Six agri­cul­teurs en­ten­dus pour des dé­gra­da­tions à la pré­fec­ture

L'Orne Combattante (SN) - - Bocage Suisse Normande Entre Et - Ka­ri­na Pujeolle

Six agri­cul­teurs (quatre JA et deux FDSEA) ont été en­ten­dus, mer­cre­di 3 fé­vrier, à l’hô­tel de Po­lice d’Alen­çon à la suite de dé­gra­da­tions com­mises à la pré­fec­ture lors de leur ma­ni­fes­ta­tion du 3 juillet der­nier « des­ti­née à mon­trer la dé­tresse des agri­cul­teurs et à sou­le­ver le pro­blème de ré­par­ti­tions des marges entre éle­veurs, trans­for­ma­teurs et dis­tri­bu­teurs » .

766 € de préjudice

Ce ma­tin-là, à l’aube, « une chaîne du por­tail a été sou­dée et une boîte aux lettres qui, a prio­ri, pos­sé­dait un lec­teur de badge, a été dé­té­rio­rée » , an­non­çaient Anne-Ma­rie De­nis et Guillaume Lar­che­vêque, res­pec­ti­ve­ment pré­sident de la FDSEA et des JA de l’Orne, entre deux au­di­tions de leurs ca­ma­rades qu’ils at­ten­daient au­tour d’une table de pe­tit-dé­jeu­ner dres­sée de­vant le com­mis­sa­riat de la place Bo­net.

« C’est la se­conde fois que nous sommes en­ten­dus. Il y a dé­jà eu une pre­mière au­di­tion à l’au­tomne. Cette fois, on nous res­sort les dé­cla­ra­tions de nos co­pains pour les confron­ter aux nôtres ! Tout ce­la pour 766, 07 € de préjudice ! » , si­gnale Anne-Ma­rie De­nis qui en­tend « plei­ne­ment as­su­mer le rôle de re­pré­sen­tants des agri­cul­teurs de la FDSEA et des JA de l’Orne » et, à ce titre, re­fuse « que tout agri­cul­teur soit in­quié­té à titre per­son­nel » . Tout comme, elle se re­fuse « à payer 766,07 € alors que l’État nous doit beau­coup d’ar­gent ! »

Un agri­cul­teur en­ten­du ce même ma­tin s’in­ter­ro­geait, lui, « sur le coût de ces au­di­tions et le temps pas­sé par les ins­pec­teurs à tout ce­la » . Ré­ponse im­mé­diate d’Anne-Ma­rie De­nis : « Un coût dé­me­su­ré dans un dé­par­te­ment qu’on ne pen­sait pas riche mais qui doit fi­na­le­ment avoir de l’ar­gent à dé­pen­ser à ce­la ! »

Guillaume Lar­che­vêque, éga­le­ment au­di­tion­né ce mer­cre­di, tem­pê­tait. « Qu’on nous au­di­tionne, ce n’est pas un pro­blème mais c’était, ce 3 juillet, une ac­tion propre et an­non­cée en amont » Le pré­sident des JA de l’Orne pointe « le dé­ca­lage entre l’ac­tion me­née et les 50 000 € de manque à ga­gner pour la Ferme Orne avec cette nou­velle crise de l’éle­vage ! » Lui et ses ca­ma­rades syn­di­qués pré­fé­re­raient « que les Hauts fonc­tion­naires de l’État tra­vaillent pour ré­pondre aux dif­fi­cul­tés des éle­veurs et à la construc­tion de la fi­lière plu­tôt que de cher­cher un cou­pable à ces deux dé­gra­da­tions » .

« Ar­rê­ter les cli­vages po­li­tiques »

Une chose est sûre, se­lon les « convo­qués » à l’hô­tel de Po­lice mer­cre­di 3 fé­vrier : « Ces nou­velles au­di­tions ne vont ni nous frei­ner dans nos ac­tions, ni chan­ger nos com­por­te­ments. Nos ac­tions sont res­pon­sables. Nous sommes des mi­li­tants, pas des dé­lin­quants. En re­vanche, si la ré­ponse à ces au­di­tions tourne mal, on ne ré­pon­dra pas de nos agri­cul­teurs ! » .

Anne-Ma­rie De­nis rap­pelle que lors de la jour­née d’ac­tion, le mer­cre­di 27 jan­vier, « on a trou­vé de la viande et du lait d’ori­gine étran­gère et non tra­cée dans des ca­mions que nous avons contrô­lé. Nous avons tout ap­por­té à ma­dame le Pré­fet qui doit main­te­nant as­su­mer son rôle et faire réa­li­ser des contrôles. Nous ne sommes pas an­ti-eu­ro­péens, bien au contraire. Mais il va peut-être fal­loir que les ad­mi­nis­tra­tions et les col­lec­ti­vi­tés pré­fèrent ache­ter fran­çais plu­tôt qu’étran­ger pour, au fi­nal, en je­ter un quart à la pou­belle » .

Les agri­cul­teurs ornais at­tendent beau­coup des par­le­men­taires pour va­li­der « des choses qui nous per­met­traient de re­faire sur­face. On es­père donc qu’ils vont ar­rê­ter leur cli­vage po­li­tique et pen­ser que l’agriculture fran­çaise et en train de mou­rir donc il faut mettre des choses en place pour la sau­ver » .

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