Hen­ry Du­ret, un pion­nier de la neu­ro­phy­sio­lo­gie

L'Orne Combattante (SN) - - Condé Et Son Pays - Sources : Jour­nal de Con­dé ; ar­chives de l’Ate­lier ; ar­chives dé­par­te­men­tales du nord ; Gal­li­ca ; Jour­nal of Neu­ro­lo­gy, http :/ / www. sprin­ger­link. com

En col­la­bo­ra­tion avec Phi­lippe Cy­prien, ar­chi­viste à la mé­dia­thèque de Con­dé, nou­velle chro­nique dans nos co­lonnes sur ces per­son­nages illustres de Con­dé-surNoi­reau et ses en­vi­rons. Au­jourd’hui, le por­trait d’Hen­ry Du­ret.

Beau­coup ignorent qu’un des pion­niers de la neu­ro­phy­sio­lo­gie mo­derne est Con­déen. Ses tra­vaux res­tent en­core au­jourd’hui une ré­fé­rence in­ter­na­tio­nale grâce à ses nom­breuses dé­cou­vertes en ana­to­mie, phy­sio­lo­gique et cli­nique du cer­veau hu­main

Hen­ri Du­ret est né à Con­dé­sur-Noi­reau le 7 Juillet 1849. Il dé­bute ses études au col­lège Du­mont-d’Ur­ville pour les ter­mi­ner avec brio au col­lège frères ma­ristes à Mont­lu­çon. La mé­de­cine l’at­tire et s’ins­crit à l’École de mé­de­cine de Caen, puis à la Fa­cul­té de Pa­ris en 1869.

Lors du dé­clen­che­ment de la guerre de 1870-1871 fran­co­prus­sienne, il est nom­mé ai­de­ma­jor auxi­liaire au Val-de-Grâce puis comme aide-chi­rur­gien à la Croix-Rouge dans une am­bu­lance de l’Ar­mée de la Loire.

Mal­gré la fin de la guerre, il reste au Mans jus­qu’en mars 1971 afin de soi­gner les nom­breux bles­sés en­core hos­pi­ta­li­sés. En re­con­nais­sance de son ser­vice ex­cep­tion­nel, le co­lo­nel Chan­zy le re­com­mande pour la Lé­gion d’Hon­neur.

La Lé­gion d’hon­neur

Entre 1873 et 1875, Hen­ri tra­vaille aus­si pour les la­bo­ra­toires de Vul­pian et Char­cot. Élève de Char­cot, il étu­die, d’abord avec Car­ville puis, plus tard de ma­nière in­dé­pen­dante, sur la lo­ca­li­sa­tion des fonc­tions mo­trices vo­lon­taires dans le cor­tex cé­ré­bral chez des ani­maux ex­pé­ri­men­taux.

Il par­vient à mettre au point une tech­nique pour re­pro­duire des lé­sions cor­ti­cales bien cir­cons­crites et des lé­sions pro­fondes avec un trau­ma­tisme mi­nime.

Tout en ap­pro­fon­dis­sant ses tra­vaux, il com­mence une étude sur le sys­tème vas­cu­laire cé­ré­bral. Après une ex­plo­ra­tion mi­nu­tieuse des pe­tits vais­seaux san­guins, il pro­pose la no­tion d’ar­tères nour­ri­cières, no­tion qui était alors né­gli­gée par les

neu­roa­na­to­mistes de l’époque.

En 1878, il pré­sente une thèse de doc­to­rat « Études Cli­niques Ex­pé­ri­men­tales et sur les trau­ma­tismes cé­ré­braux ». Dans cette thèse, il in­tro­duit un nou­veau concept dans la dy­na­mique de la bles­sure à la tête.

Il est le pre­mier à consi­dé­rer l’en­semble des es­paces conte­nant du li­quide cé­pha­lo­ra­chi­dien comme une seule uni­té, dans la­quelle les forces trau­ma­tiques sont pro­pa­gées le long de l’axe de neu­rones. Ce « choc cé­pha­lo­ra­chi­dien », dite théo­rie des ondes de choc, est re­con­nu au­jourd’hui dans de nom­breux mo­dèles ex­pé­ri­men­taux et si­mu­lés de bles­sures crâ­niennes.

Créa­tion d’une école

Col­la­bo­rant étroi­te­ment avec les ser­vices de chi­rur­gie de l’Hô­pi­tal de la Cha­ri­té, c’est aus­si en 1885 qu’il crée pour les étu­diants la So­cié­té ana­to­mo­cli­nique qu’il pré­si­de­ra lui-même de 1885 à 1905.

De­ve­nu doyen de la Fa­cul­té libre de mé­de­cine de Lille, il oeuvre pour l’ex­pan­sion des ser­vices mé­di­caux.

Il fonde ain­si une école d’in­fir­miers pour les re­li­gieux ca­mil­liens, qui tiennent un dis­pen­saire à Lille, et une école d’an­thro­po­lo­gie, qui or­ga­nise chaque an­née un cycle de confé­rences pour les étu­diants et le grand pu­blic. Il est de plus à l’ori­gine de la créa­tion de nom­breuses so­cié­tés sa­vantes à Lille.

Plus tard, son dé­voue­ment et son cou­rage face à l’oc­cu­pant du­rant 14-18 lui vau­dront d’être ad­mis le 23 fé­vrier 1921 dans l’Ordre na­tio­nal de la Lé­gion d’hon­neur.

Hon­neur dont il pro­fi­te­ra peu puis­qu’il dé­cède le 7 avril de la même an­née.

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