Ils ont pris un cours avec Édouard Elias, pho­to­graphe de guerre

L'Orne Combattante (SN) - - Flers Et Son Pays - Tho­mas Gourlin

Un ma­ga­sin Mon­ba­na a ou­vert ven­dre­di 4 mars à SaintGeorges- des- Gro­seillers, à la sor­tie de Flers, dans la zone d’ac­ti­vi­tés du Trem­blay.

Ce point de vente est te­nu par deux an­ciens bou­lan­gers, Ly­die et Franck Chan­ce­rel, qui ouvrent ici leur deuxième bou­tique après celle de Vire.

Ori­gi­naires de Flers, Ly­die et Franck Chan­ce­rel étaient bou­lan­gers pa­tis­siers avant de lais­ser les pains au cho­co­lat pour se consa­crer au cho­co­lat. « On re­çoit le cho­co­lat qui est pro­duit tout près d’ici en Mayenne. On re­tra­vaille la pré­sen­ta­tion » , ex­plique Franck Chan­ce­rel.

Dans leur ma­ga­sin, ils dis­posent, tout de même, de 350 ré­fé­rences de cho­co­lat.

Des pe­tites dou­ceurs au cho­co­lat fin, du cho­co­lat en poudre aux bois­sons cho­co­la­tées, la bou­tique, très co­lo­rée, ne manque pas de choix. « Nous avons même un cho­co­lat fin à base de pi­ment d’Es­pe­lette, un autre au ca­ra­mel beurre sa­lé et un fraise ba­si­lic » .

Quel ama­teur de pho­to­gra­phie n’a pas rê­vé un jour de prendre un cours avec un vrai jour­na­liste de guerre ?

Lun­di 7 mars, des élèves vo­lon­taires de troi­sième du col­lège Jean-Mon­net de Flers ont eu droit à cette fa­veur avec Édouard Elias, qui est ve­nu à Flers, en toute sim­pli­ci­té, leur don­ner quelques conseils.

Édouard Elias est pho­to re­por­ter. Les Fran­çais ont, no­tam­ment, vu son vi­sage après son en­lè­ve­ment en Sy­rie, le 6 juin 2013 au nord d’Alep, par l’or­ga­ni­sa­tion État is­la­mique (DAESH), en com­pa­gnie du grand re­por­ter Di­dier Fran­çois. Après onze mois de cap­ti­vi­té, Édouard Elias conti­nue d’exer­cer son mé­tier, cette pas­sion pour l’être hu­main qui trans­pa­raît si bien dans son tra­vail.

Outre le ter­rain qu’il pra­tique tou­jours avec le même re­gard (il a no­tam­ment sui­vi des lé­gion­naires fran­çais en Ré­pu­blique cen­tra­fri­caine), Édouard Elias aime aus­si trans­mettre son ap­pé­tit pour la pho­to et une par­tie de son sa­voir faire aux plus jeunes.

Se­lon lui, c’est une ex­pé­rience vrai­ment en­ri­chis­sante :

« Lorsque moi, je dif­fuse mes pho­tos, dans un ma­ga­zine ou un jour­nal, ma pho­to pa­raît mais je n’ai pas de vrai­ment de re­la­tion avec les per­sonnes qui vont lire le re­por­tage, je n’ai pas leurs ré­ac­tions, je n’ai pas leurs ques­tions. Ça peut se faire avec des amis ou mon en­tou­rage mais c’est très dur de le faire à une échelle dif­fé­rente. Et, là, au­jourd’hui, en al­lant dans des classes, ça per­met d’avoir un re­tour et sur­tout de ré­pondre au mieux à leurs ques­tions qui, fi­na­le­ment, sont beau­coup plus sur­pre­nantes que celles qu’on peut se po­ser à nous-mêmes. Elles tournent sou­vent au­tour de l’éthique, de la vé­ri­té des images, des condi­tions de dé­pla­ce­ment dans les zones de conflit » .

Face à des élèves qui, par­fois, consi­dèrent ces pho­tos comme trop belles, trop por­teuses de sens pour être vraies, Édouard Elias a fait l’ef­fort de leur ex­pli­quer qu’un jour­na­liste sur le ter­rain « ra­conte la vé­ri­té » .

« Com­ment on es­saie de leur prou­ver, c’est aus­si ça qui est in­té­res­sant » , glisse le jour­na­liste.

En coin, Édouard Elias ex­plique aus­si un mé­tier que, peu­têtre, cer­tains élèves ai­me­raient exer­cer. « Ça leur don­ne­ra peut-être une idée de com­ment se passe le mé­tier, tout sim­ple­ment » .

Lors d’un exer­cice de pho­to­gra­phie, que beau­coup d’élèves ont rem­pli avec des smart phones, Édouard Elias a consta­té, avec un grand sou­rire, que cer­tains élèves ont dé­jà le sens du ca­drage et de la prise de vue.

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