour des­cendre le per­son­nel et le ma­té­riel se sou­vient : « Ce ne sont que de bons sou­ve­nirs ».

Pour Louis, c’est la mé­moire d’un tra­vail dif­fi­cile qui reste : « C’est le mo­ral qui nous sau­vait ».

Dans l’es­prit de Jo­seph : « Il y avait le bou­lot mais aus­si le plai­sir de se re­trou­ver tous en­semble à l’ex­té­rieur ».

Quant à Ber­nard, il es­time que « la ca­ma­ra­de­rie l’em­por­tait sur les dif­fi­cul­tés du tra­vail » mais confie tout de même : « Moi, je tra­vaillais aux fours de cal­ci­na­tion, tou­jours dans la pous­sière. Au­jourd’hui, j’en su­bis tou­jours les consé­quences »

Les an­ciens mi­neurs, fa­milles et amis se sont re­trou­vés en­suite au res­tau­rant du Lac à La Fer­rière au­tour d’un bon re­pas ou les sou­ve­nirs sont bien ré­ap­pa­rus en pen­sant à ceux qui ne sont plus là au­jourd’hui.

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