« Le pe­tit joint oc­ca­sion­nel peut vite de­ve­nir une ha­bi­tude »

L'Orne Combattante (SN) - - Flers Et Son Pays - Tho­mas Gourlin

« Je ne suis pas de la bri­gade des stups. Si c’était le cas, je se­rais ve­nu avec un chien et j’au­rais te­nu un dis­cours très dif­fé­rent »

Ils ont entre 16 et 20 ans, sont en pre­mière an­née de CAP ou de Bac pro, et ont écou­té un gen­darme leur par­ler des ad­dic­tions. De­puis trois se­maines, l’ad­ju­dant- chef Ch­ris­tophe Pen­sec ren­contre les élèves de la Mai­son fa­mi­liale et ru­rale de Ce­ri­sy-Belle-Etoile.

En poste à la bri­gade de Ba­gnoles-de-L’Orne, l’ad­ju­dant­chef est aus­si for­ma­teur re­lais an­ti­drogue sur tout le ter­ri­toire de la com­pa­gnie de gen­dar­me­rie de Domfront. Dans quelques jours, il au­ra ren­con­tré tous les élèves de l’éta­blis­se­ment.

Can­na­bis en pé­nal

Même s’il est ve­nu en uni­forme, ce gen­darme n’est pas en classe pour fouiller les sacs des élèves. Son mes­sage est es­sen­tiel­le­ment tour­né vers la pré­ven­tion. « Je base mon in­ter­ven­tion sur les drogues li­cites et illi­cites. Sur les drogues li­cites, je parle de l’al­cool et du ta­bac. Pour les drogues illi­cites, je leur dit qu’il n’y a pas de drogue douce et je leur parle prin­ci­pa­le­ment du can­na­bis, car c’est la plus ré­pan­due, et je leur pré­sente le vo­let pé­nal » , ex­pose l’ad­ju­dant-chef Pen­sec.

En leur ex­pli­quant com­ment l’ad­dic­tion s’ins­talle, com­ment « le pe­tit joint oc­ca­sion­nel peut vite de­ve­nir une ha­bi­tude » et sur­tout en leur rappe- lant la loi, le gen­darme pour­rait avoir l’im­pres­sion d’en­fon­cer des portes ou­vertes. Il suf­fit d’écou­ter les élèves pour voir que ce n’est pas le cas. En ef­fet, lorsque l’ad­ju­dant-chef leur dit : « Si vous êtes chez vous, le soir, et que vous fu­mez un joint, est ce que vous avez le droit de le faire ? » Plu­sieurs élèves ré­pondent : « Ben oui ! On est chez nous donc on a le droit » . La bonne ré­ponse est plus com­pli­quée : l’usage de stu­pé­fiant est in­ter­dit même dans le cadre pri­vé.

Ad­dic­tions sur la route

Au cours de son in­ter­ven­tion, l’ad­ju­dant- chef n’ou­blie pas d’ex­pli­quer l’im­pact réel des ad­dic­tions sur le com­por­te­ment des au­to­mo­bi­listes. « J’in­siste sur le fait que les 18 -25 ans sont les plus im­pac­tés au ni­veau des ac­ci­dents cor­po­rels. Sur la sé­cu­ri­té rou­tière, je leur parle d’al­cool et de stups. Car après la fête du sa­me­di, l’al­cool va s’éli­mi­ner plus fa­ci­le­ment que le can­na­bis. 10 h après avoir bu, ils peuvent conduire. Le joint, trois jours après, il est en­core pré­sent dans le sang » , dé­taille le mi­li­taire avant d’in­sis­ter sur le fait qu’en cas d’ac­ci­dent où la res­pon­sa­bi­li­té du conduc­teur est mise en cause, la pré­sence de stu­pé­fiants ou d’al­cool dans le sang est une cir­cons­tance ag­gra­vante.

Des consé­quences

Le mi­li­taire était pré­sent ce mar­di 9 fé­vrier à la MFR à la de­mande de l’éta­blis­se­ment.

Sté­phane Au­douin, di­rec­teur de la Mai­son fa­mi­liale et ru­rale de Ce­ri­sy-Belle-Étoile, ex­plique : « L’ad­ju­dant-chef n’est pas ici parce qu’il y au­rait un sou­ci par­ti­cu­lier avec la MFR. C’est une sen­si­bi­li­sa­tion. On sait que nos élèves peuvent avoir, au­tour d’eux, des re­la­tions qui les sol­li­citent »

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