Des lar­cins dans toute la Nor­man­die

L'Orne Combattante (SN) - - La Une -

Deux hommes, de 29 ans et 31 ans, com­pa­rais­saient lun­di 14 dé­cembre de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan. Ac­tuel­le­ment dé­te­nus pour autre cause à la mai­son d’ar­rêt de Caen, ils étaient ju­gés pour avoir com­mis 22 vols avec ef­frac­tion et ten­ta­tives de vols dans l’Orne et dans la Manche entre le 17 mars et le 24 mars 2015, no­tam­ment à Tin­che­bray.

Les zones in­dus­trielles de Saint De­nis-sur- Sar­thon, près d’Alen­çon, de Tin­che­bray, d’Ham­bye, de Cou­tances et de Saint-Pierre-de-Cou­tances ont été ci­blées.

Les pre­miers faits qui leur sont re­pro­chés re­montent à la nuit du 17 au 18 mars, six vols ou ten­ta­tives sont com­mis à SaintDe­nis-sur-Sar­thon. Puis la nuit sui­vante, cinq faits si­mi­laires se pro­duisent à Tin­che­bray, rue du Lieu­te­nant-Ro­bin­son, au ma­ga­sin Point Vert, à l’en­tre­prise Ha­mon, à l’im­pri­me­rie Lor­feuvre, aux éta­blis­se­ments Pied­noir et au ma­ga­sin HT Shop.

Dans la nuit du 19 au 20 mars, la sé­rie se pour­suit à Ham­bye puis à Cou­tances et Saint-Pierre- de-Cou­tances pen­dant la nuit du 23 au 24 mars.

Ga­rages, phar­ma­cies, bars, com­merces di­vers ain­si qu’une mai­rie, un of­fice no­ta­rial, ERDF, une sta­tion d’épu­ra­tion fi­gurent par­mi les vic­times. Les portes sont for­cées tout comme les ba­rillets, les câbles des dé­tec­teurs de pré­sence sec­tion­nés.

Le bu­tin : des ou­tils, du ma­té­riel di­vers, de l’ar­gent li­quide et des or­di­na­teurs. Deux vé­hi­cules sont éga­le­ment dé­ro­bés, une Re­nault Clio, à Tin­che­bray, et une Peu­geot 607, dans la Manche. Sur les lieux de ces deux vols, de l’ADN est re­le­vé, mais il ne per­met au­cune iden­ti­fi­ca­tion dans un pre­mier temps.

L’ADN parle

Tout s’ac­cé­lère dé­but avril. Les deux pré­ve­nus sont in­ter­pel­lés à Mon­de­ville, près de Caen, pour un vol. Condam­nés à de la pri­son, ils sont in­car­cé­rés. Leur ADN est pré­le­vé et c’est ain­si que l’un d’eux est iden­ti­fié.

A la barre, les in­té­res­sés re­con­naissent les faits. Ils dé­clarent, et l’en­quête le confirme, qu’ils étaient trois pour com- mettre leurs mé­faits. Se­lon eux, c’est l’in­di­vi­du man­quant qui était l’ins­ti­ga­teur de ces nom­breux vols. C’est lui qui fai­sait les re­pé­rages, l’un se bor­nant à faire le guet et l’autre n’ai­dant qu’oc­ca­sion­nel­le­ment l’homme re­cher­ché à char­ger le bu­tin dans la voi­ture uti­li­sée.

Res­sor­tis­sants rou­mains, ils dé­clarent être ar­ri­vés en France cou­rant fé­vrier et dé­but mars 2015 pour cher­cher du tra­vail. Ils au­raient ren­con­tré le troi­sième homme à Pa­ris. Ce der­nier leur au­rait pro­mis de les ai­der.

Le pré­sident Sé­bas­tien Gance rap­pelle qu’ils ont été condam- nés le 27 juillet par le tri­bu­nal de Saint-Ma­lo pour un autre pé­riple dé­but mars en Bre­tagne, avant de leur de­man­der pour­quoi ils n’ont pas ar­rê­té.

Le plus jeune ré­pond qu’il ne sa­vait où al­ler en France, qu’on leur payait l’hô­tel et par­fois à man­ger, que tout ce qu’il vou­lait, c’était avoir de l’ar­gent pour re­tour­ner en Rou­ma­nie voir sa pe­tite fille d’1 an. Cette ver­sion est confir­mée par son aco­lyte qui ex­plique qu’ils étaient pris en otage par leur re­cru­teur.

Dé­lin­quants « à l’in­su de leur plein gré » .

Pour Yves Cou­roux, mi­nis­tère pu­blic, les in­té­res­sés se pré­sentent presque comme vic­times em­bri­ga­dées par le troi­sième lar­ron. A ses yeux, on a l’im­pres­sion qu’ils de­viennent dé­lin­quants « à l’in­su de leur plein gré » . Pour lui, ils étaient plus que trois. A son sens, il est ma­ni­feste, que leur ve­nue sur le ter­ri­toire na­tio­nal était or­ches­trée et que leur ver­sion de la ren­contre avec le troi­sième homme est fan­tasque. Il ajoute que le tra­vail qu’ils sont ve­nus cher­cher, « c’est piller » . Il rap­pelle qu’ils ont com­mis plus de soixante faits de­puis leur ar­ri­vée en France avant de re­qué­rir des peines d’em­pri­son­ne­ment de 2 ans pour le plus âgé et 18 mois pour le plus jeune.

Me Re­vel pour la dé­fense avance que ses clients ont re­con­nu les faits, ce qui est rare dans ce type de dé­lin­quance. Pour lui, ils ont fait preuve d’ama­teu­risme, cer­tains des ob­jets vo­lés étaient in­ven­dables et ne ser­vaient à rien. Elle a de­man­dé une confu­sion des dif­fé­rentes peines pro­non­cées.

Les deux hommes ont été dé­cla­rés cou­pables et écopent cha­cun d’une peine de 24 mois d’em­pri­son­ne­ment avec man­dat de dé­pôt. Le tri­bu­nal or­donne en outre que cette peine soit confon­due in­té­gra­le­ment avec celle pro­non­cée par le tri­bu­nal de Caen dé­but avril. Les pré­ve­nus doivent par ailleurs ver­ser so­li­dai­re­ment une somme de plus de 16 500 € aux sept par­ties ci­viles consti­tuées.

Ils ont été re­con­duits à la mai­son d’ar­rêt de Caen par l’es­corte à l’is­sue de l’au­dience.

Cinq en­tre­prises de Tin­che­bray avaient été la cible de cam­brio­leurs, dans la nuit du 18 au 19 mars.

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