L’an­cien sa­la­rié d’Ho­ney­well de­ve­nu pa­tron d’un sa­lon de coif­fure

Il a tra­vaillé pen­dant 23 ans chez Ho­ney­well à Con­dé-sur-Noi­reau. Quand l’usine a fer­mé, Khan Za­raak a dé­ci­dé de re­prendre un sa­lon de coif­fure à Flers.

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse Normande - T.G.

Il a re­pris le sa­lon de coif­fure Evo­lu’tiff, si­tué rue de la Boule à Flers (Orne) en sep­tembre 2015. Khan Za­raak, 53 ans, est un pa­tron sou­riant dont l’état d’es­prit fe­rait rê­ver plus d’un sa­la­rié.

Né au Viet­nam, à Saï­gon, il a connu la guerre avant de quit­ter le pays à l’âge de 8 ans.

Du­rant 23 ans, il a tra­vaillé comme sa­la­rié de l’usine Ho­ney­well à Con­dé- sur- Noi­reau (Cal­va­dos). En juin 2013, l’usine a fer­mé ses portes, lais­sant de nom­breux sa­la­riés sur le car­reau.

À cette époque, Khan Za­raak s’est in­ter­ro­gé :

« J’étais conduc­teur d’ins- tal­la­tion. Quand l’usine a fer­mé en 2013, je me suis de­man­dé que faire ? Com­ment me re­clas­ser ? »

Grâce aux in­dem­ni­tés de li­cen­cie­ment qu’il a ob­te­nu, Khan Za­raak a dé­ci­dé de se lan­cer dans un tout autre pro­jet pro­fes­sion­nel : de­ve­nir coif­feur.

Mais ce type de par­cours pas­sé 50 ans n’est pas si simple à en­ta­mer, comme l’ex­plique Khan Za­raak :

« J’ai pas­sé le CAP avec l’IFEC à Caen. J’ai pré­sen­té mon pro­jet pour que l’école m’ac­cepte. Il y a tout de même trois écoles qui m’ont re­fu­sé parce qu’elles trou­vaient que j’étais trop vieux » .

L’ob­jec­tif de Khan Za­raak était double : « chan­ger de mé­tier et créer ou main­te­nir de l’em­ploi » .

Lors­qu’il a re­pris le sa­lon Evo­lu’tiff, il a tout fait pour en conser­ver les sa­la­riés.

« Il y avait deux em­ployées, Na­tha­lie et Lu­cie. Et nous avons em­bau­ché Mar­tine. Nous avons aus­si une ap­pren­tie, Axelle » , énu­mère le pa­tron. « Mar­tine, que ses clients connais­saient sous le nom de Ma­tie, a 56 ans. Elle fer­mait un sa­lon de coif­fure à Flers. Je l’ai em­bau­chée pour qu’elle puisse fi­nir sa car­rière tran­quille­ment » , ajoute Khan Za­raak.

De­puis qu’il est ins­tal­lé rue de la Boule, Khan Za­raak a le sou­rire. Son nou­veau mé­tier lui plaît. « J’aime le con­tact hu­main, les clients. J’aime dis­cu­ter avec les gens. Et puis, ici, c’est une bonne équipe et les clients sont fi­dèles » .

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