« Adap­ter les pra­tiques pour pré­ser­ver la na­ture »

L'Orne Combattante (SN) - - Briouze Et Son Pays -

Jeu­di 3 mars 2016, le CPIE des Col­lines Nor­mandes en par­te­na­riat avec la CA­TER, la DDT de l’Orne est l’Onema ont pro­po­sé un temps d’in­for­ma­tion sur les zones hu­mides et la ré­gle­men­ta­tion.

Une quin­zaine de par­ti­ci­pants, prin­ci­pa­le­ment des ex­ploi­tants, ont as­sis­té à l’évé­ne­ment. L’ani­ma­tion s’est dé­rou­lée sur la par­celle d’un ex­ploi­tant du Mé­nil-de-Briouze, en­ga­gée en me­sures agro-en­vi­ron­ne­men­tales et cli­ma­tiques zone hu­mide en 2015.

« Les zones hu­mides rem­plissent de nom­breux rôles ( sto­ckage et ré­ten­tion de l’eau lors d’épi­sodes de crues ou de sé­che­resses, épu­ra­tion et fil­tra­tion, consom­ma­tion hu­maine, né­ces­saire à la sur­vie de nom­breuses es­pèces ani­males et vé­gé­tales, etc.). Mal­heu­reu­se­ment ces zones hu­mides ont été et sont en- core au­jourd’hui lar­ge­ment dé­truites ou dé­gra­dées » , ex­plique San­drine Boileau, char­gée de mis­sion LIFE/Pa­tri­moine na­tu­rel.

San­té des usa­gers

Les causes de dé­gra­da­tion sont prin­ci­pa­le­ment dues aux amé­na­ge­ments et aux in­fra­struc­tures rou­tières, aux plan­ta­tions de peu­ple­raies et de ré­si­neux, à cer­tains usages agri­coles.

« L’en­jeu lié à l’eau po­table re­lève de la san­té des usa­gers. Il est très im­por­tant sur le bas­sin de la Rouvre puis­qu’une sta­tion de pom­page est pré­sente sur la com­mune de Pointel et sert à ap­pro­vi­sion­ner tout le sec­teur en eau po­table. De plus, en amont de Pointel, on ob­serve de­puis plu­sieurs an­nées un fort dé­ve­lop­pe­ment des cultures au dé­pend des prai­ries, qui fa­vo­rise le les­si­vage des sols. »

De nom­breuses es­pèces in­féo­dées aux zones hu­mides et aux cours d’eau (am­phi­biens, pois­sons, mol­lusques, mam­mi­fères, etc.) sont sen­sibles à la qua­li­té de l’eau et à la pré­ser­va­tion des mi­lieux aqua­tiques fonc­tion­nels.

« Le bas­sin ver­sant de la Rouvre s’étend sur 32 000 ha en­vi­ron dont 10 % sont en zones hu­mides. 70 % de ces sur­faces sont en contexte agri­cole, d’où l’in­té­rêt d’adap­ter les pra­tiques pour pré­ser­ver la qua­li­té des zones hu­mides et donc la qua­li­té de l’eau. »

Pré­ser­ver les zones hu­mides

Des ou­tils tels que les MAEc existent et per­mettent d’agir en fa­veur du main­tien ou du re­tour des sur­faces en­her­bées, de la ré­duc­tion de pro­duits phy­to­sa­ni­taires et in­trants, ou en­core de la di­ver­si­té flo­ris­tique, gage d’une qua­li­té nu­tri­tion­nelle.

Afin de pré­ser­ver les zones hu­mides et at­teindre l’ob­jec­tif de bon état des cours d’eau en France, un cer­tain nombre de me­sures ont été pré­vues par la Loi sur l’Eau et les Mi­lieux Aqua­tiques (LEMA) du 30 dé­cembre 2006.

Ain­si, toute opé­ra­tion qui s’étend sur une sur­face de 1000 m² et plus doit faire l’ob­jet soit d’une dé­cla­ra­tion, soit d’une au­to­ri­sa­tion au­près de la DDT se­lon la sur­face.

« Dans le cas d’un site Na­tu­ra 2000, il se­ra éga­le­ment né­ces­saire de réa­li­ser une éva­lua­tion des in­ci­dences. L’Onema pos­sède quant à elle une mis­sion de po­lice de l’eau et des mi­lieux aqua­tiques et sert d’ap­pui tech­nique aux dif­fé­rentes ins­ti­tu­tions. »

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