De Mi­chel Dru­cker

Un de­mi-siècle de car­rière. Une exis­tence fon­due au pe­tit écran. Cinq dé­cen­nies que Mi­chel Dru­cker n’a pas vu pas­ser. Pour mar­quer cet an­ni­ver­saire, ce Vi­rois d’ori­gine nous ouvre son agen­da 2014-2015, un jour­nal de bord étour­dis­sant. Ren­contre.

L'Orne Combattante (SN) - - Loisirs - Pro­pos recueillis par E.M.

Pour­quoi livre ?

Il s’est pas­sé une chose qui m’a don­né en­vie de m’ar­rê­ter un pe­tit peu et de re­gar­der dans le ré­tro­vi­seur de ma car­rière. Chose que je ne fais ja­mais parce que je vais tou­jours de l’avant, avec tou­jours des pro­jets d’avance. Il y a à peu près un an et de­mi, tout le monde a vou­lu, dans le mé­tier, cé­lé­brer mes cin­quante ans de car­rière, en même temps que les 50 ans de l’ORTF. Cin­quante ans de té­lé, c’est tel­le­ment rare. L’INA (Ins­ti­tut Na­tio­nal de l’Au­dio­vi­suel) pos­sède plus de 5 000 heures d’images sur moi.

Il y a eu un son­dage na­tio­nal qui de­man­dait aux gens quels étaient les ani­ma­teurs em­blé­ma­tiques de la té­lé­vi­sion de ces 50 der­nières an­nées. Le clas­se­ment, c’était moi, de­vant Léon Zi­trone, Jacques Mar­tin et Guy Lux. Ce qui m’a bou­le­ver­sé et un peu re­froi­di, car j’étais le seul sur­vi­vant. C’est une prise de conscience que 50 an­nées de té­lé­vi­sion ce n’est pas rien et j’ai vou­lu m’ar­rê­ter sur cette an­née pas comme les autres.

ce

nou­veau

Un livre plu­tôt qu’une émis­sion spé­ciale

J’ai re­fu­sé une soi­rée spé­ciale m’étant consa­crée car ce­la fai­sait un peu hom­mage pré post­hume. Plu­tôt que d’ac­cep­ter un très grand hom­mage avec tous les gens du mé­tier, que j’ai eu la chance de ren­con­trer de­puis mes dé­buts, ve­nus me dire mer­ci, j’ai pré­fé­ré écrire ce livre, ra­con­ter tout ça et mar­quer une pause en ra­con­tant cette an­née si par­ti­cu­lière. En re­gar­dant mon agen­da, j’ai consta­té qu’il s’était pas­sé beau­coup de choses en pa­ral­lèle, mois après mois, que j’avais vé­cues, des choses as­sez éton­nantes. Je parle de ren­contres éton­nantes avec des ano­nymes ou des gens du mé­tier. J’aborde des choses dont je n’avais ja­mais par­lé, parce qu’à la mai­son on vi­vait dans la tra­di­tion et on ne par­lait pas de ça. La re­li­gion, le ju­daïsme. Je parle de mes ra­cines. J’ai en­vie d’al­ler sur la terre de mes an­cêtres, voir d’où je viens, là où vi­vaient mes grands-pa­rents. Les at­ten­tats, tout ce qu’on a vé­cu, m’ont don­né en­vie de par­ler de tout ça. Il ne faut ja­mais ou­blier d’où on vient. Moi je suis un Fran­çais de sang mê­lé.

Ce­la vous a don­né éga­le­ment l’en­vie de mon­ter sur les planches ?

Oui, je l’ai dé­ci­dé dans la fou­lée. Je vais al­ler voir les gens, être seul sur scène, face à eux, et pas­ser une soi­rée avec eux pour leur ra­con­ter tout ce qu’on a vé­cu en­semble de­puis 50 ans. C’est là qu’est née l’idée du spec­tacle Seul avec vous que je vais dé­bu­ter en jan­vier. Une ma­nière pour moi de les re­mer­cier de leur fi­dé­li­té de­puis tout ce temps en leur par­lant de mon John­ny à moi, de mon Bel­mon­do à moi, de mon De­lon à moi, de mes hommes po­li­tiques à moi, en ayant sé­lec­tion­né les mo­ments im­por­tants de ma vie qui cor­res­pondent aux sou­ve­nirs des gens. C’est-à-dire de mes dé­buts comme jour­na­liste spor­tif, de toutes mes émis­sions jus­qu’à au­jourd’hui. Il y au­ra des pho­tos, des anec­dotes qui me sont ar­ri­vées. Moi qui au­rais tant ai­mé de­ve­nir mé­de­cin de cam­pagne comme mon père, j’ex­pli­que­rai que je suis de­ve­nu le mé­de­cin des âmes, chaque week-end, et aus­si le mé­de­cin du mé­tier car tous mes co­pains viennent me consul­ter au moindre bo­bo (rires). Evi­dem­ment, je ren­drai un hom­mage par­ti­cu­lier à mes pa­rents et à tous ceux qu’on a ai­més. Quand je me re­tourne, je vois que c’est une hé­ca­tombe, que beau­coup ont dis­pa­ru, ne sont mal­heu­reu­se­ment plus là.

Pas­se­rez-vous par Vire, là où tout a com­men­cé ?

Ce­la va de soi. J’es­saie­rai de ve­nir jouer en 2017, car pour le mo­ment toutes les dates sont ar­rê­tées. Et puis nous at­ten­dons de voir l’évo­lu­tion de tous ces évé­ne­ments dra­ma­tiques. Quelle est votre ac­tua­li­té ?

Je vais de ville en ville pour si­gner mon livre. Je vien­drai à Vire avant l’été si je peux. Je pré­pare aus­si une grande émis­sion pour jan­vier. Après l’ar­mée, la po­lice, la gen­dar­me­rie, le RAID, le GIGN, etc., je vais rendre hom­mage aux héros de la mé­de­cine. Ce­la se pas­se­ra à l’hô­pi­tal de la Sal­pê­trière. Ce­ci pour mettre en avant, entre autres, tous les mé­de­cins qui ont été sol­li­ci­tés pen­dant le drame des at­ten­tats ou ceux qui s’oc­cupent des grands ac­ci­den­tés de la route. Mes di­rec­teurs de chaîne ai­me­raient éga­le­ment ral­lon­ger mon émis­sion du soir, Vi­ve­ment di­manche pro­chain.

Avez-vous en­core des pro­jets ?

A l’ex­cep­tion de l’émis­sion quo­ti­dienne Stu­dio Ga­briel, j’ai été pen­dant cin­quante ans l’homme des week-ends, c’était mon cré­neau. Je me suis tou­jours dit que le jour où j’ar­rê­te­rai de faire ça, la seule chose que je n’ai en­core ja­mais faite, c’est un talk-show heb­do­ma­daire ou quo­ti­dien en fin de soi­rée.

Ma car­rière conti­nue, et j’es­père qu’elle va du­rer long­temps…

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