Un San An­to­nio lou­foque

L'Orne Combattante (SN) - - Loisirs - L’ex­po­si­tion d’une qua­ran­taine de pan­neaux se­ra pré­sen­tée sur deux sites : la Mai­son de pays et la Me­di@ tech Syl­via et Hu­bert Bas­sot du 15 jan­vier au 28 fé­vrier. En­trée libre aux ho­raires d’ou­ver­ture ha­bi­tuels des deux struc­tures. Le jeu­di 25 fé­vrier, à

De­puis le 15 jan­vier, la Nor­man­die est à l’hon­neur à Tin­che­bray avec l’ex­po­si­tion du col­lec­tif Heu­la. Les af­fiches à l’humour dé­ca­lé at­tendent les vi­si­teurs.

Jus­qu’au di­manche 28 fé­vrier, la marque nor­mande qui croque les Nor­mands, Heu­la, ex­pose ses des­sins hu­mo­ris­tiques en ver­sion grand for­mat.

Heu­la joue la carte de l’au­to­dé­ri­sion et abuse des cli­chés « bien d’cheux nous » . Un ob­jec­tif : « Faire rire, sans vul­ga­ri­té, et sur­tout, sans com­plexe. » Exemple : il pleut, de temps en temps, en Nor­man­die ? Qu’à ce­la ne tienne, cette « par­ti­cu­la­ri­té ré­gio­nale » de­vient l’un des gim­micks fa­vo­ris des créa­teurs : une carte mé­téo en­so­leillée sur toute la France sauf en Nor­man­die sous-ti­trée « risque d’éclair­cie » , un nuage

La salle Ro­bert Mé­tai­rie de Thu­ry- Har­court ac­cueille le spec­tacle « San An­to­nio chez les Gones » (au­tre­ment dit les ga­mins lyon­nais), ce jeu­di 25 fé­vrier à 20 h 30. Le co­mé­dien Bru­no Fon­taine joue tous les per­son­nages du ro­man de Fré­dé­ric Dard, pa­ru en 1962.

« San An­to­nio chez les Gones » en­traîne notre cher com­mis­saire et son va­leu­reux com­pa­gnon, Bé­ru­rier, dans une en­quête vi­sant à re­trou­ver des en­fants dis­pa­rus. Des ren­contres sur­pre­nantes avec une chan­teuse à la re­traite, un pa­tron de bar de nuit, une ins­ti­tu­trice can­dide, et bien d’autres, sont au pro­gramme, ain­si qu’une nou­velle vo­ca­tion pour « Sa Ma­jes­té Bé­ru » : ins­ti­tu­teur !

« Bru­no Fon­taine est seul sur scène : il in­ter­prète une tren­taine de rôles. Un exer­cice phy­sique, drôle, et tel-

plu­vieux lé­gen­dé

« y’r pleut » . le­ment sa­vou­reux ! Tout est dans le texte. Pas be­soin de dé­cors, de grands ef­fets. Un re­gard, un geste, une voix, une at­ti­tude suf­fisent pour qu’un per­son­nage ap­pa­raisse » , sou­ligne la met­teuse en scène Eli­sa­beth Dia­man­ti­dis.

La Ba­taille d’Es­kan­dar de l’au­teur et met­teur en scène Sa­muel Gal­let est un poème dra­ma­tique et mu­si­cal qui évoque la lutte obs­ti­née d’une femme contre la grande so­li­tude so­ciale qui la me­nace.

Alors, « Ma­dame Rêve » , comme dans la chan­son d’Alain Ba­shung. Mais de quoi ? « Elle es­père un ca­ta­clysme, pour ef­fa­cer la pré­ca­ri­té de sa condi­tion. Elle est d’ailleurs sur le point de se faire ex­pul­ser de chez elle, par les huis­siers » , ex­plique Sa­muel Gal­let. Mais, si les rêves se font pous­sières, ceux de cette femme se font pous­sières cos­miques. Si bien que de ce mag­ma oni­rique naît la concré­ti­sa­tion de son rêve. Tout semble pos­sible, quand on songe que dans notre ga­laxie, il y a au bas mot 150 mil­liards d’étoiles et 240 mil­liards d’exo­pla­nètes, alors pour­quoi un rêve de cette sorte-là ne pour­rait-il pas se ma­té­ria­li­ser ?

Une aven­ture col­lec­tive

Sur les ailes du rêve de cette femme, la pos­si­bi­li­té d’un monde de­vient donc réa­li­té. « Elle s’ima­gine une nou­velle iden­ti­té : Mme de Fom­ba­nel. Un nom un tan­ti­net désuet à la so­no­ri­té aris­to­cra­tique. » Et puis, un autre de­gré est fran­chi quand dif­fé­rents per­son­nages viennent prendre corps dans ce rêve. « Pour qu’elle ne soit plus seule à su­bir, à souf­frir. Que cette ca­tas­trophe per­son­nelle puisse de­ve­nir une aven­ture col­lec­tive » , sou­ligne Sté­phane Gal­let.

Com­po­si­tion po­ly­pho­nique

La mu­sique, in­ter­pré­tée par Gré­goire Ter­nois et Aë­la Gour­ven­nec, vient, bien en­ten­du, ryth­mer le spec­tacle. Mais, au- de­là d’un simple ac­com­pa­gne­ment de la si­tua­tion dra­ma­tique, elle crée sa propre dy­na­mique. « En dé­fi­ni­tive, le spec­tacle re­lève d’un genre de com­po­si­tion po­ly­pho­nique vo­cale et ins­tru­men­tale » , s’en­thou­siasme Pauline Sales, co­di­rec­trice du théâtre du Préau de Vire, qui in­ter­prète le rôle de Mme de Fom­ba­nel.

Sté­phane Gal­let croit à une confi­gu­ra­tion de mondes pos­sibles éma­nant de chaque in­di­vi­du, par-de­là les dé­ter­mi­nismes so­ciaux. Ce que cer­taines so­cié­tés oc­cultent, même les plus avan­cées. « Si bien que les lais­sés-pour-compte, n’ont plus ac­cès à au­cun monde ! On les am­pute de toute ca­pa­ci­té d’at­teindre un ima­gi­naire », es­time l’au­teur. Le rêve de­vien­til un luxe ? Ras­su­rons-nous, le théâtre est là pour pro­lon­ger le voyage…

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