Les sa­peurs-pom­piers sen­si­bi­lisent aux gestes qui sauvent

Une quin­zaine de per­sonnes ont sui­vi une séance de sen­si­bi­li­sa­tion aux gestes qui sauvent, ce sa­me­di, au centre de se­cours de Flers. Une opé­ra­tion que la pré­fec­ture de l’Orne a dé­cli­née sur l’en­semble du dé­par­te­ment suite aux at­ten­tats du 13 no­vembre.

L'Orne Combattante (SN) - - Flers Et Son Pays - M. M.

Quels sont les bons gestes à adop­ter en pré­sence d’une per­sonne bles­sée ? Les pre­miers se­cours peuvent sau­ver des vies et nous sommes sou­vent dé­mu­nis.

C’est le constat qui a été fait suite aux at­ten­tats du 13 no­vembre 2015. C’est pour­quoi des séances d’ini­tia­tion aux gestes qui sauvent ont été or­ga­ni­sées par­tout en France. Dans l’Orne, la pré­fec­ture s’est ap­puyée sur les ac­teurs lo­caux et no­tam­ment le Sdis, le ser­vice dé­par­te­men­tal d’in­cen­die et de se­cours, pour en pro­po­ser.

« Se pro­té­ger soi-même »

L’une d’elles était or­ga­ni­sée, ce sa­me­di 27 fé­vrier, à la ca­serne des sa­peurs-pom­piers de Flers. Le ca­po­ral Anne-Ca­the­rine Sudre et l’ad­ju­dant-chef Jean-Paul Moe­lo ont pro­di­gué des conseils à une quin­zaine de per­sonnes, toutes vo­lon­taires.

« C’est plus de l’in­for­ma­tion que de la for­ma­tion. Ce n’est pas comme les for­ma­tions SST (sau­ve­teur se­cou­riste du tra­vail, NDLR) ou PSC1 (pré­ven­tion et se­cours ci­viques de ni­veau 1, NDLR), qui durent 8 à 10 heures, pré­cise la for­ma­trice. Mais ce­la donne des clefs et peut-être l’en­vie d’al­ler plus loin » .

Cette séance a beau faire suite aux at­ten­tats de Pa­ris, elle a don­né éga­le­ment les ré­flexes pour ré­agir aux ac­ci­dents de la vie cou­rante.

Dans tous les cas, la pre­mière chose à faire et de « se pro­té­ger soi-même » . En cas d’at­ten­tat, il faut s’échap­per, le cas échéant, ai­der d’autres per­sonnes à en faire de même et ne pas s’ex­po­ser en cas de tirs. Il faut pro­gres­ser en se bais­sant, s’éloi­gner des ouvertures et se bar­ri­ca­der. « Il faut aus­si dis­sua­der les autres gens d’en­trer dans la zone dan­ge­reuse » , a pré­ci­sé la se- cou­riste. En­suite, il faut éteindre les lu­mières et cou­per le son des ap­pa­reils pour « évi­ter d’être re­pé­ré » . Et, face aux forces de l’ordre, « on ne doit pas sor­tir en cou­rant et gar­der les mains en vue » .

En cas d’ac­ci­dent do­mes­tique, il faut éga­le­ment se pro­té­ger. « Si une per­sonne est vic­time d’un ac­ci­dent élec­trique. Il faut d’abord cou­per le cou­rant » , rap­pelle le sa­peur-pom­pier ou lors d’un ac­ci­dent de la route, « il faut mettre un gi­let jaune, même en plein jour et pla­cer un tri­angle » .

Si la per­sonne bles­sée est ex­po­sée à un dan­ger im­mi­nent, « il faut l’ex­traire de cette zone » , pour­suit la for­ma­trice. Mais at­ten­tion, si elle a été vic­time d’une chute, il faut prendre des pré­cau­tions ! « Il faut gar­der l’axe tête-cou-tronc le plus droit pos­sible » , au risque d’ag­gra­ver ses bles­sures. Elle conseille de la traî­ner alors par les che­villes ou les poi­gnets.

