Le pa­tois nor­mand est une langue à part en­tière

Une di­zaine de membres d’as­so­cia­tions de Nor­man­die viennent de créer la FALE (fé­dé­ra­tion des as­so­cia­tions de langue nor­mande).

L'Orne Combattante (SN) - - Entre Bocage et Suisse Normande - Guy Val­lée

Le pal­ma­rès du Guide Mi­che­lin 2016 est tom­bé ce lun­di 1er fé­vrier. Dans l’Orne, plu­sieurs res­tau­ra­teurs sont concer­nés.

À La Fer­rière- aux- Etangs, l’Au­berge de la Mine te­nue par Hu­bert No­bis conserve son étoile.

Le res­tau­rant La Re­nais­sance, à Ar­gen­tan fait par­tie des nou­veaux étoi­lés de cette édi­tion avec une étoile.

En­fin, Le Ma­noir du Lys à Ba­gnoles- de- l’Orne conserve son étoile.

L’Athi­sien Guy Vau­geois, pré­sident de l’as­so­cia­tion le Temps de lire et membre du Point d’Alen­çon au sein du groupe de lec­ture nor­mande, s’est in­té­res­sé à la langue nor­mande à l’heure de la re­traite en in­té­grant le cours de dia­lec­to­lo­gie de l’uni­ver­si­té in­ter-âges de Caen.

« Je pen­sais que le pa­tois nor­mand était du fran­çais dé­for­mé. Pas du tout ! Le nor­mand est une langue que nos an­cêtres par­laient. Elle fait par­tie des langes d’oïl (1), au même titre que le ch’ti, par­lée au nord, en op­po­si­tion aux langes d’oc (2) du sud. Une troi­sième zone existe avec la Bre­tagne où l’on par­lait le gal­lo et le celte. »

Des pan­neaux en nor­mand

Au­jourd’hui, en de­hors de la réuni­fi­ca­tion ad­mi­nis­tra­tive de la Haute et de la Basse-Nor­man­die, une di­zaine de re­pré­sen­tants d’as­so­cia­tions di­verses s’est re­grou­pée, lun­di 18 jan­vier, à la mai­son des as­so­cia­tions à Caen, pour créer la FALE (Fé­dé­ra­tion des as­so­cia­tions de langue nor­mande).

Ces dix as­so­cia­tions nor­mandes sont : Ma­gene, la Vouée du Doun­joun, l’uni­ver­si­té po­pu­laire du Cou­tan­çais, l’ate­lier langue nor­mande de l’uni­ver­si­té in­ter-âges de Caen, le Temps de lire d’Athis- de- l’Orne, la Chouque, la fé­dé­ra­tion des jeux et sports nor­mands, le Prê­chi nor­mand de Pa­ris, l’uni­ver­si­té ru­rale cau­choise, le Pu­cheux), ain­si que quelques in­di­vi­duels.

« Il y a long­temps que ce­la au­rait dû se faire, la réuni­fi­ca­tion des deux ré­gions nor­mandes n’a rien à voir là-de­dans » pour­suit Guy Vau- geois, qui es­time qu’étu­dier le nor­mand per­met aus­si de com­prendre cer­taines choses de la langue fran­çaise, no­tam­ment l’his­toire des mots et leur or­tho­graphe.

L’ob­jec­tif de la FALE est de pro­mou­voir la langue nor­mande. À ce su­jet, quelques com­munes de la ré­gion ont dé­jà joué le jeu en ins­tal­lant des pan­neaux d’en­trées de com­munes en nor­mand (Bar­fl­leu pour Bar­fleur, dans la Manche, et Rho­me­vâ pour Hé­me­vez, tou­jours dans la Manche, si­tuée dans le canton de Mon­te­bourg, dans le nord Co­ten­tin).

C’est un dé­but de va­lo­ri­sa­tion vi­suelle de la langue nor­mande, il se­rait sou­hai­table à l’ave­nir, mal­gré la baisse des bud­gets, que d’autres com­munes soient en­cou­ra­gées à po­ser des pan­neaux bi­lingues en nor­mand (exemple : Bric­bé qui veut dire Bric­que­bec).

« Pour Athis-de-l’Orne, ce­la pour­rait don­ner Âti, mais ce­la reste à creu­ser ! » in­siste Guy Vau­geois.

L’Orne est da­van­tage fran­çaise

En ce qui concerne le dé­par­te­ment de l’Orne, ce­lui-ci est moins axé sur le pa­tois nor­mand que le Co­ten­tin ou le pays de Caux, en Seine-Ma­ri­time.

« L’Orne n’est pas bien pla­cée elle est plus près du fran­çais avec la ligne Jo­ret qui sé­pare le ’’K’’ du ’’Cheu’’, exemple : un cat, pour un chat ; une vaque, pour une vache ; une pouque pour une pouche. »

Der­nière pré­ci­sion, qui est sim­ple­ment due au ha­sard : le mot fale, en pa­tois nor­mand, dé­signe la poi­trine ou l’es­to­mac.

(1) : His­to­ri­que­ment la langue d’oïl est la langue ro­mane qui s’est dé­ve­lop­pée dans la par­tie nord de la Gaule, puis dans la par­tie nord de la France, dans le sud de la Bel­gique (la Wal­lo­nie), le Luxem­bourg et dans les îles An­glo-nor­mandes, et qui était par­lée au Moyen Âge.

(2) : A l’ori­gine la langue d’oc est une des langues ro­manes (ou néo-la­tines) for­mée par l’évo­lu­tion du la­tin par­lé du sud de la Loire aux Py­ré­nées.

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