Tho­mas Du­fay s’in­té­resse à la chouan­ne­rie

L'Orne Combattante (SN) - - Tinchebray Et Son Pays - « Ré­pu­bli­cains et Chouans dans le Bo­cage Nor­mand (1789-1800) », Tho­mas Du­fay, Le Pays Bas Nor­mand. 20 €, en li­brai­rie ou 22 € avec frais d’en­vois. Le Pays Bas Nor­mand BP 415, 61107 Flers Cé­dex.

Sa grande sil­houette ar­pente les cou­loirs des col­lèges où il en­seigne sa pas­sion, Tho­mas Du­fay est pro­fes­seur d’his­toire et de géo­gra­phie. Lors­qu’il n’est pas face à ses élèves, il prend le temps d’écrire. Les édi­tions « Le Pays bas Nor­mand » ont pu­blié leur der­nière re­vue tri­mes­trielle « Ré­pu­bli­cains et Chouans dans le Bo­cage Nor­mand (1789-1800) ».

Pour­quoi vous êtes vous in­té­resse aux Chouans en par­ti­cu­lier ?

J’ai tou­jours ai­mé l’his­toire, de­puis tout pe­tit, la ré­vo­lu­tion me pas­sionne, j’ai lon­gue­ment hé­si­té entre une car­rière dans le jour­na­lisme et celle de l’en­sei­gne­ment. C’est fi­na­le­ment cette pas­sion pour l’his­toire qui m’a conduit vers le CAPES. Je me sou­viens d’un pro­fes­seur d’his­toire contem­po­raine dans le Bo­cage, Jean Quel­lien, il avait in­sis­té sur le fait que l’his­toire n’était pas la même ici dans le Bo­cage et ailleurs. Il di­sait que les spé­ci­fi­ci­tés du Bo­cage ac­cen­tuaient un « cô­té fron­deur » au Bo­cain. Ce­la m’a don­né en­vie d’en sa­voir plus, de creu­ser cet as­pect. J’ai dé­cou­vert la vie des Chouans, je suis même al­lé à Saint-Jean-des-Bois, dans la mai­son na­tale de Mi­che­lot Mou­lin. En 2010, j’ai alors pas­sé presque une an­née aux ar­chives dé­par­te­men­tales, éplu­chant tous les do­cu­ments, vé­ri­fiant, re­li­sant. C’était pas­sion­nant, j’ai pho­to­gra­phié et dé­chif­fré des mil­liers de do­cu­ments. Il y avait beau­coup de tra­vail, mais ce­la me plai­sait. J’ai donc na­tu­rel­le­ment choi­si les Chouans pour mon mé­moire de M1.

D’une pas­sion à la pu­bli­ca­tion, il y a un pas, com­ment s’est s’il fait ?

Étu­diant à Caen, je « suis tom­bé dans les mains » de Gé­rard Bour­din, di­rec­teur de la pu­bli­ca­tion au Pays Bas Nor­mand, il s’est mon­tré très in­té­res­sé par mes re­cherches. On choi­sit d’écrire un mé­moire en fonc­tion de ses af­fi­ni­tés, il faut que le su­jet ac­croche, il a été convain­cu par mon in­ter­pré­ta­tion des choses. Il m’a alors pro­po­sé de pu­blier mon mé­moire.

La Chouan­ne­rie nor­mande n’est- elle pas dé­jà très do­cu­men­tée ?

Ce­la n’au­rait pré­sen­té qu’un in­té­rêt his­to­rique li­mi­té, si nous n’avions pas choi­si d’autres pistes de tra­vail. L’étude des com­por­te­ments, des heurts et de la vie po­li­tique n’ayant pas été en­tre­prise par le Bo­cage en Ré­vo­lu­tion, nous avons dé­ci­dé d’en faire notre ob­jet d’étude. Ce su­jet nous per­met­tait de ne pas to­ta­le­ment aban­don­ner la chouan­ne­rie et de mettre en lu­mière des pro­blé­ma­tiques jus­qu’’ici non re­liées entre elles au sein de cet es­pace, mais aus­si d’ins­crire ce mé­moire dans le dé­bat his­to­rique ac­tuel. Dans ce livre, nous nous in­ter­ro­geons sur les com­por­te­ments adop­tés­par les po­pu­la­tions Bo­caines. On tente aus­si de cer­ner leurs évo­lu­tions, leurs contrastes, leurs contra­dic­tions, afin no­tam­ment de com­prendre pour­quoi une par­tie des ha­bi­tants du Bo­cage se tourne, au cours de la dé­cen­nie ré­vo­lu­tion­naire vers « l’an­ti » voire la contre-ré­vo­lu­tion.

Vos élèves connaissent-ils l’exis­tence de cette pu­bli­ca­tion ?

Je ne le pense pas. Je n’ai pas l’oc­ca­sion d’en par­ler avec eux. La ré­vo­lu­tion est étu­diée en 4e au col­lège, mes élèves sont en 6e, 5e et 3e !

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