« On ne porte pas les bottes tous les jours ! »

L'Orne Combattante (SN) - - Suisse Normande - M.T.

Éle­veur de bre­bis de­puis neuf ans au lieu-dit Les Ber­thaumes à Clé­cy, Ni­co­las Jean­thon, 31 ans, s’épa­nouit plei­ne­ment dans sa vie de ber­ger.

Mar­di 12 jan­vier. Ce jour-là, Ni­co­las ac­cueille une tren­taine d’élèves ve­nus par­ti­ci­per aux Ovin­piades.

Une com­pé­ti­tion qui a pour ob­jec­tif de pro­mou­voir le mé­tier d’éle­veur ovin et de sus­ci­ter de nou­velles vo­ca­tions au­près des élèves des éta­blis­se­ments agri­coles.

Bon­net de laine vis­sé sur la tête, il ac­cueille tout sou­rire les élèves. « Je suis éle­veur de bre­bis de­puis neuf ans. J’ai re­pris l’ex­ploi­ta­tion, seul, d’un éle­veur qui était en dif­fi­cul­té », ex­plique ce­lui qui est ti­tu­laire d’un BEP agri­cole.

Les dé­buts ont été dif­fi­ciles. « Je me suis ins­tal­lé sans les aides à l’ins­tal­la­tion. Les banques n’ont pas sui­vi. J’avais be­soin de 120 000 € pour re­prendre les bâ­ti­ments et le trou­peau de bre­bis. »

Mais l’éle­veur n’a pas bais­sé les bras. Au­jourd’hui, il est à la tête de 300 bre­bis et pos­sède 46 ha d’her­bages.

De­puis quelques an­nées, sa com­pagne l’a re­joint pour l’ai­der. Ni­co­las a comme pro­jet, avec ses bre­bis lai­tières de faire du for­mage. « On veut faire de la vente à la ferme et au mar­ché. Si tout va bien en mars 2017. »

« Être poin­tu »

Par ailleurs, il existe une baisse per­sis­tance de la consom­ma­tion d’agneau ces der­nières an­nées. De 5,4 kg en 1990, on est pas­sé à 3 kg en 2013 se­lon un do­cu­ment de l’In­ter­bev, l’as­so­cia­tion na­tio­nale in­ter-pro­fes­sion­nelle du bé­tail et des viandes.

Au cours des 15 pro­chaines an­nées, 61 % des éle­veurs de bre­bis al­lai­tantes et 39 % des éle­veurs de bre­bis lai­tières par­ti­ront à la re­traite en France.

« Nous avons 86 000 bre­bis en Nor­man­die. Il y a une forte baisse ces der­nières an­nées mais les prix de la viande ovine se confortent », ex­plique Fran­çoise Pré­vost du co­mi­té d’orien­ta­tion ovin ré­gio­nal de l’Ouest.

Ni­co­las en tout cas ne re­grette pas son choix. « L’in­ves­tis­se­ment est rai­son­nable. Il faut un peu de tech­ni­ci­té et être as­sez poin­tu sur l’ali­men­ta­tion. Et puis, on ne porte pas les bottes tous les jours ! »

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