La Se­conde Guerre mon­diale en mi­nia­tures

Si cer­tains aiment voir les choses en grand, c’est plu­tôt en tout pe­tit que Pa­trick Ro­ger aime voir la vie ! Ce fé­ru d’his­toire lo­cale a dé­jà réa­li­sé plus de 25 ma­quettes de la Se­conde Guerre mon­diale.

L'Orne Combattante (SN) - - Loisirs - Lau­ra Bau­dier

À 46 ans, cet ha­bi­tant de Mont­champ ( entre Vire et Con­dé-sur-Noi­reau), em­ployé de Fau­re­cia à Ca­li­gny, se pas­sionne pour la se­conde guerre mon­diale de­puis l’âge de 10 ans : « pe­tit, j’ai vu Le jour le plus long à la té­lé­vi­sion, tout a com­men­cé à par­tir de là. J’ai en­suite de­man­dé à mes pa­rents de m’em­me­ner voir les plages du Dé­bar­que­ment. J’étais émer­veillé de voir toutes ces in­fra­struc­tures à Ar­ro­manches. Le de­voir de mé­moire est très im­por­tant » .

Rien d’éton­nant à ce que l’His­toire soit de­ve­nue sa ma­tière de pré­di­lec­tion sur les bancs de l’école.

Il faut en­suite peu de temps pour que sa pas­sion des ma­quettes (ou dio­ra­mas) sur­gisse, au dé­part en 1/76e puis en 1/35e (fi­gu­rines de 50 mil­li­mètres) : «à l’âge de 10 ans, j’ai com­men­cé par construire des tanks Sher­man au 1/76e » , ex­plique le pas­sion­né de mi­nia­tures.

Une pas­sion in­ta­ris­sable

Et sa pas­sion est loin de se ta­rir au fil des an­nées : « c’est comme une drogue, on de­vient vite ac­cro » , ex­plique Pa­trick Ro­ger qui a 25 ma­quettes à son ac­tif.

Tan­dis que cer­taines ma­quettes peuvent être réa­li­sées en deux à trois mois, d’autres lui ont pris beau­coup plus de temps, jus­qu’à deux ans pour celle re­pré­sen­tant l’opé­ra­tion Blue­coat. Les tailles va­rient éga­le­ment.

L’his­toire lo­cale mi­nia­tu­ri­sée

Beau­coup de pas­sion et de minutie sont né­ces­saires à la réa­li­sa­tion de ces ma­quettes.

Pa­trick Ro­ger s’in­té­resse à l’his­toire lo­cale et dé­cide d’en faire un dio­ra­ma à par­tir de pho­tos : « c’est comme un coup de foudre ! Je m’in­té- resse à mon vil­lage : à par­tir de pho­tos, je pars faire des re­cherches en bi­blio­thèque » . Il achète en­suite, sur in­ter­net, des kits d’as­sem­blage avant de des­si­ner des es­quisses puis de réa­li­ser des plans avec des côtes, es­sayant d’ima­gi­ner un scé­na­rio à par­tir de la pho­to de base. Le ma­té­riel uti­li­sé est plu­riel et mul­tiple : du car­ton plume au po­ly­sty­rène en pas­sant par des cures dents, des ba­guettes chi­noises, du pa­pier can­son ou en­core du ge­nêt sau­vage, le qua­dra­gé­naire doit faire preuve d’ima­gi­na­tion. « La ma­tière pre­mière coûte très cher. Je réa­lise donc mes ma­quettes à l’aide de ré­cu­pé­ra­tion et je me sers beau­coup dans la Na­ture » .

Plus qu’une pas­sion, un exu­toire

Le mo­li­cam­pien ef­fec­tue éga­le­ment des réa­li­sa­tions « scratch » , c’est- à- dire des mi­nia­tures mon­tées de toutes pièces.

« C’est la seule chose qui me ca­na­lise, je suis quel­qu’un de très ner­veux nor­ma­le­ment. Ça me pro­cure du bien, le ré­sul­tat sur­tout. Pour le de­voir de mé­moire. Pour mon­trer que pen­dant la guerre il n’y avait pas que des mé­chants ou que des gen­tils. Les Al­le­mands ont éga­le­ment été obli­gés de ve­nir com­battre, à cause d’un dic­ta­teur. Je veux mon­trer aux jeunes qu’à l’heure ac­tuelle on peut re­voir ça… » , pré­cise Pa­trick Ro­ger. « Lors­qu’il fait ses ma­quettes, c’est le seul mo­ment où il est calme » , sou­rit sa femme.

Une pas­sion oui, mais à quel prix ?

Pa­trick Ro­ger dé­pense, en­vi­ron, plus de 500 € an­nuels pour la réa­li­sa­tion de ses ma­quettes : « ça dé­pend du coup de foudre » , pré­cise ce­lui qui y consacre, en moyenne, deux jours par se­maine.

Les réa­li­sa­tions de ce fé­rue de mi­nia­tures sont vi­sibles lors d’ex­po­si­tions dans des mu­sées ou de sa­lons spé­cia­li­sés dé­diés au mo­dé­lisme.

Sa pro­chaine ex­po­si­tion se dé­rou­le­ra à Fou­ge­rolles-du-Ples­sis les 11 et 12 juin pro­chain de 10 h à 18 h à la salle com­mu­nale.

Mail : ro­ger­pa­trick1051@ neuf.fr

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.