Clau­dine Le­vée, Reine du co­mice de 1960

Après Miss co­mice 1950, voi­ci Clau­dine Le­vée, reine de 1960. A quelques mois du grand co­mice d’ar­ron­dis­se­ment, la reine de beau­té se rap­pelle cette époque.

L'Orne Combattante (SN) - - Tinchebray Et Son Pays -

Elle semble si frêle au­jourd’hui que l’on peine à croire qu’elle a por­té une cou­ronne. Pour­tant Clau­dine Le­vée (Clau­dine Guillouet au­jourd’hui) avait été élue Reine du co­mice en 1960. Rien ne pré­des­ti­nait cette de­moi­selle née en 1941 à oc­cu­per ce rôle. « Je vi­vais avec mes pa­rents sur la ferme de 36 hec­tares qu’ils fai­saient va­loir au­tour de l’an­cien ma­noir de Saint- Ch­ris­tophe- de Chau­lieu »

À cette époque Clau­dine rê­vait de de­ve­nir coif­feuse. « Il n’en a rien été, je suis la der­nière de 6 en­fants. Il y a 20 ans d’écart entre l’aî­né et moi. Chaque fois qu’un en­fant quit­tait le foyer, le sui­vant pre­nait la place pour ai­der les pa­rents sur la ferme » Une se­maine par mois, elle se ren­dait à Saint Ré­mi à Tin­che­bray, où elle sui­vait des cours.

Alors la ca­dette se ré­signe et donne son coup de main aux tra­vaux des champs « mais je ne l’ai pas fait très long­temps : mon père a été très ma­lade, j’ai dû m’oc­cu­per de lui »

Il y a peu de di­ver­sions à cette époque, alors c’est avec sur­prise que la de­moi­selle avait re­çu une in­vi­ta­tion d’Hen­ri Pa­try « le maire nous avait de­man­dé de nous pré­sen­ter à la mai­rie. Nous nous sommes re­trou­vées à 8 ou 9 jeunes filles, il y a eu une élec­tion afin de choi­sir qui se­rait la re­pré­sen­tante de la com­mune pour le co­mice agri­cole » .

C’est Mar­cel Bar­ra­bé qui te­nait le mi­cro

Clau­dine Guillouet se sou­vient en­core de la robe à fleurs que sa mère lui avait of­ferte pour se rendre à l’élec­tion de la reine. « C’était dans la salle de ci­né­ma, il y avait beau­coup de monde. Je ne me sen­tais pas bien du tout, je trem­blais et ap­pré­hen­dais beau­coup ce mo­ment. On nous a po­sé des ques­tions que j’ai ou­bliées. C’était Mar­cel Bar­ra­bé qui te­nait le mi­cro. Je sais qu’il y a eu un vote, par les gens qui étaient dans la salle et par un ju­ry. Je ne m’at­ten­dais pas à être élue, mais ce­la m’a fait très plai­sir ! »

Une sellette

Pour cette élec­tion, les de­moi­selles d’hon­neur et la reine avaient re­çu une gerbe de fleurs. La reine avait eu le pre­mier prix : une sellette qu’elle conserve en­core « je l’uti­lise ré- gu­liè­re­ment pour po­ser mes plantes, je la trouve en­core très belle. À l’époque j’avais été très contente de re­ce­voir ce ca­deau ! »

Quelques mois plus tard, pour le grand dé­fi­lé sur le char lors du co­mice, la reine et les de­moi­selles portent une robe blanche faite sur me­sure, de jo­lies chaus­sures blanches et une pa­rure de bi­joux « le bi­jou­tier de Tin­che­bray avait été très ferme : on nous prê­tait les bi­joux pour les pho­tos et le dé­fi­lé mais il fal­lait les rendre après »

C’était in­ter­mi­nable

Clau­dine Guillouet n’a ja­mais ou­blié la séance de pho­to­gra­phies chez Mon­sieur Raim­baut, l’in­con­tour­nable pho­to­graphe de l’époque « c’était in­ter­mi­nable, j’ai cru que ce­la ne ces­se­rait ja­mais, il fal­lait tou­jours po­ser et re­com­men­cer ! »

Pour le grand jour, le jo­li char fleu­ri de la reine ti­ré par des che­vaux était par­ti de l’an­cienne mai­rie « nous étions ar­ri­vées juste avant le dé­part du dé­fi­lé en dé­but d’après mi­di, c’était agréable, nous étions co­pines toutes les trois là-haut sur le char »

La reine est en­suite res­tée deux an­nées sur la ferme ex­ploi­tée par ses pa­rents. « On ne sor­tait pas, il n’y avait guère que la messe du di­manche qui nous of­frait une pe­tite pa­ren­thèse »

C’est lors de l’un de ces of­fices que Clau­dine a ren­con­tré Aymard, un agri­cul­teur qui l’a en­suite de­man­dée en ma­riage.

En 2 CV Le couple s’est ins­tal­lé sur une ferme à Trut­te­mer et a vu la nais­sance de sa fille en 1963. Ils ont vé­cu sur cette ferme jus­qu’en 2000, l’heure de la re­traite ayant son­né. Au- jourd’hui le couple se pro­mène ici ou là « on rend vi­site aux fran­gines » . Clau­dine aime son chez-soi, c’est une pas­sion­née du mé­nage « j’aime m’oc­cu­per de ma mai­son, re­ce­voir ma pe­tite fille » . Aymard a su la faire voya­ger de temps à autre, l’em­me­nant aux quatre coins de France. D’ailleurs le couple n’ou­blie pas son pre­mier voyage à Lourdes en 1963 « nous y sommes al­lés en 2 CV, c’était un pé­riple inou­bliable ! »

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