P. Le­cher­meier, fi­gure de proue

L'Orne Combattante (SN) - - Loisirs -

Phi­lippe Le­cher­meier est l’au­teur de nom­breux al­bums des­ti­nés au­tant aux en­fants qu’aux plus grands. « Prin­cesses ou­bliées ou in­con­nues », pu­blié en 2004, est de­ve­nu un suc­cès mon­dial. Ne ra­tez pas ce grand écri­vain !

Quelles étaient vos lec­tures fa­vo­rites quand vous étiez en­fant ?

Il faut dire que la lit­té­ra­ture d’en­fance et de jeu­nesse était beau­coup moins im­por­tante qu’au­jourd’hui. J’ai­mais beau­coup Les Contes du chat per­ché de Mar­cel Ay­mé. J’ad­mi­rais ses dons lit­té­raires, sa langue fluide et clas­sique. Je me ca­chais sous les draps avec ma lampe de poche pour lire. Je dé­vo­rais les ro­mans d’aven­tures : Mark Twain, Di­ckens, Jules Verne. Un de mes hé­ros fa­vo­ris était Mi­chel Stro­goff. Et quand la bi­blio­thèque jeune pu­blic a ou­vert ses portes à Stras­bourg, pour moi c’était la ca­verne d’Ali Ba­ba ! Par la suite, vous en­tre­pre­nez des études lit­té­raires ?

Je li­sais beau­coup, ce­la me pa­rais­sait donc nor­mal de pour­suivre des études de lettres. J’ai dé­cro­ché un mas­ter de lit­té­ra­ture fran­çaise et com­pa­rée et pa­ral­lè­le­ment j’ai sui­vi des cours d’his­toire. À par­tir de là, j’ai beau­coup voya­gé. J’avais une pas­sion pour la cul­ture is­la­mique. Je suis al­lé au Yémen, au Ma­roc, au Li­ban, en Tu­ni­sie. Des pays où il est dé­con­seillé de se dé­pla­cer, do­ré­na­vant… Et un jour votre pre­mier al­bum est pu­blié ?

To­ta­le­ment par ha­sard. Je croise un co­pain d’en­fance qui sui­vait des études d’arts plas­tiques. Il lui fal­lait un texte pour son pro­jet de fin d’an­née. Je lui ai sou­mis un ré­cit, « La Va­lise », qui a été pu­blié. Et puis, après la nais­sance de mes deux filles, Alice et Hé­lène, en 1993 et 1995, j’ai com­men­cé à écrire de courtes his­toires pour leur ra­con­ter le soir. Les livres sui­vants ont bien fonc­tion­né, mais ce­lui qui at­teint des som­mets c’est « Prin­cesses ou­bliées ou in­con­nues », pu­blié en 2004 ?

Au­jourd’hui, le livre ap­proche les 500 000 exem­plaires ven­dus en France et à l’étran­ger. Il a été tra­duit en 25 langues. Mon idée était de conce­voir une en­cy­clo­pé­die poé­tique dans la­quelle on pou­vait pé­né­trer de mul­tiples fa­çons. J’ai ima­gi­né plu­sieurs sens de lec­ture et le lec­teur pou­vait lui aus­si en in­ven­ter. Les al­bums : Graines de Ca­banes, Fil de fées et Cirque ma­gique ont éga­le­ment été conçus de cette fa­çon. Et, en 2014, vous pu­bliez « Une Bible » ?

Oui, j’es­time que la Bible, par- de­là même l’as­pect re­li­gieux, re­joint les autres grands fon­de­ments cultu­rels de notre so­cié­té que sont la my­tho­lo­gie et les contes tra­di­tion­nels. C’est donc une puis­sante source fic­tion­nelle, que j’ai ré­écrite. Le livre a été pu­blié en même temps en France, en Es­pagne, en Ita­lie, en Al­le­magne et aux Pays-Bas. Après Prin­cesses ou­bliées ou in­con­nues et Le Jour­nal se­cret du pe­tit pou­cet, Une Bible est ma troi­sième col­la­bo­ra­tion avec l’illus­tra­trice Re­bec­ca Dau­tre­mer. J’ai eu la chance dès le dé­part de par­ti­ci­per au choix des illus­tra­teurs. Ce qui est pas­sion­nant, c’est d’ad­di­tion­ner deux uni­vers dif­fé­rents, qui vont s’har­mo­ni­ser. C’est donc une ren­contre ar­tis­tique, avec un tra­vail es­sen­tiel sur le rap­port entre le texte et l’image. Ac­tuel­le­ment, sur quel pro­jet tra­vaillez-vous ?

J’ai com­men­cé une sé­rie sur Till l’Es­piègle : un per­son­nage du Moyen Âge, très fa­cé­tieux, fron­deur et ma­li­cieux. En col­la­bo­ra­tion avec l’illus­tra­teur Gaë­tan Do­ré­mus. C’est ins­pi­ré des fa­bliaux, de courts ré­cits po­pu­laires du Moyen Âge. Je l’écris dans une langue très ima­gée. Le 1er al­bum, Trois ex­ploits de Till l’es­piègle est no­mi­né dans la ca­té­go­rie ro­mans ju­niors du Prix Sor­cières, un prix lit­té­raire qui dis­tingue, chaque an­née, une oeuvre de la lit­té­ra­ture jeu­nesse.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.