« Pour nous deux, c’est tous les jours la Saint-Va­len­tin »

Le 6 avril pro­chain mar­que­ra le 53e an­ni­ver­saire de ma­riage de Ma­rie-Thé­rèse et Jean Jouaud. À l’oc­ca­sion de la Saint-Va­len­tin, re­tour sur cette belle his­toire d’amour qui a vu le jour en oc­tobre 1962.

L'Orne Combattante (SN) - - La Ferté Et Son Pays - Mi­chel Mo­ri­ceau

De­puis sep­tembre der­nier, Ma­rie-Thé­rèse et Jean ont quit­té leur mai­son de La Fer­rière-auxE­tangs où ils ont vé­cu 42 ans, pour s’ins­tal­ler dans un ap­par­te­ment du Val Vert à La Ferté « où toutes nos pièces sont au même étage, ce qui évite d’avoir à mon­ter des es­ca­liers » confie Ma­rie- Thé­rèse, qui vient de fê­ter ses 80 ans le 17 jan­vier, alors que son ma­ri Jean s’ap­prête à souf­fler 93 bou­gies le 17 juin. Mal­gré des pro­blèmes de san­té et dif­fi­cul­tés à se dé­pla­cer, le couple res­plen­dit de bon­heur et de joie en évo­quant leur his­toire d’amour. « Des bi­sous, on en fait tou­jours, ça ne se compte pas les bi­sous » dit Jean en riant.

Le « dé­clic » à Mortain

Née Laigre, Ma­rie- Thé­rèse est ori­gi­naire de la Mayenne, de Saint-De­nis-de-Gas­tines pré­ci­sé­ment. « Nous étions 4 en­fants. Mon père était sa­bo­tier et ma mère tra­vaillait au foyer. J’ai fait mes études à l’Epi­nay-le­Comte jus­qu’à 14 ans, puis j’ai tra­vaillé comme em­ployée de mai­son, no­tam­ment à Mortain » . Jean, lui, est le 9e d’une fa­mille de 12 en­fants de La Fer­rière-aux-Etangs. « Comme mon père était mi­neur, nous avions droit à un lo­ge­ment au Gué-Plat » . Après l’école obli­ga- toire, puis des tra­vaux agri­coles, à 20 ans, Jean suit son père dans la mine pen­dant 18 ans. « A la fer­me­ture des mines, j’ai été re­cru­té chez Lu­chaire à Mes­sei où je suis res­té 18 ans. Mais des pro­blèmes de dos m’ont contraint à par­tir en re­traite dès 55 ans. Heu­reu­se­ment que mon épouse avait son tra­vail d’as­sis­tante ma­ter­nelle à cette époque » .

Mais, bien avant, leurs des­tins se sont croi­sés, en oc­tobre 1962. Ils avaient alors 26 et 39 ans. « C’était à Mortain lors d’un re­pas de fa­mille où Jean fai- sait par­tie des in­vi­tés, ra­conte Ma­rie-Thé­rèse. Le soir-même, nous al­lions tous les deux au ci­né­ma, et quand il m’a rac­com­pa­gnée, il a pro­po­sé de se re­voir 15 jours plus tard. Mais 8 jours après, on s’est re­vu chez lui à La Fer­rière. Et il ve­nait me voir ré­gu­liè­re­ment à Mortain » . Que s’est-il pas­sé ce fa­meux soir ? Qu’ont-ils vu comme film ? Les sou­ve­nirs sont vagues 54 ans plus tard. « Il y a eu un dé­clic et il est tou­jours là, confirme Jean. On s’est ai­mé et on s’ai­me­ra tou­jours, jus­qu’à la fin. Ma femme m’a tou­jours dit : ne me parle ja­mais de di­vorce » .

Trois en­fants

Trois mois après leur ren­contre, les jeunes tour­te­reaux parlent fian­çailles. « Nous de­vions les faire le 1er jan­vier 1963, mais il y avait tel­le­ment de ver­glas ce jour-là que Jean n’a pas pu ve­nir. Nous les avons faits trois jours plus tard » se sou­vient Ma­rieT­hé­rèse. Et le 6 avril, c’était le ma­riage à Mortain, sui­vi du re­pas à Dom­pierre. « Un ma­riage tout simple. Nous étions 25 » . Le couple s’ins­talle à La Fer­rière chez le père de Jean, qui est en fau­teuil. De cette union naî­tront trois en­fants : un gar­çon en 1965, au­jourd’hui en ré­gion pa­ri­sienne ; un se­cond gar­çon, en 1969, qui ha­bite Cou­terne ; et une fille, en 1972, qui est Dom­fron­taise « et qui se ma­rie le 20 fé­vrier » se ré­jouissent les époux Jouaud. « Nous n’avons pas eu de pe­tits-en­fants, re­grette Ma­rie-Thé­rèse. Mais, nos belles-filles avaient dé­jà des en­fants que nous consi­dé­rons comme nos pe­tits-en­fants » .

Au dé­cès du père de Jean, le couple doit quit­ter la mai­son du Gué-Plat et les dé­mé­na­ge­ments vont s’en­chaî­ner : Alen­çon, Domfront, puis un re­tour dé­fi­ni­tif à La Fer­rière dans une mai­son HLM où ils res­te­ront jus­qu’en sep­tembre 2015.

« Une belle vie »

Quand ils évoquent leur par­cours, Jean et Ma­rie- Thé­rèse ont en tête les bons mo­ments pas­sés en va­cances, en ca­ra­vane avec leurs en­fants. « Nous par­tions tou­jours un mois. Nous avons qua­si­ment vi­si­té toute la France, sauf le Nord. Nous avons eu une belle vie » .

En 2013, les époux Jouaud ont fê­té leurs noces d’or en toute sim­pli­ci­té avec un re­pas fa­mi­lial dans le ga­rage de leur mai­son à La Fer­rière. De­puis quelques an­nées, les sor­ties se font plus rares, d’au­tant que Jean a ar­rê­té de conduire voi­là 4 ans, et que son épouse n’a pas le per­mis. Mais, fi­na­le­ment, ils se sentent bien chez eux : Ma­rie-Thé­rèse avec son ca­ne­vas, sa ra­dio et la cui­sine ; et Jean, de­vant sa té­lé : « je re­garde des émis­sions comme Tha­las­sa, ou avec Ni­co­las Hu­lot, c’est une autre fa­çon de voya­ger » .

Com­mu­ni­quer

A une époque où un ma­riage sur deux fi­nit par un di­vorce, une ques­tion s’im­pose : quel est leur se­cret ? « Comme tous les couples, nous avons eu des dis­putes, mais il faut sa­voir faire des conces­sions, es­timent-ils. Quand un pro­blème se pré­sente, l’im­por­tant est de com­mu­ni­quer, de se dire les choses et ne pas le gar­der pour soi. Au­jourd’hui, à la moindre dis­pute, les gens se sé­parent. Etre en couple, c’est sa­voir se sou­te­nir, s’en­traî­ner, se battre » .

Et quand on leur parle de la fête des amou­reux, Ma­rie-Thé­rèse et Jean l’af­firment : « pour nous deux, c’est tous les jours la Saint-Va­len­tin ! » .

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