Le coup de gueule d’un artisan contre la ré­gle­men­ta­tion

L'Orne Combattante (SN) - - La Ferté Et Son Pays - MM

Ani­mal trou­vé. Un chien Bor­der Col­lie avec col­lier bleu. Em­bel­lir sa ville. La mai­rie a lan­cé une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion au­près des Fer­tois pour que cha­cun ré­flé­chisse, sug­gère des so­lu­tions, afin d’em­bel­lir sa ville. Il est pos­sible de re­mon­ter les sug­ges­tions au­près de la mai­rie, du centre so­cio­cul­tu­rel, de l’of­fice du tou­risme. Des per­ma­nences sont as­su­rées le jeu­di, en mai­rie, de 11 h à 12 h. Mé­dia­thèque. Nou­veaux ho­raires : mar­di, 15 h -18 h ; mer­cre­di, 13 h-18 h ; jeu­di, 11 h 30-18 h ; ven­dre­di, 15 h-18 h 30 ; sa­me­di, 10 h-12 h 30 / 14 h 30-17 h 30. Con­tact : 02.33.37.47.67. Ate­lier cou­ture. De­puis le 1er fé­vrier, de 15 h 30 à 17 h, tous les 1ers lundis de chaque mois, au Centre so­cio­cul­tu­rel, 14, rue Pas­teur : ate­lier de cou­ture pro­po­sé par le centre. Gra­tuit et ou­vert à tous. Pour dé­bu­ter ces ate­liers, le Centre so­cio­cul­tu­rel lance un ap­pel aux dons. Si vous sou­hai­tez of­frir au groupe des bo­bines, bou­tons, mètres, ci­seaux (ma­té­riel de mer­ce­rie…) et éven­tuel­le­ment ma­chines à coudre en état de marche, contac­ter le 02.33.14.14.83. In­fo lo­ge­ment. Per­ma­nen­cede l’ADIL de l’Orne jeu­di 4 fé­vrier, de 10 h à 12 h, à la Mai­son Bo­bot, salle 4. Sur ren­dez- vous. In­for­ma­tions ju­ri­diques, fi­nan­cières et fis­cales en ma­tière de lo­ge­ment, dé­li­vrées gra­tui­te­ment et de fa­çon neutre. Con­tact et ré­ser­va­tion : 02.33.32.94.76 ou http:// www. adil61. org/.

Ci­né dé­bat. Jeu­di 4 fé­vrier, à 20 h 30, l’as­so­cia­tion Ci­né­fer­té pro­pose salle Gé­rard-Phi­lipe, un dé­bat au­tour de l’ali­men­ta­tion avec le film Re­gards dans nos as­siettes de Pierre Bec­cu. A la suite de la pro­jec­tion, un dé­bat se­ra ani­mé avec l’as­so­cia­tion fer­toise Al­ter’ An­daines. Dans le cadre de cette soi­rée, une col­lecte ali­men­taire à des­ti­na­tion des Res­tos du coeur se­ra or­ga­ni­sée. Chaque spec­ta­teur peut donc ame­ner des den­rées non pé­ris­sables. Dans ce cas, la séance se­ra à 3 € contre 4 € sans den­rées. Chan­son. Un groupe se re­trouve chaque quin­zaine le jeu­di jus­qu’à 19 h 45. L’or­ga­ni­sa­trice, Mo­nique Ma­ry, pro­pose un ré­per­toire va­rié de chan­sons po­pu­laires et tra­di­tion­nelles. Les par­ti­ci­pants peuvent pro­po­ser des chan­sons. Seule l’adhé­sion à l’as­so­cia­tion des Amis des jeux, mu­siques et contes tra­di­tion­nels est de­man­dée. Ren­dez-vous jeu­di 4 fé­vrier, 18 h 30, Mai­son Bo­bot, salle n° 4, rue de la Barre. Con­tact : 02.33.37.26.01. Ci­né opé­ra. Ven­dre­di 5 fé­vrier, 20 h, au ci­né­ma Gé­rard-Phi­lipe, Ci­né­fer­té pré­snete Le Ce­ne­ren­to­la. Con­tact : 02.33.37.52.81. Ate­liers cui­sine. Au Centre so­cio­cul­tu­rel, 10 h-13 h, pour adultes : ven­dre­dis 5 et 19 fé­vrier. Ta­rif : 2,50 €. Con­tact : 02.33.14.14.83. Im­pri­mante 3D. La mé­dia­thèque pro­pose une dé­cou­verte de l’im­pri­mante 3D, sa­me­di 6 fé­vrier (pu­blic ados/adultes), à 10 h 30 et à 15 h. Il est for­te­ment conseillé de ré­ser­ver : 02.33.37.47.67.

Me­nui­sier-ébé­niste à Magny-le-Dé­sert de­puis 21 ans, Ber­nard Ro­bert est en co­lère : la pré­fec­ture vient de le contraindre à re­ti­rer ses trois pan­neaux pu­bli­ci­taires sur la RD 908.