Un nu­mé­ro à re­te­nir : le 112

L’étape sui­vante est d’aler­ter les se­cours. Le ca­po­ral An­neCa­the­rine Sudre pré­co­nise de ne re­te­nir qu’un nu­mé­ro : le 112, « no­tam­ment pour les en­fants » . Il est va­lable dans toute l’Eu­rope. Au té­lé­phone, il faut être le plus pré­cis pos­sible sur la si­tua­tion et son lieu. « C’est im­por­tant. A ce mo­ment, vous êtes les yeux et les oreilles des se­cours. Et sur­tout, il ne faut pas rac­cro­cher tant qu’on ne vous l’a pas dit. Ce­la ne re­tarde pas les se­cours » .

Les sa­peurs- pom­piers ont éga­le­ment pro­di­gué des conseils en cas de sai­gne­ments. « S’il y a beau­coup de sang, il faut al­lon­ger la per­sonne pour que les or­ganes vi­taux soient ir­ri­gués » .

Pour ar­rê­ter le sang, on peut faire une com­pres­sion ma­nuelle avec la paume. « Mais at­ten­tion, il faut prendre des pré­cau­tions pour évi­ter l’in­fec­tion ! » , sou­ligne An­neCa­the­rine Sudre. Le mieux, c’est évi­dem­ment de mettre des gants mais à dé­faut on peut uti­li­ser un plas­tique, prend pour exemple le sa­peur-pom­pier.

Si ça ne suf­fit pas pour ar­rê­ter le sai­gne­ment, il faut ap­pli­quer une com­presse (des mou­choirs ou un tis­su propre peuvent faire l’af­faire) et la ser­rer à l’aide d’une cein­ture ou d’un fou­lard.

Les sa­peurs- pom­piers ont mon­tré la tech­nique du gar­rot. Elle ne se pra­tique qu’en cas de bles­sure à un bras ou à une jambe et si le sai­gne­ment est trop im­por­tant. « C’est quand on a es­sayé tout le reste. C’est un acte dan­ge­reux qui ar­rête la cir­cu­la­tion » , in­siste la for­ma­trice. Il s’agit de com­pri­mer le membre pour stop­per l’af­flux de sang. Il ne se pra­tique que sur la cuisse ou le bras, au-des­sus de la plaie. « On ne des­serre ja­mais un gar­rot. Seul un mé­de­cin peut le faire. Et sur­tout, il faut no­ter l’heure à la­quelle on l’a po­sé. C’est très im­por­tant » , note la se­cou­riste.

La po­si­tion la­té­rale de sé­cu­ri­té

Quant à la po­si­tion en cas de sai­gne­ments im­por­tants, les sa­peurs- pom­piers conseillent en cas de plaie au tho­rax, une po­si­tion se­mi-as­sise et si c’est à l’ab­do­men, de re­le­ver les ge­noux de la vic­time.

La PLS, la po­si­tion la­té­rale de sé­cu­ri­té, a en­suite été évo­quée. Elle se pra­tique en cas de vo­mis­se­ments ou quand la vic­time est in­cons­ciente, « il y a une perte de to­nus mus­cu­laire, sur le dos, et la langue peut tom­ber au fond de la gorge et oc­cul­ter le pas­sage de l’air » . L’in­ter­ven­tion s’est ter­mi­née par une ini­tia­tion au mas­sage car­diaque.

La séance, qui s’est dé­rou­lée dans une am­biance convi­viale, a été ryth­mée par de nom­breuses ques­tions. Pour les sa­peurs-pom­piers, plus que de la for­ma­tion à pro­pre­ment dite, il s’agis­sait d’in­cul­quer, en 2 heures, les bons ré­flexes lors­qu’on est le té­moin d’un ac­ci­dent ou d’une at­taque.

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