Les ex-sa­la­riés pour­suivent le com­bat

L'Orne Combattante (SN) - - Condé Et Son Pays -

Deux ans et de­mi après la fer­me­ture du site, les syn­di­cats se battent tou­jours pour que l’en­semble des ex-sa­la­riés qui ont choi­si le dis­po­si­tif de re­clas­se­ment re­trouvent un em­ploi pé­renne. Témoignages.

« On a en­core mal au coeur quand on passe de­vant… », sou­pirent en­semble ces trois ex-sa­la­riées, syn­di­ca­listes, qui ont tra­vaillé plus de 25 ans à Ho­ney­well.

Deux ans et de­mi après la fer­me­ture, les plaies ne sont pas re­fer­mées.

Des chiffres à nuan­cer

Un plan de sau­ve­garde de l’em­ploi a été mis en place. Une com­mis­sion de sui­vi com­po­sée des syn­di­cats et de di­ri­geants se réunit ré­gu­liè­re­ment afin de faire le point.

« Sur les 323 sa­la­riés, 169 ont pris le congé de re­clas­se­ment. 94 ont été for­més et 35 sont sans so­lu­tion », ex­plique cette ex-sa­la­riée et syn­di­cat.

Pour Phi­lippe Oli­vier, du ca­bi­net Ana­lyse et ac­tion, qui est en charge du dis­po­si­tif de re­clas­se­ment : « Le bi­lan est po­si­tif. Nous avons 15 sa­la­riés pour le mo­ment qui ne sont pas re­clas­sés. Ce­la fait 92 % de re­clas­se­ment. »

Pour­tant pour les syn­di­cats, ces chiffres sont à nuan­cer. « Quand la per­sonne est for­mée, on la consi­dère comme re­clas­sée. Mais ce­la peut-être juste une for­ma­tion pour pas­ser un per­mis… »

Pour les syn­di­cats, le re­clas­se­ment « doit être une so­lu­tion du­rable. »

La fer­me­ture du site a mar­qué le ter­ri­toire de Con­dé-sur-Noi­reau. « Il y a eu des dom­mages col­la­té­raux » , re­prend cette autre ex-sa­la­riée.

« Il y a eu beau­coup de dé­pres­sions, de séparations, de ten­ta­tives de sui­cide… Cer­tains se sont en­det­tés, d’autres n’ont pas su gé­rer l’ar­gent en com­pen­sa­tion. »

Une autre ex- sa­la­riée ex­plique : « On a tra­vaillé pen­dant plus de 20 ans en­semble. On se voyait tous les jours. Et du jour au len­de­main, plus au­cune nou­velle. Cer­tains ont cou­pé les ponts. »

Le si­lence

Et de­puis quelque temps, elles se sentent dé­lais­sées. « La di­rec­tion d’Ho­ney­well se mue de plus en plus dans le si­lence. Nous n’ar­ri­vons plus à les joindre. Pour­tant, ils de­vront te­nir leurs en­ga­ge­ments visà-vis des sa­la­riés, no­tam­ment sur les primes de dé­mé­na­ge­ments »

Quant aux élus : « Nous avons été sou­te­nus dès le dé­but. Ils ont mouillé la che­mise mais il y a un sen­ti­ment d’im­puis­sance à l’heure ac­tuelle. »

Mal­gré tout, quelques bonnes nou­velles re­donnent par­fois le sou­rire. Une tren­taine d’ex­sa­la­riés ont dé­po­sé un pro­jet d’en­tre­prise. « Avec plus ou moins de réus­site. Ils ont eu des aides fi­nan­cières. »

Un couple a ou­vert une crê- perie en Ven­dée, un autre s’est ren­con­ver­ti est au­jourd’hui in­fir­mier à l’hô­pi­tal de Flers, un autre

est de­ve­nu un coif­feur…

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