La loi ENE ( En­ga­ge­ment na­tio­nal pour l’en­vi­ron­ne­ment) du 12 juillet 2010 ain­si que le dé­cret du 30 jan­vier 2012 ont pro­fon­dé­ment ré­for­mé la ré­gle­men­ta­tion re­la­tive à la pu­bli­ci­té ex­té­rieure, aux en­seignes et aux pré-en­seignes. Une ré­gle­men­ta­tion qui n’avait pas évo­lué de­puis plus de 30 ans. Ob­jec­tifs : amé­lio­rer la qua­li­té du cadre de vie, lut­ter contre les nui­sances vi­suelles, fa­vo­ri­ser la mise en va­leur du pay­sage et du pa­tri­moine cultu­rel.

Un des prin­cipes fon­da­men­taux du droit de la pu­bli­ci­té ex­té­rieure est d’in­ter­dire la pu­bli­ci­té hors ag­glo­mé­ra­tion et de l’ad­mettre en ag­glo­mé­ra­tion sous cer­taines condi­tions, no­tam­ment dans le cadre d’un rè­gle­ment lo­cal de pu­bli­ci­té comme sur la Cdc la Ferté/St-Mi­chel (voir par ci-des­sus).

« Se faire connaître »

Le 13 juillet 2015 est en­trée en vi­gueur la nou­velle ré­gle­men­ta­tion in­ter­di­sant tout dis­po­si­tif pu­bli­ci­taire hors ag­glo­mé­ra­tion. De­puis, bon nombre de com­mer­çants, hô­te­liers- res­tau­ra­teurs, ar­ti­sans ont été contraints de re­ti­rer les pan­neaux au bord des routes. Et c’est le cas de Ber­nard Ro­bert, 57 ans, me­nui­sier- ébé­niste à son compte à Magny-le-Dé­sert de­puis 1995, avec un sa­la­rié.

Voi­là trois ans, avec l’ac­cord des pro­prié­taires des ter­rains, il a ins­tal­lé trois pan­neaux de 1 m X 1,50 m sur la RD 908, Cour Chal­mel et route de Joué-duBois. « J’ai choi­si des en­droits stra­té­giques pour avoir une vi­si­bi­li­té, ex­plique- t- il. Etant dans le bourg de Magny, je suis éloi­gné des grands axes. Alors que je suis ins­tal­lé de­puis des an­nées, cer­tains ne sa­vaient pas en­core que j’exis­tais » . Dé­jà à l’époque, un agent de la DDE lui avait fait re­mar­quer ver­ba­le­ment que ces pan­neaux n’étaient pas lé­gaux. « Mais je pen­sais qu’on al­lait me lais­ser tran­quille » . Le temps a pas­sé et la ré­gle­men­ta­tion a donc été mise en ap­pli­ca­tion. Le 31 juillet 2015, un pro­cès-ver­bal était éta­bli par un agent ha­bi­li­té au su­jet de ces trois « dis­po­si­tifs de type pré-en­seigne » , sui­vi d’un pre­mier cour­rier d’in­for­ma­tion à l’in­té­res­sé le 7 août.

« On nous em­pêche de tra­vailler »

Le 15 jan­vier der­nier, c’est une mise en de­meure qui tom­bait : l’en­tre­prise Ro­bert avait 15 jours pour se mettre en confor­mi­té avec la lé­gis­la­tion sous peine « d’une as­treinte de 203,22 € par jour de re­tard et par dis­po­si­tif en in­frac­tion » . Au pied du mur, et comme beau­coup d’autres, Ber­nard Ro­bert, n’a donc pas eu le choix : il a re­ti­ré les trois pan­neaux en ques­tion, tout en in­for­mant la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale des ter­ri­toires de l’Orne.

« On dit que les ar­ti­sans sont la pre­mière en­tre­prise de France, et avec ce type de ré­gle­men­ta­tion, on nous em­pêche de tra­vailler, alors que le contexte éco­no­mique est dé­jà dif­fi­cile. Ici, le but est de pou­voir main­te­nir une ac­ti­vi­té, de se faire connaître. On parle de re­vi­ta­li­ser les bourgs, mais il fau­drait peu­têtre com­men­cer à évi­ter que les ac­ti­vi­tés les quittent pour s’ins­tal­ler sur des zones pé­ri­phé­riques le long des grands axes » . Et quand on lui parle en­vi­ron­ne­ment et cadre de vie, l’artisan es­time que ces pan­neaux ne dé­fi­gu­raient pas le pay­sage. « On les net­toyait ré­gu­liè­re­ment pour qu’ils res­tent propres. Je pense qu’il y a pire ailleurs comme pan­neaux » .

Portes ou­vertes

Cet épi­sode va donc contraindre le me­nui­sier-ébé­niste à re­voir sa com­mu­ni­ca­tion.

« À quelques an­nées de la re­traite, je ne vais pas me lan­cer dans la créa­tion d’un site in­ter­net : je n’ai pas les moyens fi­nan­ciers pour en créer et le temps pour l’ac­tua­li­ser. Je vais donc axer ma pu­bli­ci­té sur mes portes ou­vertes, avec des en­carts dans la presse lo­cale » . Et le bouche-à-oreille fe­ra le reste.

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